«Mon plus beau souvenir de voyage…»

Ce que j’aime dans les voyages, c’est l’étonnement du retour, écrivait Stendhal. Cette magie qu’on ramène avec soi, sachant que le périple dont on revient nous a transformés, même un peu, pour le mieux et peut-être à jamais. La surprise de voir que, même si rien n’a changé à la maison, notre regard désormais ouvert sur le monde suffit à lui donner une couleur nouvelle. C’est dans cet esprit que nos journalistes, chroniqueurs, graphistes et vidéastes vous confient quelques-uns de leurs récits personnels. Parce que chaque voyage a son histoire. Et que l’histoire de l’un peut devenir, parfois, avec un peu de chance, l’inspiration de l’autre, l’occasion de voir le monde, d’ouvrir son esprit et, peut-être, de vivre le voyage qui deviendra le plus beau de ses souvenirs. Une compilation de Francis Higgins.

ÉCRIVEZ-NOUS!

Quel est votre plus beau souvenir de voyage? Rédigez-le en quelques phrases et transmettez-nous votre texte, accompagné de vos photos, par courriel à lemag@lesoleil.com. Nous en publierons une sélection.

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TRAUNSTEIN, ALLEMAGNE, 2008
Marc Allard, journaliste

C’était une triste fête de la bière. J’avais rendez-vous à Munich avec une amie allemande pour l’Oktoberfest. On devait boire des chopes jusqu’à l’aube, festoyer dans les rues et peut-être même s’embrasser, en tout cas, j’espérais. Mais le plan était fichu. Mon amie avait fait une crise d’appendicite. Le soir même, j’ai pris un train pour Salzbourg, en Autriche, l’âme mélancolique et la gorge sèche. Dans le wagon, une Allemande vêtue d’une robe bavaroise m’a invité à boire de la bière avec ses amis paquetés. En un instant, j’étais leur frère de broue et ils me proposaient de débarquer à Traunstein, pas loin de la frontière avec l’Autriche. Je me suis retrouvé dans une discothèque. Musique électro, bâtons lumineux, on a dansé comme des ravers dans une sorte de transe festive. L’Oktoberfest, ça se passe à Traunstein.

L’Oktoberfest, ça se passe à Traunstein.

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VANCOUVER, CANADA, 2007
Mickaël Bergeron, journaliste

Comme dans un film, à 25 ans, j’ai tout donné le peu que j’avais, j’ai abandonné ma coloc et je suis parti avec un sac à dos à Vancouver (et à Victoria) avec l’objectif un brin naïf de m’installer là-bas, sans plan, sans contact, sans être bilingue, sans vouloir cueillir des fruits. Finalement, grâce à mon immense budget de 1000 $, l’aventure n’a duré que six ou sept semaines. Mais quelle aventure! Le coût de la vie est faramineux, mais peut-être que ce serait trop facile, sinon? On se disait, un itinérant avec qui j’avais décidé de partager quelques repas et moi, que c’était le prix du paradis. Ça se voulait plus qu’un voyage, je tentais de m’intégrer. C’est ainsi que je voyage depuis : ne pas jouer au touriste et m’intégrer, même si c’est juste pour une semaine. Et ne prendre aucun selfie. Jamais.

Tombée du jour sur le centre-ville de Vancouver.

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AUSTRALIE, 2018
Ian Bussières, journaliste

Le tour de l’Australie en voiture, c’est une aventure tellement plus agréable que de rester à un seul endroit ou de se déplacer en avion (surtout après 24 heures de vol pour atteindre le continent éloigné). Oui, il faut conduire à gauche… dans une voiture au volant à droite. Et se taper 8556 km — comme un aller-retour à Las Vegas — pour faire la boucle depuis Sydney en passant par Uluru, Canberra, Melbourne, Adelaïde, Cairns et la superbe Brisbane. Un mois durant lequel j’ai vu une représentation d’Aïda à l’opéra de Sydney, fait le tour d’Uluru à pied, vu des troupeaux de kangourous sauvages, dormi dans un hôtel creusé dans une caverne à Coober Peddy, caressé des koalas au zoo du «Crocodile Hunter» Steve Irwin, traversé l’Outback, nagé dans la grande barrière de corail en plus de me prélasser sur la plage à Surfers Paradise. L’Australie, c’est tout ça, et elle mérite qu’on prenne le temps de le vivre.

