Le Sahara, majestueux et invitant. Il faut y passer au moins une nuit et même davantage pour apprécier les levers et les couchers de soleil.

Maroc: du désert à la mer

Pourquoi le Maroc? Parce que c’est un pays de la Francophonie et une destination qui offre un régime politique stable, dans un décor varié allant du Sahara jusqu’aux stations balnéaires de l’Atlantique. J’y suis allé en octobre. Si c’était à refaire, j’opterais plutôt pour le printemps après la saison des pluies, quand la végétation est plus intéressante. Cela dit, que ce soit au printemps ou à l’automne, vous n’aurez pas froid au Maroc. Bienvenue au pays des palmeraies.

On m’avait beaucoup parlé de Fès et de Marrakech pour leurs médinas et je n’ai pas été déçu. Ce sont de véritables fourmilières, hautes en couleur et en saveur, où l’on peut se perdre en toute sécurité. Armez-vous de patience dans la médina de Marrakech : il y a tellement de monde en soirée qu’il est parfois difficile de circuler à travers le flot de piétons, de motocyclettes et de charrettes de tous genres. Ma seule déception est l’interdiction de visiter les mosquées, contrairement à la Turquie où les touristes sont admis librement en dehors des heures de prière.

On ne visite pas Marrakech sans passer par l’immense place Jemaa el-Fna où les touristes et les locaux convergent tous les soirs. On y va pour s’y restaurer en plein air, magasiner les souvenirs, observer les charmeurs de serpents, les musiciens, les jongleurs, les raconteurs et tout le reste. Il y a beaucoup à voir, mais après deux soirs, on a fait le plein de ce théâtre nocturne. Je ne vous parlerai pas davantage de Marrakech parce que vous avez tout ce qu’il vous faut dans les livres spécialisés. Un seul conseil, ne manquez pas le Jardin Majorelle. C’est magnifique, et c’est un havre de paix après des heures dans le bruit et la foule de la médina.

La visite des médinas offre de belles occasions de magasinage. Mais attention :  il faut savoir négocier!
Les comptoirs d’épices sont toujours très invitants dans les souks, les marchés publics du Maroc.
Un petit pourboire au musicien? Il le méritait...

C’est la petite ville côtière d’Essaouira qui m’a séduit à cause de son port de pêche spectaculaire. La variété des prises offertes par les pêcheurs est telle qu’on a le goût d’y passer plusieurs jours, juste pour la cuisine. D’ailleurs, le meilleur plat qualité-prix qu’il m’ait été donné de déguster dans sa médina est au «Vagues bleues», un mini resto d’une douzaine de places tenue par une petite famille, situé dans une ruelle au 2 Sidi Ben Abdellah. À 6 $ pour un filet de sole accompagné de pommes de terre et de quelques légumes, c’était une aubaine. Mais au goût, c’était un délice. 

Si c’est la plage et le farniente qui vous intéressent, on vous dirigera plutôt vers Agadir où le climat est plus favorable et les vents moins forts. Mais Essaouira vous offre tout de même une plage immense avec plein de possibilités : équitation, balades à dos de chameaux, surf ou simple baignade. 

Le port d’Essaouira
La plage d’Essaouira est ouverte à l’équitation, au surf et à la baignade.

Une nuit dans le désert

L’autre point fort du Maroc est à Merzouga, principale porte d’entrée du Sahara. Si j’ai un regret, c’est de n’avoir passé qu’une nuit dans le désert. La grande majorité de l’offre touristique dans cette région consiste à vous amener à dos de chameaux pour passer la nuit dans un bivouac. Ça fait très cliché, pas très original, et mes attentes n’étaient pas très élevées. Erreur :  le simple fait de passer deux heures à l’aller sur cette monture dans un décor aussi imposant est magique. C’est tout simplement très beau. Les couleurs des dunes au lever et au coucher du soleil, la majesté de l’environnement… J’ai envié ceux qui y font des expéditions de quatre ou cinq jours. Quant au confort, on vous accueille dans des tentes qui offrent toutes les commodités des hôtels, douche comprise. Je ne crois toutefois pas que les expéditions de quatre ou cinq jours garantissent un tel confort. 

Les chameaux ne sont pas tous domestiqués. Vous en croiserez plusieurs en liberté, mais n’essayez pas de les approcher.

Il faut passer par Ouarzazate pour aller vers Merzouga. On y a tourné de grandes productions cinématographiques. Il vaut la peine d’y visiter le musée.

Si vous avez le temps après avoir fait le désert, vous aurez le goût de faire les gorges du Todra, du Drâa et du Dadès. C’est spectaculaire, mais la route est longue et parfois monotone. Partout où il y a un cours d’eau, il y a des villages et des palmeraies où les paysans se partagent la terre et gèrent l’irrigation pour y faire pousser leurs récoltes. Vous pouvez vous y balader en toute sécurité.  

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CONSEILS DE VOYAGE

Transport

› Votre première escale en provenance du Canada vous laissera à Casablanca. Le train vous amènera de l’aéroport au centre-ville, et de là, vers Fès, Marrakech ou Rabat. Si vous allez à Agadir ou Essaouira, c’est l’avion. De Marrakech à Essaouira, vous devez compter sur l’autobus, mais il vaut mieux réserver à l’avance. Pour tout le séjour dans les montagnes (Anti-Atlas, Moyen Atlas et Grand Atlas), de Fès jusqu’au Sahara et jusqu’à Marrakech, j’ai utilisé les services d’un chauffeur avec véhicule. Ce n’est pas très cher, et j’ai été très satisfait. Vous pouvez aussi louer un véhicule.

Hébergement

› J’ai logé dans les médinas à Fès, Marrakech et Essaouira. C’est fort en couleur locale et c’est sécuritaire. Mais à moins d’y mettre le prix, le confort n’est pas toujours au rendez-vous. Les hôtels situés à l’extérieur des médinas sont plus prévisibles…

Nourriture

› On m’avait dit qu’on mangeait très bien au Maroc. C’est vrai, mais la variété laisse un peu à désirer. Et puis il y a l’alcool… Certains restaurants en servent, mais c’est l’exception. Au lieu du petit verre de vin sur la terrasse à 17h, il faudra vous contenter d’un thé à la menthe.

Argent et commerce

› Il y a des ATM partout. On m’avait mis en garde contre le harcèlement des commerçants dans la rue. Bien franchement, je n’ai rien vécu de tel. Les seuls vendeurs dont il faut se méfier sont dans le tapis. Ils vous demandent quatre fois le prix, et promettent la livraison au Canada, taxes et frais de douanes compris. Ce n’est pas toujours vrai.

La langue

› L’affichage est en arabe et en français un peu partout et on vous accueillera en français dans la grande majorité des établissements. Il n’est pas rare de se faire aborder dans la langue de Molière, même dans les villages les plus reculés des Atlas.