Unique en son genre, la via ferrata hivernale aux Palissades de Charlevoix donne l’occasion de vivre les vertiges de l’alpinisme en minimisant les risques.

Palissades de Charlevoix: destination montagne

SAINT-SIMÉON — Nous n’avions pas encore enfilé notre harnais que déjà la journée s’annonçait comme une véritable aventure. Les présentations à peine complétées, Max, notre guide, se questionnait à voix haute. «On va faire la première partie, après on verra de quoi ça a l’air plus haut. Je vais amener pelle et piolet. On verra…»

Plus haut, c’est le pont suspendu de 30 mètres de long qui domine le paysage des Palissades de Charlevoix. Une impressionnante traversée installée à plus de 200 mètres au-dessus de la 170, la route qui relie Saint-Siméon à La Baie. Du stationnement du chalet d’accueil, impossible de manquer l’installation de bois et de câbles d’acier. Le blanc de la neige sur les planches du pont aérien tranche nettement dans cette portion vertigineuse de la longue et imposante muraille de roc qui domine le décor.

Mais avant de pouvoir s’y rendre et de redescendre par un rappel de 70 mètres sur une dalle lisse, une via ferrata de 950 mètres à emprunter. Un parcours ferré où un câble d’acier fixé à la paroi rocheuse permet aux sportifs de demeurer attachés en tout temps pendant leur ascension.

Ça fait 15 ans que François-Guy Thivierge et son équipe ont aménagé de la sorte cette portion des Palissades et y amènent des clients. Y comprit l’hiver. Tout pour offrir une véritable «expérience montagne», souligne le grimpeur et homme d’affaires, connut notamment pour son ascension de l’Everest en 2008.

Car si l’été la via ferrata des Palissades permet de progresser sur le rocher directement, l’hiver la neige enrobe le parcours et en change totalement l’ambiance. Difficile d’imaginer que là où l’on progresse, une dalle de roche aérienne a fait place à un champ de neige qui supporte notre passage…

Et de la neige, il y en a aux Palissades! Malgré les passages répétés — 11 jours en ligne pour notre guide Maxime Longpré —, le câble est enfoui sous la neige et il faut le dégager pour s’y attacher durant la progression.

«Ce n’est pas évident l’hiver», admet François-Guy Thivierge, qui remarque néanmoins un gain de popularité pour la via ferrata sous la neige. Activité unique au Québec et obligatoirement guidée, la sortie aurait permis à environ 300 aventuriers de vivre le grand vertige câblé jusqu’ici cet hiver. Une façon de ressentir les frissons des pentes abruptes et enneigées d’une ascension en montagne «sans engagement trop grand», résume l’alpiniste.

À part une petite période durant le dégel printanier, la via ferrata est donc réellement une activité quatre saisons dans ce haut lieu des sports de montagne, base d’aventure dans Charlevoix pour l’école d’escalade de Québec l’Ascensation.

Nous avions à peine amorcé notre approche des parois que déjà des signes annonciateurs d’instabilité du manteau neigeux se faisaient remarquer. Rien de très sérieux, mais les petites coulées de neige dans la pente étaient sur le radar de Max.

Les accumulations récentes combinées à la douce température de la journée étaient des conditions parfaites pour que les parois se vident de neige. Une fois sur le parcours ferré, les petites avalanches nous permettaient de bien comprendre l’importance de ce phénomène en montagne.

À la fin du premier tiers de l’aventure, à l’arrivée au relais d’un rappel d’une quarantaine de mètres qui pouvait nous ramener vers le plancher des vaches, le verdict de Max est tombé. «On n’ira pas plus haut. Ça ne vaut pas la peine de prendre de risques pour des photos…»

Déçu tout comme nous, le guide aurait bien aimé nous partager un peu plus de son terrain de jeu vertical. Surtout que la journée était splendide. Mais tandis que le Soleil chauffait la neige de plus en plus, d’autres petites coulées ne faisaient que confirmer que c’était la bonne décision. Le sommet sera pour la prochaine fois.

Info: aventurex.net

Cette aventure a été rendue possible grâce à la collaboration d’AventureX. Merci!

