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«Dès que je le peux, je m’évade de la ville pour aller parcourir les pistes en terre des campagnes environnantes», raconte Mélissa Archambault en Côte d'Ivoire.
«Dès que je le peux, je m’évade de la ville pour aller parcourir les pistes en terre des campagnes environnantes», raconte Mélissa Archambault en Côte d'Ivoire.

Partir vivre en Côte d'Ivoire: vélo, chaos et… slow living

Francis Higgins
Francis Higgins
Le Soleil
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Ils viennent du Québec, mais sont partis vivre à l’autre bout du monde. Pour le travail, par amour ou juste pour voir si l’herbe y est plus verte. Le Mag présente ces expatriés qui acceptent de raconter leur nouvelle vie à l’étranger.

Nom : Mélissa Archambault
Âge : 31 ans
Profession : chargée de projet
Ville d’origine : Saint-Hyacinthe
Ville d’adoption : Abidjan, Côte d’Ivoire
Partie depuis : janvier 2019

Ma trajectoire…
«Après des études en communication publique à l’Université Laval et six ans sur le marché du travail à Montréal, notamment en agence de relations publiques, je suis partie en janvier 2019 pour une grande aventure cycliste en solo au départ du Maroc. Mon projet initial était d’atteindre l’Afrique du Sud en traversant d’abord les pays d’Afrique de l’Ouest, mais je suis tombée sous le charme de la Côte d’Ivoire.»

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La raison de mon départ…
«D’aussi longtemps que je me souvienne, j’ai toujours voulu faire un voyage de longue durée. Une rencontre a fait naître l’idée de partir à la découverte des pays africains. Adepte de vélo, j’ai eu cette envie de voyager autrement, plus lentement et selon une approche qui me permettrait d’être plus près des gens. Un concours de circonstances m’a donné le petit coup de pied nécessaire pour réaliser ce projet un peu fou.»

«Magnifique coucher de soleil dans un endroit paradisiaque à Assouindé, une station balnéaire prisée en Côte d’Ivoire.»
«Femmes vêtues de blanc à l’occasion de la fête des ignames célébrée lors de la récolte de ce précieux tubercule.»
«Au pied de la cascade de Man, au nord-ouest du pays.»

Ma plus grande surprise…
«La joie de vivre qu’il y a en Côte d’Ivoire. Les Ivoiriens sont taquins, farceurs et ont un très bon sens de l’humour. Ils aiment rigoler, s’embêter. Malgré la galère, comme on le chante souvent ici, il y a la joie.»

Le plus dur à apprivoiser…
«Le chaos constant qui règne, la lenteur que peut prendre à peu près tout et l’absence totale de ponctualité en Côte d’Ivoire ont de quoi faire perdre patience au plus retardataire et désorganisé des Québécois. Cependant, cela nous apprend une façon différente de faire les choses, mais surtout nous amène à revisiter notre rapport au temps, ce qui nous éloigne du stress nord-américain. Tout vient à point à qui sait attendre, dit-on.»

«Le chaos presque constant qui règne aux principaux carrefours routiers d’Abidjan, entre minibus, taxis et voitures.»
«Évasion en pleine nature dans l’un des seuls grands parcs d’Abidjan, la forêt du Banco.»

Je vis comme une Ivoirienne…
«J’écoute la musique locale, le coupé-décalé ou le zouglou [NDLR : deux styles musicaux de l’endroit], je mange les plats traditionnels, je me balade dans les transports locaux appelés taxi-compteur, woro-woro et gbaka, et j’essaie d’apprendre le nouchi, un dialecte qui intègre des mots de langues traditionnelles ivoiriennes, de français et de termes inventés. Les expressions nouchi sont colorées, amusantes et représentatives de la culture locale, un peu comme notre joual québécois.»

J’habite…
«J’habite en colocation dans un quartier de classe moyenne à Abidjan, la capitale économique du pays. Il y a une surenchère immobilière incroyable dans cette ville et le coût de la vie y est très cher si l’on souhaite vivre selon un certain standard occidental. J’adore mon quartier qui est central et où je peux faire l’ensemble de mes courses à pied, ce qui est rare dans cette ville qui n’a pas été réfléchie pour favoriser le transport actif.»

