Les baies accusent un retard de maturité, cette année au Québec. Un automne clément pourrait toutefois aider au millésime.

Où s’en va le millésime 2019 ?

C’est fou comme le temps passe vite en bonne compagnie. Déjà trois mois que je troque mon bureau, les salons et les dégustations pour les vignes du Domaine Bergeville. Bilan de mi-saison au décollage tardif et deux blancs à saveur estivale à déguster!

Rias Baixas 2018, Albariño, Pazo de Villarei

19,20 $ • 14005873 • 13 % • 1,7 g/l

Rias Baixas 2018, Albariño, Pazo de Villarei
19,20 $ • 14005873 • 13 % • 1,7 g/l

D’ordinaire, je ne me rue pas sur l’albariño, aussi connu sous le nom d’alvarinho au Portugal, mais celui-ci possède une bonne dose de caractère qui me plaît. Cépage emblématique de Rias Baixas, en Galice, région du nord-ouest de l’Espagne, l’albariño donne des blancs légers et rafraîchissants. Il possède un fruité à faire rougir une salade de fruits. Un blanc sec qui dégage des notes exotiques de papaye et d’ananas. La trame est vive, croquante et ponctuée d’une délicate amertume. Voilà qui partage ici de doux airs de famille avec le sauvignon blanc.

Eola-Amity Hills 2016, Rose Rock Chardonnay, Drouhin Oregon

40,50 $ • 13909686 • 13,9 % • 5,5 g/l • SAQ en ligne

Eola-Amity Hills 2016, Rose Rock Chardonnay, Drouhin Oregon
40,50 $ • 13909686 • 13,9 % • 5,5 g/l • SAQ en ligne

Élaboré dans le sud d’Eola-Amity Hills, dans la Willamette Valley en Oregon, ce chardo de Rose Rock, propriété de Domaine Drouhin Oregon, présente finesse, élégance et droiture. Les baies proviennent de sols volcaniques et le vin qui en résulte est élevé à parts égales en cuves d’acier inoxydable et en fûts. Le nez est vibrant, sur des notes florales et beurrées. La bouche présente une texture évoquant de légers tanins, une structure certaine et une longue finale épicée. Un grand blanc de gastronomie à savourer maintenant ou dans quelques années.

Vigneronne en herbe : semaine 13

Tout l’été, vivez avec moi mes aventures d’apprentie vigneronne au Domaine Bergeville dans les Cantons-de-l’Est!

On se rappelle tous du printemps moche, frais et pluvieux qui nous est tombé sur la tête — sans parler de l’été qui tardait à se pointer le bout du nez. Cet épisode météorologique ennuyeux avait alors suscité beaucoup d’inquiétudes sur l’issue du millésime en cours. J’ai donc pris le pouls directement auprès de Marc Théberge, vigneron du Domaine Bergeville, histoire de spéculer un brin.

« Juin a été pourri. Heureusement, on a rattrapé du temps perdu en juillet, mais ça va réellement dépendre de septembre et du début d’octobre », explique-t-il. Si les vignerons peuvent compter sur les habituels beaux jours d’août, ils auront tout de même besoin d’un septembre très chaud, comme en 2016. Ça ne sauverait pas complètement les meubles, mais disons que ça donnerait un sacré coup de pouce.

Marc rappelle qu’il y a deux choses qui aident la vigne à maturer son fruit : la chaleur et la lumière. « L’effet de la photosynthèse diminue au fur et à mesure qu’on s’éloigne du solstice. Plus on avance dans la saison, plus les jours sont courts et moins le soleil est haut dans le ciel », souligne le vigneron en biodynamie.

Selon lui, deux cas de figure possibles : soit le raisin entre en cave en sous-maturité, soit il est laissé sur la vigne très longtemps. Si ce second scénario semble relever du gros bon sens, il n’est toutefois pas sans conséquence. Car « la vigne n’aura pas beaucoup de temps pour faire ses réserves avant l’hiver », ce qui empiétera sur son rendement de l’an prochain. Il envisage de faire des vendanges en vert, ce qui serait une première dans l’histoire du domaine. « En enlevant la 3e grappe, qui est toujours moins mûre que les 2 premières, on aiderait les grappes restantes à mieux mûrir grâce à un apport d’énergie supplémentaire de 30 %. »

Bien qu’il soit encore tôt pour affirmer quoi que ce soit hors de tout doute, Marc ne pense pas avoir de verdeur ni de sous-maturité extrême. Reste que le développement des polyphénols risque de pas être optimal, au détriment, entre autres, des arômes exotiques. 

Heureusement que le vigneron a à sa disposition le coffre à outils de la biodynamie. Ce n’est pas la panacée, mais quelques 501 appliquées au bon moment — préparat de quartz broyé favorisant la photosynthèse — pourraient contribuer à une meilleure maturation des baies.