Pierre-Yves Faguy et Anthony Veilleux dans la chambre d'enfants qu'ils ont fabriquée.

L'univers ludique de deux frères d'atelier

Un arbre-bibliothèque, un lit-maisonnette, un ciel poétique, une pièce apaisante : bienvenue dans l’univers ludique des ébénistes de Pic-Bois La Fabrique.

Anthony et Pierre-Yves ont une passion qui accapare leurs temps libres : l’ébénisterie. À force de s’isoler dans leur atelier chaque mercredi soir, après avoir embrassé leurs blondes et bordé leurs enfants, les deux amis sont devenus «comme deux frères».

«On est des papas, on est dans le même moule», résume Pierre-Yves Faguy, un technicien en génie civil de 34 ans. Il demeure à Saint-Raymond, mais un soir par semaine, il vient rejoindre Anthony Veilleux, un magasinier de
43 ans, dans l’atelier aménagé derrière sa maison du quartier Duberger, à Québec. «Au début, l’atelier n’était pas chauffé, c’était dur, mais on y allait pareil, confie Anthony. Être ensemble, ça nous crinque.»

Fondée en mai 2015, leur «micro-ébénisterie» porte le nom évocateur de Pic-Bois La Fabrique. Ils se sont fait faire des tabliers à l’effigie de cet oiseau, ainsi que des écussons, dont ils ornent chacune de leurs créations, des plus simples (leurs planches à découper, par exemple), aux plus sophistiquées (leurs meubles).

L’arbre-bibliothèque, un meuble complexe qui éperonne l’imaginaire de Raphaël et d’Antoine, les deux garçons d’Anthony.

Les deux gars ont leur rituel. «Avant de commencer, on se débouche une bonne bière de microbrasserie, racontent-ils. On n’est pas sur le party. C’est comme un exutoire. On jase. On fait le point. Puis on se met à l’ouvrage.» L’idée de «micro-ébénisterie» est née de leur amour pour le houblon de «microbrasserie», et de leur désir de fabriquer des objets d’aussi bonne qualité que les bières québécoises.

Autodidactes

Anthony, fils d’une sculpteure de Saint-Jean-Port-Joli, et Pierre-Yves, petit-fils d’un agriculteur «qui a toujours touché au bois», ont appris l’ébénisterie en autodidacte, dans les livres et sur le Web. Au fil des ans, ils se sont équipés, ils ont fabriqué des meubles pour leurs propres maisons, puis ont accepté de «faire des petits contrats» afin de rentabiliser leurs outils. Facebook les a si bien servis qu’ils ont «commencé à être débordés».

Ils vendent beaucoup de planches à pain et à fromages, à des prix variant entre 37 et 45 $, sans taxes. Ils utilisent uniquement des essences de bois nord-américaines, ainsi que des produits de finition écologiques pour leurs meubles, et leur propre cire maison pour leurs accessoires de cuisine.

Le logo de la compagnie

Anthony et Pierre-Yves font la popote tous les deux et cultivent un potager. Le premier est papa de deux garçons de quatre et de deux ans; le second, de deux filles âgées de trois ans et de quatre mois. La famille est au cœur de leur vie. Ils remercient d’ailleurs leurs blondes, Mélissa et Kim, qui les aident sur plusieurs plans (finition des objets, idées, promotion, pages Facebook et Etsy) et les laissent à leur passion.

Lit-maisonnette

Secondé par son complice, Anthony a réussi à terminer un projet personnel d’envergure : la conception de la chambre de ses gars et la fabrication du lit-maisonnette à deux étages, de l’arbre-bibliothèque, des tabourets, du pupitre et des tablettes. Il y a de l’amour dans cette pièce!

Pierre-Yves admire le souffle artistique de son ami qui a vu au design complet de la pièce. Il a fait couper au laser des cercles de vinyle qu’il a collés sur des bacs de rangement. Il a créé un ciel poétique avec des lampes à la DEL dont les fils verts rayonnent à partir du milieu du plafond. 

Le lit-maisonnette repose sur du vinyle autocollant qui évoque le gazon.

Taillées au laser elles aussi, des étoiles parfaites oscillent au-dessus de l’arbre-bibliothèque, un meuble complexe qui éperonne l’imaginaire de Raphaël et d’Antoine. «La chambre sert aux activités calmes, comme la lecture et le dessin», confie le papa.

Le lit, maintenant. On imagine l’émerveillement des deux gamins devant ce meuble de merisier ludique, sans vis, où ils pourront dormir et rêver jusqu’à 10-12 ans, estime Anthony. «Il se démonte en cinq morceaux, je pourrai le vendre», mentionne-t-il. Fixé par des charnières, le panneau avant s’ouvre, ce qui aide les garçons à faire leur lit.

Anthony a aussi travaillé fort pour concevoir et bricoler les deux petits tabourets, afin de donner à leur base les angles adéquats. Il en a fabriqué plusieurs avant d’en arriver au bon modèle.

Les noms des enfants ont été gravés au laser dans le bois.

Tout est affaire d’harmonie dans cette chambre. Les couleurs, les motifs et les matériaux se font écho de façon charmante. Il y a du sens dans le design : à preuve, le vinyle vert collé sur le plancher qui évoque le gazon.

Anthony a dépensé 3000 $ en matériaux pour cette pièce, dont 1000 $ de bois pour le lit. «Je me suis gâté», reconnaît-il.

À ce jour, les deux ébénistes ne tirent aucun revenu des sommes et du temps qu’ils ont investis dans leur atelier. Leur motivation vient du plaisir et de la reconnaissance.

Ils ne refusent aucun projet. Mais les clients doivent accepter leur rythme, soumis à leurs autres obligations, familiales et professionnelles.

Info : les pages Facebook et Etsy de Pic-Bois La Fabrique, le site Internet www.picboislafabrique.com et info@picboislafabrique.com