«Parc régional Tawharanui, avec l’île Hauturu, en arrière-plan. L’un de nos endroits favoris, où faire du surf, de la randonnée et l’observation de kiwi le soir.»

Mélanie au pays du long nuage blanc

Ils viennent du Québec, mais sont partis vivre aux quatre coins du monde. Pour le travail, par amour, pour aller voir ailleurs si l’herbe est plus verte. Le Mag vous les présente et vous décrit leur quotidien. Tranches de vie.

NOM: Mélanie Duplain

ÂGE: 45 ans

PROFESSION: «Technicienne forestière de formation, je suis maman à la maison pour le moment. Je travaille notre petit lopin de terre pour être plus autosuffisant.»

Trajectoire

«Originaire de Saint-Raymond de Portneuf, j’ai fait une technique forestière au Cégep de Sainte-Foy. Après ma graduation, j’ai commencé à travailler pour le ministère des Ressources naturelles, en Abitibi. Avoir des contrats saisonniers me permettait de voyager en Nouvelle-Zélande l’hiver, un pays qui me fascinait depuis longtemps. J’y vis depuis décembre 2006.»

Mathieu, Richard Griffiths, Thomas et Mélanie

Raison

«J’ai rencontré Richard en faisant du bénévolat sur Tiritiri Matangi Island, en Nouvelle-Zélande, une réserve naturelle réputée pour ses oiseaux. Richard travaillait pour le Department of Conservation et remplaçait un employé. Il s’occupait des volontaires, dont moi. J’ai déménagé en Aotearoa (Le pays du long nuage blanc en maori, pour désigner la Nouvelle-Zélande) en 2006. Nous nous sommes mariés en janvier 2009 et notre premier garçon est né à Auckland, en 2010. En 2011, nous avons déménagé à Santa Cruz, en Californie, où Richard a travaillé pour l’organisme Island Conservation. Un séjour de trois ans qui nous a permis d’être plus près de ma famille. Notre deuxième fils est né durant cette période. En 2014, nous sommes rentrés en Nouvelle-Zélande pour que notre aîné commence la maternelle.»

«Un magnifique Tui, oiseau endémique, perché sur une fleur de flax.»

Le plus dur à apprivoiser…

«Je dirais peut-être l’humour noir néo-zélandais, que je ne comprends toujours pas. Ensuite, ma bataille constante contre la langue de Shakespeare avec mes garçons. Thomas et Mathieu sont bilingues, car je leur parle exclusivement en français. Mais comme tout est en anglais autour d’eux, c’est très exigeant de leur inculquer notre belle langue française et notre culture québécoise. J’y arrive avec beaucoup d’originalité et d’entêtement. Troisième difficulté, en vieillissant, la distance avec les nôtres devient plus pesante.»

«Les plages de notre région sont bordées de pohutukawas, ces majestueux arbres rouges pour la période des Fêtes.»

Aujourd’hui, je vis comme une Néo-Zélandaise parce que….

«Je crois que je vis à la Québécoise, en Nouvelle-Zélande. Les Canadiens et les Néo-Zélandais se ressemblent beaucoup et s’entendent bien. Sinon, nous faisons plus d’activités de plein air en lien avec la mer. Et j’apprécie la vie qui va moins vite dans le Pacifique Sud, comparativement au rythme de vie effréné nord-américain.»

Nous mangeons…

«Notre bœuf, nos agneaux élevés sur notre fermette. Nous avons un grand jardin et un verger très diversifié. À notre latitude, nous pouvons cultiver à l’année. Nous essayons d’être le plus autosuffisant possible, ce qui requiert temps et énergie. Nous préservons nos récoltes et faisons un effort pour manger localement.»

«Les garçons avec un de nos clémentiniers.»

Nous habitons…

«À Warkworth, une petite ville de 5000 âmes à environ 60 kilomètres au nord d’Auckland, la plus grosse ville du pays. L’Hauraki Gulf à proximité nous permet d’explorer et d’apprécier une myriade d’îles et un nombre impressionnant de plages.»

Auckland, la plus grosse ville du pays

Je m’ennuie…

«Évidemment de ma chère famille et de mes amis. Même si nous ramenons un gallon de sirop d’érable dans nos valises après chaque séjour au Québec, je m’ennuie des produits de l’érable, notre OR ici. Je m’ennuie aussi de faire de la planche à neige, de nos lacs et rivières, de la diversité animale et des senteurs du Québec l’été!»

Je reste branchée au Québec…

«Tous les deux ans, nous revenons passer plus de deux mois au Québec. Autrement, je lis les nouvelles chaque jour sur le site Internet de Radio-Canada et je parle constamment à ma famille.»

Camping en bateau au parc régional Mahurangi East, dans le Gulf Hauraki

Un bon coup de ma ville d’adoption que je rapporterais au Québec…

«Le système de parcs régionaux de la ville d’Auckland est tout simplement fantastique. La ville compte 29 parcs régionaux sur son grand territoire. Tout le monde y a accès gratuitement. Il y a un magnifique réseau de camping, de location de cabines ou de petits chalets, des pistes cyclables, des lieux historiques, un nombre incalculable de plages, de forêts, de sentiers pédestres, etc. Le tout payé par nos taxes foncières. L’entrée dans les parcs nationaux du pays est aussi gratuite. Les Néo-Zélandais ont à cœur de donner accès au plein air à tout le monde.»

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