Les fourmis gâte-bois sont préoccupantes avec raison, car elles peuvent endommager sérieusement la structure intérieure ou extérieure d’un bâtiment.

Mettre fin au festival de la fourmi

Enfin, l’été est là. Place au soleil, aux journées chaudes et très humides, le temps idéal pour la belle vie… des fourmis! On aime bien quand ces petites bestioles aèrent les sols et jouent leur rôle naturel d’insectes utiles. Mais quelquefois, leur prolifération peut nous causer de sérieux maux de tête.

«Actuellement, 9 personnes sur 10 qui se présentent chez nous sont préoccupées par les fourmis», estime Michel Maheu, biologiste et directeur général de Maheu&Maheu. Et bien des gens viendront souvent se renseigner sur l’inquiétante fourmi charpentière, dont le vrai nom est en réalité la fourmi gâte-bois (voir le tableau). Comme nous le précise M. Maheu, toutes les fourmis gâte-bois ne sont pas des charpentières, mais toutes les charpentières sont des gâte-bois.

Cela étant dit, ces fameuses gâte-bois sont préoccupantes avec raison, car elles peuvent endommager sérieusement la structure intérieure ou extérieure d’un bâtiment, s’il s’avère qu’elles choisissent un endroit tranquille dudit bâtiment pour y installer la reine pondeuse (qui peut vivre jusqu’à 17 ans!) et sa colonie.

D’abord, la présence de fourmis à l’intérieur alors qu’il y a de la neige à l’extérieur constitue souvent la confirmation qu’il y a un nid dans la structure du bâtiment. Sachez qu’une colonie mature de fourmis gâte-bois peut compter… 5000 individus, et là-dessus, moins de 2 % circulent en dehors du nid. Aussi, la colonie principale peut même avoir plusieurs nids satellites.

C’est pourquoi (on le comprend vite) Michel Maheu suggère de faire appel à des experts en gestion parasitaire pour a) localiser la position exacte du nid et de la reine pondeuse, et b) détruire adéquatement et pour de bon ledit nid et sa colonie.

+

Fourmis noires gâte-bois dans un poste d’appâtage

À l’extérieur

Certains pourront également connaître quelques problèmes avec les fourmis à l’extérieur de leur résidence, sur le terrain, la terrasse ou le patio. Les individus en présence seront surtout les noires des champs (ou fourmis à buttes), et les fourmis brunes des champs.

Dans les deux cas, les problèmes sont généralement plus faciles à régler et les gens peuvent s’y attaquer eux-mêmes, estime le dg de Maheu&Maheu. Mais il y a bien sûr des exceptions. Par exemple, à l’est du mont Sainte-Anne, dans le secteur de Saint-Ferréol-les-Neiges, M. Maheu raconte que des fourmis à buttes laissées libres comme l’air peuvent construire des buttes… aussi hautes qu’un homme. On comprend qu’à ce stade, on se fie sur des professionnels pour s’en débarrasser.

+

Poste d’appâtage de type «piquet» pour les fourmis brunes des champs (FBC) et les fourmis noires des champs (FNC). Des cratères de FBC sont visibles à proximité de la chaîne de trottoir de la rue, un classique!

Quant à nos fourmis brunes des champs (qu’on aperçoit souvent près d’un petit cratère dans le sol, entre des dalles, ou dans une craque du trottoir), elles pourraient décider de s’installer (en grand nombre) sous les fondations de la maison. Là aussi, des professionnels doivent être appelés à la rescousse.

Mais dans la majorité des cas, on pourra s’attaquer aux noires et aux brunes des champs à l’aide de produits d’usage courant vendus par les spécialistes (des produits tous homologués par une agence relevant de Santé Canada), ou essayer des trucs maison, comme l’utilisation d’eau bouillante, de savon à vaisselle biodégradable, etc.

Quoi qu’il en soit, commencez votre lutte au festival de la fourmi par la base : capturez quelques spécimens des fourmis vous posant problème, et amenez-les (morts ou vivants) chez un spécialiste en gestion parasitaire. Vous saurez ensuite à qui vous avez vraiment affaire.

+

Nid de fourmis noires des champs

Les quatre espèces de fourmis gâte-bois au Québec 

  • Camponotus pennsylvanicus : la fourmi noire gâte-bois*
  • Camponotus ferrugineus : la fourmi rouge gâte-bois
  • Camponotus herculeanus : la fourmi bicolore, ou rouge et noire, gâte-bois*
  • Camponotus nearcticus : la petite fourmi charpentière noire

*La noire et la bicolore sont les plus répandues dans la grande région de Québec.

Source: Maheu&Maheu