J'ai vu des troupeaux de kangourous sauvages, dormi dans un hôtel creusé dans une caverne à Coober Peddy, caressé des koalas au zoo du «Crocodile Hunter» Steve Irwin.

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ÎLES-DE-LA-MADELEINE, 2018
Pascale Chayer, graphiste

Un premier voyage mère-fille aux Îles-de-la-Madeleine. Le plan était simple : marcher jusqu’à ne plus sentir nos jambes et manger ce que l’archipel avait de meilleur à offrir. Mission accomplie! On les a sentis, respirés, goûtés, ces petits bouts de terre. On a posé nos pieds sur sept des huit îles. Parcouru 90 km de plages et de dunes sauvages en moins d’une semaine. Foulé le sentier de l’île Boudreau, la réserve naturelle des Demoiselles, le sentier des Caps et presque atteint le bout du banc. Je revis ce fameux souper préparé après notre virée sur le circuit des saveurs. Un verre de bulles du Poméloi dans une main, l’autre occupée à manger le fromage de chèvre des Biquettes à l’air, l’odeur des moules du Trésor du large qui embaume la maison louée à Bassin, avec le bruit des vagues et du vent comme trame sonore. Le bonheur total. Longtemps après le voyage, les Îles me sont restées dans la tête… et le cœur.

Un premier voyage mère-fille aux Îles-de-la-Madeleine. Le plan était simple : marcher jusqu’à ne plus sentir nos jambes et manger ce que l’archipel avait de meilleur à offrir.

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ISTANBUL, TURQUIE, 2016
Josianne Desloges, journaliste

Même si j’ai été complètement étourdie par les beautés du palais Topkapi, je me souviendrai d’Istanbul pour une foule de petits moments sereins. Savourer un thé turc et des loukoums, lire le roman Mon nom est rouge d’Orhan Pamuk sur les traversiers qui sillonnent le Bosphore, se réveiller dans un joli appartement rempli de verdure dans le quartier Moda, sur la rive asiatique de cette gigantesque métropole à cheval sur deux continents. En marchant vers le Musée d’art moderne, je suis tombée complètement par hasard sur l’exposition The Art of Banksy, un déploiement substantiel des images les plus marquantes du graffeur sur des toiles et des panneaux de bois. Il y avait même une pièce remplie de pots de bonbons marqués de sa griffe. J’avais l’impression d’avoir traversé le miroir pour tomber dans un autre monde.

Le palais Topkapi

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FLORIDE, ÉTATS-UNIS, 2016
Céline Fabriès, journaliste

Floride, paradis des Québécois, en particulier pendant la saison froide. Nous avons plutôt choisi juin, moins de monde. Pendant notre séjour, nous sommes tombées sur un nid de tortues de mer sur la plage de Surfside Beach. Ces nids sont protégés par du ruban jaune et des pôles métalliques. La saison de nidification des tortues de mer s’étire de mai à octobre. À leur naissance, les petites tortues se dirigent naturellement vers la mer. Lors de notre balade en vélo d’Hollywood Beach à Surfside Beach, nous avons aussi vu des immeubles plus hauts les uns que les autres tout au long du littoral. Impressionnant, mais ça gâche un peu la promenade le long de la mer. On a dû se contenter du trottoir la plupart du temps. On a aussi eu droit à un orage tous les jours à midi. À peine le temps de ramasser nos affaires sur la plage pour se mettre à l’abri. Cinq minutes plus tard, le soleil revenait comme si de rien n’était.

Des œufs de tortues sur une plage de Floride.

