Le Caffé Un Po’ Di Piu (3 Rue De La Commune Est - caffeunpodipiu.com).

Montréal en quelques adresses gourmandes

CHRONIQUE / Depuis une dizaine d’années, peut-être un peu plus, Montréal se positionne comme un incontournable pôle gourmand.

« Des chefs comme Normand Laprise, du Toqué!, et Martin Picard, du Pied de cochon, ont contribué à faire rayonner la ville et des émissions culinaires comme celles de Josée di Stasio ont permis de révéler plusieurs visages du monde de la restauration. Les réseaux sociaux ont également contribué à cet essor, d’une certaine façon. Les premières années, tout le monde ne publiait que des photos de bouffe », m’indique Patrizia Dri, directrice des relations avec les membres, l’industrie et le partenariat chez Tourisme Montréal.

Les événements gastronomiques, nombreux, ont fleuri dans le calendrier annuel. Montréal en Lumière, MTLàTable, la Semaine de la poutine, la Fête du croissant, Les chefs à l’érable et tant d’autres propositions composent un attrayant buffet d’activités qui font rayonner les créateurs de saveurs.

Et il y a les bonnes tables. Nombreuses. Variées.

Pareille offre alimentaire rend les choix difficiles. Si, comme moi, vous ne savez pas toujours à quel resto vous vouer lorsque vous mettez le cap sur l’île métropolitaine, cette chronique est pour vous. Le temps d’une journée, la guide Carrie MacPherson (qui signe le blogue Eat, Drink & Be Carrie) m’a fait découvrir son Montréal gourmand. Pendant notre virée en minivan, j’ai garni mon carnet de ses précieuses bonnes adresses. Tour guidé. Et calepin de coups de cœur à conserver.

Premier arrêt : Hof Kelsten (4524 boul. Saint-Laurent – hofkelsten.com), petite boulangerie de quartier ouverte par le chef Jeffrey Finkelstein. On y sert les meilleurs croissants au monde, rien de moins, m’assure Carrie, qui a les papilles à viennoiseries plutôt bien entraînées, elle qui a déjà vécu en Europe. Première bouchée et verdict : croquant à l’extérieur, fondant à l’intérieur, avec juste ce qu’il faut de sel et de moelleux. C’est vrai que ce croissant-là est à tomber. Regard à la foule massée autour du comptoir. L’endroit est archi plein en ce frisquet samedi matin. Pains frais du jour, sandwichs variés et petits déjeuners ont manifestement la cote.

Même scénario à la Boulangerie Guillaume (5134 boul. Saint-Laurent - guillau.me), une autre chouette adresse où ça sent bon le pain chaud et où une longue file patiente au comptoir.

On file ensuite jusqu’au Pastel Rita (5761 boul. Saint-Laurent – pastelrita.com), curieux ovni qui conjugue boutique-atelier de maroquinerie, studio de musique (le copropriétaire Gabriel Malenfant est l’un des membres du groupe Radio Radio) et attrayant café où le menu est minimaliste, mais appétissant. Vous avez peut-être déjà zieuté l’endroit sans le savoir : avec ses murs couleur vieux rose, le chic décor aux allures rétro attire de nombreux « Instagrammeux ».

Un peu plus bas, tout juste avant le viaduc, Le Butterblume (5836, boul. Saint-Laurent - lebutterblume.com) est un autre petit mais lumineux café-boutique qui a fait sa niche à la limite du Mile-End. Pain frais, soupes, salades, repas légers et douceurs variées figurent au menu du convivial endroit, qui sert aussi des déjeuners.

À Montréal, on a fait du brunch un véritable rendez-vous.

Bruncher souvent et longtemps

Parlons-en, d’ailleurs, du déjeuner. À Montréal, on a fait du brunch un véritable rendez-vous, m’a prévenue Patrizia Dri.

« C’est l’activité préférée des Montréalais », me confirme Carrie en riant. Ceci explique cela : l’onglet brunch de bon nombre d’établissements est bien garni en propositions variées.

Pour un menu à l’anglaise, on met le cap sur Le Sparrow (5322 boul. Saint-Laurent – lesparrowbar.com), où on sert notamment œufs à la sauge, crêpes au sarrasin, scones aux bleuets, shakshuka et saumon fumé maison.

« En ce moment, c’est de saison, plusieurs tables offrent des plats de cabane à sucre », note Carrie, qui me vante les assiettes raffinées du Richmond (377, rue Richmond - lerichmond.com)

L’heure du thé, trois formules

Vous êtes plutôt du genre à préférer sortir en après-midi prendre le thé, my dear? Le Salon de thé Cardinal (5326 boul. Saint-Laurent - thecardinaltea.com) se déploie sur deux étages et propose un menu sucré, un autre salé ainsi que des options sans gluten.

Un peu moins connu, Le Parloir (4354 avenue Christophe Colomb) sert ses magnifiques plateaux de thé depuis cinq ans maintenant. Pour moins de 30 $, on a un bel échantillon de délicatesses sucrées et salées faites maison, à savourer avec une tasse fumante.