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DES AVENTURES PLEIN LA TÊTE

Véritable pôle d’aventures en montagne, le site des Palissades de Charlevoix est développé par François-Guy Thivierge depuis 2002. D’abord terrain de jeu pour son école d’escalade l’Ascensation, le site ne lui appartient pas. Mais l’homme d’affaires et alpiniste de Québec en possède les droits d’exploitation. Un petit joyau qu’il tient à voir grandir en beauté. 

Ski d’aventure (lire plus bas), nouveau parcours de via ferrata, mise en place de nouvelles voies d’escalade… les projets ne manquent pas! À l’hébergement actuel disponible (dont une trentaine de places en formule auberge de jeunesse dans le chalet d’accueil; BBQ, spa et sauna inclus), François-Guy rêve d’ajouter des micro-chalets ou de mini-refuges en montagne. 

À cela s’ajoute l’idée d’un prêt à camper unique pour l’été: un regroupement de spacieuses tentes dômes The North Face. Vous savez ces grosses tentes de camp de base pour les groupes d’alpinistes à l’Everest? C’est de ça qu’il est question. «Mais avec des lits super confortables», précise le grimpeur. «Ça va être assez spécial. Les gens vont aimer ça!»

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DU SKI? OH QUE OUI!

Tandis que la popularité du ski d’aventure ne cesse de gagner du terrain, l’exploration pour trouver le prochain petit paradis québécois de la poudreuse va bon train. Dernier joueur en lice, les Palissades de Charlevoix. Un potentiel énorme, débusqué et développé par un véritable passionné, Marc-André Houde.

Loin de se montrer radin sur ses spots, Houde ne se gêne pas pour partager photos et vidéos sur les réseaux sociaux. Il reste encore beaucoup du travail à faire, mais l’essentiel est là. De quoi rendre jaloux! De la neige en quantité, un dénivelé d’environ 330 m notamment pour la montagne aux Américains, une pente boisée constante entre le fleuve et les sommets de Charlevoix, face aux Palissades. En bref? Juste wow!

«Marc-André est venu me voir au printemps avec l’idée qu’il fallait développer le ski aux Palissades», résume François-Guy Thivierge, l’exploitant de l’endroit et propriétaire de l’école d’escalade l’Ascensation. «Je ne suis pas un pro du backcountry, alors je l’ai laissé aller.» Technicien en foresterie et adepte de télémark, Marc-André Houde a sauté sur l’occasion. «C’est notre année .5», rigole le développeur qui explore dès qu’il le peut les pentes des alentours.

En prenant les bouchées doubles, la montagne aux Américains a été aménagée dans une petite portion. Notez qu’ici chaque descente se gagne à la force des mollets, loin des télésièges et autres moyens mécanisés. Et l’objectif est que ça reste comme ça.

Pour l’an 1 officiel, Marc-André espère poursuivre ses efforts et être en mesure d’accueillir davantage de skieurs, lui qui se fait un plaisir de servir de guide quand c’est possible.

Directement à partir du chalet d’accueil des Palissades, l’approche pour le ski d’aventure à la montagne aux Américains (le sommet à l’arrière-plan sur la photo) est fort jolie et mène à destination au terme d’une balade d’environ 3,5 km.

Graduel est fort joli, le sentier qui monte au sommet de la montagne aux Américains est à découvrir. Après un peu plus de trois kilomètres, dont le tiers en bordure de la rivière Noire, le sommet est atteint et récompensé par une vue spectaculaire.

D’un côté le fleuve Saint-Laurent, de l’autre les cime enneigées de Charlevoix, et devant, la muraille de roc des Palissades qui se déploie au complet. Spectaculaire.

Reste à faire encore attention dans la descente, car il est facile de faire comme nous et de quitter la zone aménagée en cherchant la poudreuse vierge. La descente et la navigation deviennent alors plus laborieuses pour des skieurs moins habitués. Parlez-en à ma courageuse compagne qui en est encore à ses débuts en ski de montagne…

Grand potentiel

Dès l’an prochain, le ski prendra encore plus d’importance aux Palissades si l’on se fie à François-Guy Thivierge. Pour bien faire les choses, le développement du site devrait se poursuivre en collaboration avec la section ski de la Fédération québécoise de la montagne et de l’escalade, précise-t-il.

«Tout se fait autour sans déplacement en voiture. On a de l’hébergement. C’est entre Le Massif et le Mont-Édouard… Le potentiel est vraiment grand!» s’enthousiasme le montagnard, qui rêve visiblement déjà au retour de l’hiver.

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