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NEW YORK, ÉTATS-UNIS, 1998
Valérie Gaudreau, rédactrice en chef

La photo, imprimée sur du bon vieux papier, est jaunasse. Elle date de 1998, ma première rencontre avec le Flatiron Building, cet immeuble si emblématique de Manhattan. Je me souviens de l’avoir vu apparaître au coin de la 23e Rue et de la légendaire 5e Avenue. C’était comme dans les films. Dès ce premier voyage avec les copains Francis et Mireille, je suis tombée amoureuse de New York. Douze voyages plus tard, je la retrouve chaque fois avec les mêmes papillons dans le plexus solaire. New York a changé depuis. Des cafés et des librairies de Soho ou de West Village ont été chassés par les boutiques de Marc Jacobs et de Chanel, mais même à l’ombre des condos de 15 millions $, on peut encore manger une soupe won-ton à 6 $ dans le Chinatown. Depuis cette première rencontre, New York, ma belle grande amie exubérante, tu as toujours tenu tes promesses.

La photo, imprimée sur du bon vieux papier, est jaunasse. Elle date de 1998, ma première rencontre avec le Flatiron Building, cet immeuble si emblématique de Manhattan.

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FLORIDE, ÉTATS-UNIS, 1978
Josée Guimond, journaliste

Nous avions déjà fait quelques voyages en famille… mais ça, c’était le premier GROS voyage. Nous sommes en août 1978, et j’ai presque 12 ans. Avec les meilleurs amis de mes parents et leur fils (ma soeur d'alors 4 ans était restée à la maison... et nous en parle encore aujourd'hui), nous partons pour la Floride… en AVION! Les aéroports, les avions, c’était déjà une aventure, mais ce que j’allais voir dans l’État du jus d’orange allait encore plus me marquer. D’abord, Disney World : le château de Cendrillon, les pirates des Caraïbes, et les montagnes russes de l’espace avec mon père (on a dû m’entendre crier jusqu’à Québec). Ensuite, fascination pour tous (surtout pour mon père) au Kennedy Space Center à Cap Canaveral. De Fort Lauderdale, je retiens les perroquets de Parrot Jungle, et le resto polynésien Mai-Kai (qui existe toujours) et sa somptueuse salle de bain avec une madame pipi. Et de Miami, je me rappelle surtout les palmettos (sortes de coquerelles géantes), des lézards et de la plage. Des souvenirs que je chéris toujours, plus de 40 ans plus tard.

Nous avions déjà fait quelques voyages en famille… mais ça, c’était le premier GROS voyage. Nous sommes en août 1978, et j’ai presque 12 ans, explique Josée Guimond, ici à Parrot Jungle.

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SÉOUL, CORÉE DU SUD, 2017
Kathleen Lavoie, journaliste au contenu numérique

Je savais que j’étais arrivée à Séoul, lorsque j’ai eu à articuler un premier «Annyeonghaseyo!» maladroit à l’aéroport d’Incheon, en décembre 2017. Mais rien n'a égalé l’expérience d’un spectacle-marathon du parrain de la K-pop Psy, deux jours plus tard, pour me tremper dans le bain coréen! Il s’agissait de l’entrée en matière parfaite pour un séjour de deux mois, où j’allais étudier la langue et faire une immersion dans cette culture qui me fascine. Un séjour au cours duquel j’ai eu la chance de réellement connecter avec la vie étudiante universitaire séoulite grâce à mon tuteur, l’érudit Dong-woo, qui m’a accompagnée au musée et m’a enseigné un jeu de cartes coréen («go-stop»). J’ai aussi eu le bonheur de visiter tous ces lieux mythiques qui font rêver les étrangers : les cinq palais royaux de Séoul, la tour Namsan, le quartier Gangnam, le fleuve Han, le nolaebang (karaoke), etc. Et la bouffe! Aucun voyage ne serait complet sans une réelle exploration gustative de ce que le pays a à offrir. Kimchi, kimbap, bibimbap, jajangmyeon, ramyeon et BBQ coréen! Le tout bien arrosé de soju! Dommage qu’on ne puisse retrouver ces saveurs à Québec… Il faudra retourner à Séoul!

Neige sur le palais Changdeokgung, à Séoul, en janvier 2018.