Je mange…
«J’alterne entre les plats traditionnels — tels que le poulet braisé avec attieke (semoule de manioc), des alocos (bananes plantains coupées en petits cubes, puis frites) ou le kédjénou (soupe à base de tomate accompagnée de poulet ou de poisson) — et des plats internationaux cuisinés à la maison ou dégustés dans des restaurants plus haut de gamme. On trouve tous les produits à Abidjan, mais ceux importés coûtent très cher.»

«Petite pause lors d’une excursion en randonnée afin d’apprendre à préparer le foutou banane, une espèce de purée à base de manioc et de banane plantain.»
«Certainement l’un des plats les plus consommés dans les restaurants en plein air (appelés maquis), le poisson braisé avec attiéké (semoule de manioc) et alloko (bananes plantains frites).»
«Une cabosse de cacao ouverte pour montrer les fèves qui seront par la suite transformées afin de devenir le précieux chocolat que l’on connaît. La Côte d’Ivoire est le premier producteur mondial de cacao.»
«Un homme apprête le poulet qui sera ensuite cuisiné par les femmes en vue d’une grande fête au village.»

Un bon coup de ma ville d’adoption que je rapporterais au Québec…
«Le secteur informel, qui inclut autant de la vente de biens que de services, est très fort et présent en Côte d’Ivoire. Il y a donc un commerce de proximité qui est très pratique et permet d’avoir accès à tout ce dont nous avons besoin dans un périmètre très circonscrit. Par exemple, des marchés sont réhabilités, d’autres se font construire de manière à ce que les habitants d’un quartier aient toujours accès à des produits frais. Ce serait bien de voir autant de marchés publics au Québec.»

Un bon coup du Québec que j’apporterais dans ma ville d’adoption…
«La valorisation des espaces verts et des parcs. Au Québec, on a l’habitude de profiter de grands espaces, de faire des promenades, de se poser dans un parc. Ça n’existe pas vraiment à Abidjan. La ville compte très peu de parcs et ceux qu’on y trouve sont plutôt mal entretenus.»

«Abidjan regroupe plusieurs adeptes de vélo qui se retrouvent le week-end pour sillonner des pistes en périphérie de la ville.»
«Les noix de coco pullulent en Côte d’Ivoire, mais encore faut-il aller les chercher!»

Je m’ennuie…
«Au risque de me faire lancer des pierres, je m’ennuie d’aller dévaler les pistes enneigées de nos montagnes québécoises sur ma planche. Je n’ai pas vu la neige depuis bientôt deux ans. Je m’ennuie aussi de pouvoir explorer les quartiers de ma ville à pied. L’absence de trottoir, la chaleur parfois étouffante et la conduite automobile rocambolesque dissuadent de faire des promenades d’agrément à Abidjan.»

Je reste branchée au Québec…
«En discutant fréquemment avec ma famille et mes amis par le biais des médias sociaux, en regardant des téléséries et des films québécois, en écoutant mes morceaux préférés des Cowboys fringants de temps à autre. Puis, quand j’ai vraiment le cafard, je me prépare une poutine avec les moyens du bord ou un pâté chinois.»

L’amour et/ou la famille à l’étranger…
«La quête se poursuit de ce côté. Allez savoir si c’est ici, en Côte d’Ivoire, ou ailleurs que je trouverai.»

«Petite session de musique avec des amis en bordure d’un lac facilement accessible en transport en commun depuis la ville.»

Je reviendrais vivre au Québec ou pas?
«Je ne sais pas si je reviendrai vivre à temps plein au Québec un jour. Il est difficile pour moi de me projeter sur cette question pour le moment. Tout comme je ne dirais pas avec assurance que j’établirai ma vie en Côte d’Ivoire. Je pense surtout que je passerai un bon nombre d’années à l’étranger.»

Mon pays d’adoption à l’ère de la COVID-19…
«La Côté d’Ivoire n’a pas été frappée aussi durement que le reste du monde par la COVID-19. Des mesures ont rapidement été prises en mars [2020], mais une très faible croissance du nombre de cas et une nécessité de la reprise des activités économiques, notamment pour assurer la survie de la très grande majorité de gens vivant du secteur informel, ont rapidement conduit au retour à la vie normale. Bien que le masque soit toujours requis dans les lieux publics, il est difficile de faire respecter les mesures de distanciation physique dans un pays où les gens n’ont physiquement pas l’espace nécessaire pour cela.»

«On ne se lasse jamais des week-ends à la mer avec les couchers de soleil somptueux que l’on peut y admirer.»