Parce que toutes les douceurs qui accompagnent ce bonheur en théière sont difficilement compatibles avec les allergies alimentaires, la Pâtisserie Petit Lapin a eu la bonne idée de proposer elle aussi le thé à l’anglaise dans son café d’Outremont (1051, avenue Bernard – patisseriepetitlapin.com). Thés sélectionnés et plateau rempli de scones, sandwich, macarons et autres mignonnes bouchées sont offerts. Tout ça sans allergènes.

Si vous préférez le chocolat en tasse au thé en feuilles, prévoyez un arrêt dans l’un des cinq Juliette & Chocolat (julietteetchocolat.com) de l’île (il y en a aussi sur la Rive Sud et sur la Rive Nord) pour goûter au riche chocolat chaud à l’ancienne qui est servi noir (70 % ou 55 % de cacao), au lait (33 % de cacao) ou blanc, et qui est aussi onctueux que savoureux.

Le Marché Jean-Talon

Quand je vais au marché

Onze heures trente à l’horloge, nous voici arrivées aux portes de l’incontournable Marché Jean-Talon. On y trouve des fruits et des légumes en abondance, des fromages fins, les fabuleuses épices de cru des De Vienne, la Librairie gourmande, des douceurs sucrées et tutti quanti. Ce matin, c’est au kiosque Les Jardins Sauvages que nous nous arrêtons pour jaser un brin avec Jacinthe Nepveu et Jean-Philippe Bourgeois, qui tiennent boutique lors de notre passage. Soupe au bouillon de quenouilles et boutons d’hémérocalles marinés sont deux des intrigants délices qu’ils font goûter ce jour-là, mais l’endroit regorge de plusieurs produits forestiers.

Champignons et plantes sauvages y sont vendus frais et transformés.

Dans l’élégante enceinte du Fairmont Le Reine Elizabeth, le Marché Artisans est un lieu de découvertes gourmandes unique au pays. Le « garde-manger » de l’établissement hôtelier et du centre-ville offre une variété de plats tout prêts, des viandes, des poissons, une boulangerie en plus de produits fins qui proviennent de partout au Québec (et de l’étranger). Le temps d’une visite éclair, j’ai pu constater que même là, on est en mode déjeuner, le temps de la saison du sirop. Le brunch des sucres y est servi jusqu’au 20 avril. Et il est aussi offert en déclinaison végé.

D’ailleurs, comme partout dans la province, l’offre végétarienne montréalaise a explosé ces dernières années. Depuis 2005, le nombre de restos végés a plus que quintuplé sur l’île. En 2018, l’Association végétarienne de Montréal recensait 76 établissements où la viande ne figure pas au menu. Avec ses plats inspirés qui plaisent à tous, végétariens ou pas, le LOV (lov.com) est l’une de ces enseignes qui contribuent à démocratiser (et actualiser) la cuisine végétarienne.

Enseignes connues et découvertes

Au fil du trajet en voiture, Carrie me pointe quelques incontournables. Au chapitre de la frite, Patati Patata — Friterie de luxe (4177 Boul St-Laurent), est une valeur sûre. Le Café Olimpico, typique enseigne italienne, Schwartz’s Deli et son emblématique smoked meat, Saint-Viateur et ses réputés bagels sont d’autres endroits connus et courus, parmi plusieurs autres.

Dans le Mile Ex, Le Manitoba (271 St Zotique Ouest – restaurantmanitoba.com) est une table originale où les produits du terroir sont les vedettes du menu. Champignons sauvages, produits forestiers et locaux parfument les plats de la maison, qui fabrique par ailleurs son propre miel, m’apprend Carrie. En chemin, elle me parle aussi du Petit Dep (179 rue Saint-Paul O.) et du Pick-Up (7032 Waverly — depanneurlepickup.com), deux dépanneurs hors normes qui abritent aussi un casse-croûte. Le premier a des allures de bistro parisien et combine épicerie fine et prêt-à-manger. Le deuxième a un look plus éclectique, voire rustique. Une grosse horloge Molson Export sur le mur lambrissé de bois voisine une fresque de bord de mer hawaïen. J’y fais halte le temps de ramasser un (excellent) café et de constater que les gens du quartier s’y arrêtent pour acheter une pinte de lait autant que pour venir savourer un sandwich ou un petit-déj.

Nouveau petit frère du très prisé Olive & Gourmando (où c’est toujours plein et toujours bon) et du non moins populaire Foxy, le Caffé Un Po’ Di Piu (3 Rue De La Commune Est - caffeunpodipiu.com) ouvert par Eric Girard et Dyan Solomon fait figure de nouvelle adresse branchée. Ouvert depuis juin dernier, l’établissement affiche un décor aux chics allures rétro, avec son long comptoir-lunch courbé, son plancher à l’originale mosaïque coloré et son plafond lustré. Larges fenêtres, luminaires recherchés, murs de pierre et de lambris aqua s’agencent avec bonheur dans le chaleureux décor signé par le designer Zébulon Perron.

C’est l’heure du lunch, on s’y arrête pour goûter la savoureuse cuisine italienne que m’ont vantée tous ceux qui y ont déjà mis les pieds. La salade de fenouil à l’orange est aussi délicate que rafraîchissante, tandis que la lasagne végétarienne, déclinée en sauce blanche, affiche un parfait équilibre de saveurs. C’est tout simple, très frais, vraiment délicieux. Et ça clôt joliment la virée.

Ce reportage a été rendu possible grâce à Tourisme Montréal.