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BRETAGNE, FRANCE, 2007
Isabelle Mathieu, journaliste judiciaire

Rouler sur les petites routes tranquilles pendant une heure ou deux. Prochain arrêt, Saint-Malo. Pas de but précis, juste aller voir l’océan. Se faufiler entre deux vieux bâtiments. Le gravier cède la place au sable doux. Soudain, des dizaines de petits voiliers colorés prennent tout l’horizon. Rester à admirer le spectacle silencieux. La Bretagne découverte il y a quelques années avec le (à ce moment futur) mari est paisible, douillette. Du slow-tourisme. Pas de grandes attractions à voir. Juste le plaisir de sillonner des routes de bord de mer, de s’arrêter dans des villes et villages au charme suranné. Dinard, Paimpol, Morlaix. Siroter une bière au port. Déguster une crêpe en terrasse, sur une petite place moyenâgeuse. Marcher le nez en l’air, pour admirer les maisons à colombages. Puis, le plus souvent possible, retourner au bord de l’eau pour s’endormir au son des vagues.

Siroter une bière au port. Déguster une crêpe en terrasse, sur une petite place moyenâgeuse. Marcher le nez en l’air, pour admirer les maisons à colombages. Puis, le plus souvent possible, retourner au bord de l’eau pour s’endormir au son des vagues.

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BRÉSIL, 2004
Mylène Moisan, chroniqueuse

À bord du Jose Julio, 200 âmes cordées comme des sardines, le garçon à côté de moi garde précieusement une chaudière remplie de terre près de lui, un petit tronc au milieu, ce qu’il reste d’un bananier. Sa famille va tenter sa chance à l’ouest avec ce moignon végétal comme unique bagage. Et l’espoir d’une vie meilleure. Moi et l’ami Philippe descendons à Santarem, eux filent jusqu’à Manaus. À Alter-do-Chão tout près, un drôle de type s’assoit avec nous, il part visiter un ami vivant dans la jungle. «Vous voulez venir?» Et nous voilà à bord de son rafiot, Charles naviguant dans le faisceau blafard de sa lampe frontale. Ouf. Nous avons été reçus par son ami, avons jasé des élections qui approchaient. «Ils nous promettent l’électricité… Qu’est-ce que ça pourrait changer?» Tout. Et pas nécessairement pour le mieux.

Coucher de soleil sur le fleuve Amazone.

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EUROPE, 1998
Alexandra Perron, journaliste au Mag

Rien de très original ici. Et pourtant… Ce voyage d’étudiante, à traîner mes sacs à dos trop lourds (un sur le ventre, l’autre sur le dos), à 20 ans, a été un tournant. Il était fait de maladresses. Comptait beaucoup trop de destinations. Mais la «Tanguy» que j’étais goûtait au monde et à la liberté. J’ai passé deux mois à Londres, à rincer des verres dans un pub, à m’user les pouces en fermant des plats d’aluminium dans une usine d’aliments surgelés. Mais j’ai aussi arpenté la ville de long en large, pique-niqué dans tous les parcs, bu des litres de thé et de bière. Avant de partir en tournée européenne : les moules à Bruges, le pont Charles à Prague, mes amis en stage dans Le Jura, Lucy à Genève, la dolce vita à Saint-Cézaire-sur-Siagne, la paella à Valence, la famille et les monuments à Paris. Suis rentrée soûle de souvenirs, gonflée à bloc pour le reste de ma vie.

Ce voyage d’étudiante, à traîner mes sacs à dos trop lourds (un sur le ventre, l’autre sur le dos), à 20 ans, a été un tournant. Il était fait de maladresses. Comptait beaucoup trop de destinations. Mais la «Tanguy» que j’étais goûtait au monde et à la liberté. Ici, à Valence, en Espagne.

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ESTACION WADLEY, MEXIQUE, 2011
Nicolas Perron-Drolet, vidéaste

Un village minuscule au centre d’une vallée semi-désertique situé en plein cœur du Mexique, Estacion Wadley possède le décor parfait pour un film de Sergio Leone. Tout est en place pour créer cette ambiance : la poussière, le silence, la gare de train, l’impression que personne n’y habite. Nous sommes plus près du voyage dans le temps que de la station touristique, mais rien de mieux pour quelqu’un en quête de dépaysement et d’authenticité. Le temps s’y écoule très lentement, au rythme des habitants qui sont nombreux à être dans l’élevage de chèvres. Leur grande hospitalité nous permet de tranquillement connaître tout ce qu’il faut savoir sur le désert et la région, y compris sa faune, sa flore et sa culture. Une randonnée entre Wadley et la ville mythique de Real de Catorce est de l’ordre du voyage initiatique, mais attention, l’eau en bouteille sera votre plus grande alliée.

