Le temps d’une courte randonnée, il est possible de se donner un joli aperçu du Parc régional du Poisson blanc.

Parc régional du Poisson blanc: îles à louer pour aventuriers

NOTRE-DAME-DU-LAUS — Sur les médias sociaux, les images font rêver. Un chapelet d’îles toutes plus jolies les unes que les autres, baigné par un vaste plan d’eau parfait pour les sports de pagaie. Un attrait virtuel irrésistible qui a propulsé dans la réalité le Parc régional du Poisson blanc haut sur la liste des destinations à visiter de bien des amateurs de canot, de kayak et de surf à pagaie.

Situé à la limite ouest de la région des Laurentides, à une soixantaine de kilomètres au sud de Mont-Laurier et à la frontière avec l’Outaouais, le Parc régional du Poisson blanc est à la fois isolé et en même temps assez près de la civilisation. Suffisamment loin en forêt pour avoir ce petit côté sauvage qui dépayse, mais assez proche pour s’y rendre aisément en voiture, en environ cinq heures à partir de Québec.

Proximité du grand centre oblige, c’est d’ailleurs du côté d’Ottawa et de ses environs que viendrait la grande partie de la clientèle du Parc actuellement, nous a raconté un des souriants et serviables employés sur le terrain. Fondé officiellement en 2008, le Poisson blanc a réellement pris de l’élan à partir de 2012 au moment de l’inauguration du pavillon d’accueil baptisé Le Bastion, un impressionnant chalet en bois qui sert de centre nerveux à l’organisation.

Ce qui fait qu’au moment de planifier un séjour de stand up paddle (SUP) pour les récentes vacances estivales, les magnifiques images d’Instagram du Parc (@parcpoissonblanc) me sont revenues en tête. Sauf que ce séjour a bien failli ne jamais avoir lieu… 

Dispersés dans l’ensemble du Parc régional, les campements sur les îles plairont aux amateurs de sports de pagaie en quête d’évasion et de tranquillité.

Car victime de sa forte popularité sans même courir après, le Poisson blanc se réserve à vitesse grand V à ce que j’ai pu constater avec stupeur. Sur le site Web, on «magasine» les emplacements aisément, photos à l’appui, avant d’y faire les réservations obligatoires. Mais les campings partent bien vite! Souvent dès le printemps, à l’ouverture de la période de réservation. Une forte demande qui amènerait même l’organisation à envisager désormais la possibilité de conserver des sites de camping «ouverts», pour les rendre disponibles que plus tard dans la saison.

Car pourtant, loin d’être dernière minute, j’ai dû me casser la tête. J’ai finalement pu trouver un enchaînement qui me permettrait d’explorer pendant trois jours et deux nuits le grand réservoir, qui regroupe plus d’une soixantaine de haltes de pique-nique et de sites de camping partiellement aménagés.

Une bonne chose finalement, car c’est une île pratiquement à la limite sud du parc, à près de 14 km du chalet d’accueil, que nous avions comme première destination. Le reste nous attendait sur le retour. Du coup, une belle manière de se donner un aperçu de la taille du Parc et de son réel attrait.

Surtout que ce secteur du Poisson blanc est davantage ouvert et il y a là beaucoup à explorer. Comme notamment la paroi Éléphant, un mur de 32 mètres accessible aux grimpeurs et qui tombe directement dans l’eau du réservoir. Spectaculaire! 

Le Poisson blanc se découvre aisément en kayak, en canot ou encore en surf à pagaie.

À voir la quantité d’embarcations regroupées à proximité du large quai de mise à l’eau de l’accueil, impossible de ne pas craindre un achalandage marqué au Poisson blanc. Pourtant, il ne faut que quelques coups de pagaie au-delà des îles qui gardent l’accès du grand réservoir pour rapidement se sentir isolé.

Partout à l’horizon, un rideau de verdure vallonné ininterrompu. Malgré la popularité de l’endroit et la possibilité d’y accéder en bateau à moteur pour la pêche notamment, l’étendue du plan d’eau permet au Parc de préserver une étonnante tranquillité.

Les rares traces d’activités humai­nes sont liées au Parc, qui notamment s’affiche avec discrétion, mais efficacité. Bien répertoriés sur la carte fournie et assez faciles à repérer, les haltes et les sites de camping sont dispersés de façon à conserver l’aspect sauvage de l’endroit.

À destination, c’est souvent une île complète qui attend les voyageurs. Certains sites sont pour une seule tente, d’autres pour plus de quatre. Sur place, une table de pique-nique, une zone de feu, un carré aménagé pour y planter sa tente et à l’écart, une toilette sèche. Mais surtout, un accès et une vue sur le réservoir qui justifient à coup sûr le déplacement.

Et que dire de la propreté des lieux visités, qui est exemplaire! Chapeau en ce sens à l’organisation qui fait la promotion de bonnes pratiques environnementales et encourage ainsi les campeurs à prendre soin du Parc.

Une patrouille est d’ailleurs en place et peut être croisée sur l’eau. Chaque jour, l’équipe vérifie les sites et vient y porter du bois pour les campeurs. En manque d’eau potable? Il est même possible de s’en faire livrer!

Au campement, une table de pique-nique, une zone de feu, un carré aménagé pour y planter sa tente et à l’écart, une toilette sèche. Mais surtout, un accès et une vue sur le réservoir qui justifient à coup sûr le déplacement.

Sur l’île en U, au campement 66D pour la première nuit, nous nous sentions pratiquement seuls au monde. L’unique présence à surveiller avec attention était ici le vent, qui peut facilement rendre laborieuses les sorties sur l’eau, en particulier comme dans notre cas avec des surfs à pagaie. La tente bien fixée à de gros pins pendant que Éole s’en donnait à cœur joie durant la nuit, nous ne pouvions qu’espérer que son souffle serait moins intense au matin.

Reste qu’encore une fois, le Poisson blanc se montre accueillant, même de ce côté. Car après trois jours à y naviguer sous un vent changeant, nous avons souvent pu trouver refuge d’un côté ou de l’autre des îles. Pour autant que l’on soit prêt à allonger un peu son parcours pour effectuer des détours, des conditions plus calmes seront au rendez-vous.

Au pire, le temps que la météo se stabilise, il sera possible d’aller explorer à proximité l’un des trois courts sentiers de randonnée pédestre. Dispersés dans le Parc, ils mènent à des points de vue surélevés sur le grand réservoir.

Des occasions à ne pas rater pour allonger le regard au loin, histoire de contempler l’impressionnant terrain de jeu et se donner l’envie de revenir y camper. Et la prochaine fois, ce sera peut-être près de cette spectaculaire plage sablonneuse qui apparaît au loin? Ou encore sur cette pointe rocheuse qui semble offrir cette vue complètement dégagée? Le choix s’annonce difficile…

Info : poissonblanc.ca