Un village minuscule au centre d’une vallée semi-désertique situé en plein cœur du Mexique, Estacion Wadley possède le décor parfait pour un film de Sergio Leone.

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MAROC, 2017
Maude Petel-Légaré, journaliste

La chaleur plombe le centre-ville. À l’horizon, un passant, fébrile, se dirige rapidement vers son domicile. Les rues sont désertes. Pourtant, hier, la médina grouillait d’activité. Les odeurs d’épices se mêlaient aux marchands qui crient à tue-tête, reflétant le charmant chaos du quotidien marocain. Mais aujourd’hui, rien. Aucun son. Une vraie ville fantôme. Le crépuscule tombe. L’appel à la prière résonne dans toute la ville, puis un coup de canon. Rabat se réveille. Des familles se rassemblent sur la plage autour de délicieux plats traditionnels. Les gens chantent et fêtent. Les hommes se dirigent vers les terrasses des cafés, excités par leur partie de cartes à venir. Il fait bon. La nuit devient un vrai terrain de jeu. C’est la première journée du ramadan. S’ensuit un mois exceptionnel, sacré, déroutant, où seule la lune guide les coutumes.

L’iftar, le repas partagé pendant le ramadan, à la plage des Oudayas à Rabat.

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THAÏLANDE, 2009
Raphaëlle Plante, journaliste

J’ai eu un coup de cœur pour la Thaïlande, mais c’est sous l’eau que ce pays d’Asie m’a véritablement conquise. J’y ai fait ma première sortie en plongée sous-marine, aux abords de Ko Phi Phi, en 2009 — 10 ans déjà! Sans certification alors, j’étais accompagnée d’un instructeur de plongée qui m’a guidée à travers coraux multicolores et récifs verticaux qui donnent le vertige. Hippocampe, murène, seiches, tortues, étoiles de mer, poissons-clown cachés dans les anémones (comme Nemo!)… J’en ai eu plein les yeux et je me sentais comme un poisson dans l’eau. Ça m’a donné la piqûre et j’y suis retournée l’année suivante, puis au Mexique, où j’ai fait ma certification de plongée. Une passion était née!

Une jolie tortue croisée en plongée!

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TURQUIE, 2014
Normand Provencher, journaliste aux Arts

De mon voyage en Turquie, à l’été 2014, j’ai rapporté une tonne de souvenirs mémorables. Un tour de montgolfière au petit matin au-dessus de la Cappadoce. Une descente dans la ville souterraine de Dezinkuyu. Une promenade dans la chaleur de la vallée des Pigeons. Une visite dans un hammam à se faire frotter au gant de crin par une armoire à glace. Mais lorsque je ferme les yeux, un moment bien précis me revient, celui de cette soirée d’août, installé sur la terrasse de l’hôtel Tria, à Istanbul, avec ma conjointe et quelques membres de la belle-famille. Le spectacle de la basilique Sainte-Sophie et de la Mosquée bleue avec, en toile de fond, le chant du muezzin et des nuages de mouettes se détachant dans le ciel, est inscrit à jamais dans ma mémoire. Istanbul, je ne t’oublierai jamais…

La basilique Sainte-Sophie.

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NEW YORK, ÉTATS-UNIS, 2019
Thomas Thivierge, journaliste

Le 11 septembre 2001 est une date marquée au fer rouge dans notre mémoire. Quand j’ai eu la chance de monter tout en haut du nouveau One World Trade Center, j’ai ressenti un mélange de peur en repensant à ce jour funeste, mais aussi d’espoir en arrivant en haut de cette tour de 1776 pieds (541 mètres). Quand notre regard se porte vers l’horizon, nous contemplons non seulement une vue à couper le souffle, mais aussi la promesse qu’après la tragédie, il est possible de se relever plus fort.

Quand notre regard se porte vers l’horizon, du haut du One World Trade Center, nous contemplons non seulement une vue à couper le souffle, mais aussi la promesse qu’après la tragédie, il est possible de se relever plus fort.