Les succulentes : aussi faciles qu’on le prétend?

Les plantes succulentes, ces plantes d’intérieur qui conservent de l’eau dans leurs tissus et ont donc des tiges ou des feuilles enflées, sont très tendance par les temps qui courent. On les vend partout, même dans les supermarchés. Toute cette popularité vient d’une croyance tenace : qu’elles sont faciles à cultiver!

Pourtant, je gage qu’il n’y a pas une succulente sur dix qui sera encore en vie un an plus tard… ou si elle est en vie, elle sera mourante. Que se passe-t-il?

Le problème de base des succulentes est que leur capacité de «bien tenir» dans les situations difficiles fait croire à leur propriétaire qu’elles vont bien. On ne voit pas qu’elles souffrent. Souvent, elles ne croissent même pas… ou encore, les nouvelles pousses ou feuilles sont vert pâle et étiolées, une croissance anormale qui n’annonce rien de bon. 

Pourtant, les succulentes peuvent être faciles à cultiver si vous choisissez les bonnes variétés et les entretenez correctement.

Beaucoup de fausses informations circulent au sujet des succulentes. En voici trois :

1 Les succulentes n’ont pas besoin de soleil 

Quel non-sens! S’il existe quelques succulentes qui peuvent tolérer un éclairage moyen, la plupart ont besoin de plein soleil. Placez-les le plus près possible devant la fenêtre la plus ensoleillée de votre demeure. 

2 Les succulentes n’ont pas besoin d’arrosage

Voilà une bonne façon de tuer une plante vivante! Bien sûr qu’elles ont besoin d’arrosages, mais assez espacés. Une succulente cultivée au soleil nécessitera des arrosages assez fréquents l’été, mais plus espacés l’hiver. Une succulente qui manque de soleil utilisera toutefois beaucoup moins d’eau qu’une succulente cultivée convenablement. Avant d’arroser toute succulente, enfoncez un doigt dans le terreau. S’il est sec au toucher, arrosez abondamment. S’il est encore humide, retarder l’arrosage.

3 Les succulentes poussent bien en terrarium

En fait, elles détestent la forte humidité atmosphérique qui y règne. D’accord, il existe quelques rares succulentes qui s’y adaptent, mais normalement, un terrarium est le pire milieu pour les succulentes. 

Un terrarium est le pire milieu pour les succulentes. Mieux vaut les cultiver en pots.

Des faciles et des moins faciles

Il y a un moyen de juger si une succulente sera facile à cultiver ou difficile, juste à la regarder. 

Si elle est de couleur vert foncé, signe qu’elle vient, dans la nature, d’un emplacement plutôt ombragé, c’est bon signe, car nos maisons sont beaucoup plus sombres qu’on ne le pense. Pensez aux haworthias, jades, sansevières et aloès. 

La sansevière ou langue de belle-mère est parmi les succulentes la plus facile à cultiver.

Les succulentes verts pâles, grisâtres ou bleutés, comme les echeverias, les pachyphytums et les sédums, par contre, meurent peu à peu dans la plupart des maisons, faute de lumière. C’est que leur coloration vient de la pruine, un genre de cire blanche qui recouvre les feuilles, et qui sert de «crème solaire naturelle», bloquant les rayons du soleil. Quand la plante pousse au soleil brûlant du désert, la pruine est bénéfique. Dans nos maisons, elle nuit à sa capacité de faire de la photosynthèse.

À moins de profiter d’un éclairage très intense et d’un emplacement froid pour l’hiver, vous trouverez la plupart des cactus de climat aride difficile à maintenir. Pourtant, les euphorbes, qui ressemblent souvent à des cactées, sont généralement faciles à cultiver. 

Enfin, les pierres vivantes sont les plus difficiles du lot : pour experts seulement!

La culture des succulentes en quelques mots

›  Plein soleil toute l’année.

›  Arrosage profond, mais seulement quand le terreau est bien sec.

›  Température d’intérieur normale.

›  Pas plus qu’une ou deux applications d’engrais tout usage par année, au printemps ou à l’été. Et seulement à 1/8 de la dose recommandée.

Vous aimez l’apparence des succulentes, mais n’avez pas les conditions nécessaires pour les conserver? Achetez-vous des succulentes artificielles!

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RÉPONSES À VOS QUESTIONS

Ronces et mûriers produisent des mûres

Q On m’a vendu cette plante comme étant un mûrier, mais j’ai vérifié sur Google et ça ne semble pas être le cas. Pouvez-vous m’aider à l’identifier?— Alex Arcand

Au Québec, on connaît davantage la ronce, vue ici, aux tiges piquantes.

La confusion vient du mot mûrier, qui fait référence à deux plantes fort différentes. Il peut référer à une ronce, Rubus fruticosus (qui produit des mûres des champs). De la famille des rosacées, cette plante généralement très épineuse est une proche parente du framboisier et forme un arbuste drageonnant avec de longues tiges arquées. C’est la plante que vous avez achetée. 

L’autre mûrier (Morus spp.) est un arbre. Il appartient à une autre famille (les Moracées), n’est pas épineux et ne ressemble nullement à une ronce. Par contre, ses fruits, qui peuvent être rouges, blancs ou noirs, selon l’espèce, ressemblent à celles des mûres des champs et oui, on les appelle bien mûres! Pour éviter toute confusion, je suggère d’appeler votre plante (R. fruticosus) ronce, même si les fruits que vous en récolterez n’ont pas d’autre nom que mûre.

Écailles d’œuf : d’utilité très limitée

Q Comment peut-on utiliser les écailles d’œufs dans le jardin, autre que pour éloigner les limaces? — Alice P.

R D’abord, la croyance qu’entourer une plante de coquilles d’œuf pour la protéger des limaces est un mythe. En fait, non seulement les limaces traversent facilement cette «barrière», mais des études prouvent que les coquilles les attirent en plus grand nombre, empirant la situation. 

Autrement, la seule autre utilité des coquilles d’œuf dans un jardin est de les réduire en poudre pour les ajouter au compost. Ou directement au sol si vous préférez. Les coquilles ne retournent pas grand-chose de très utile au sol, toutefois, étant surtout composées de calcium, un élément trouvé en abondance dans les sols de notre région. Éventuellement, elles pourraient faire baisser le pH d’un sol très acide, mais seulement minimalement. Il faut vraiment les réduire en une poudre très fine, sinon elles n’auront aucun effet avant très, très longtemps : il peut falloir des décennies, même des siècles, avant que les morceaux plus gros se décomposent. 

Les gens qui élèvent des poules, par contre, peuvent leur donner les coquilles à manger, car elles ont grand besoin de calcium pour former de nouveaux œufs. 

Des courges sur treillis

Q J’ai fait l’achat d’un plant de mini courge Butternut. Mon jardin n’est pas si grand et commence à être envahi par les longues tiges du plant.
Je commence à réaliser que cette courge n’avait rien de mini. Comment puis-je contrôler la croissance de ce légume? Est-ce préférable d’acheter un support afin d’y faire grimper les tiges? — Line Le Strat

On peut économiser l’espace en faisant monter les courges sur un treillis ou autre support.

  C’est exactement ce qu’il faut faire. Si certaines courges (notamment les courgettes ou zucchinis) poussent en rosette et sont dites buissonnantes, la vaste majorité a des tiges rampantes munies de vrilles. Avec un solide treillis, il est possible de faire monter les courges en hauteur. Vous épargnerez ainsi beaucoup d’espace au sol et, de plus, les fruits seront plus beaux, n’étant pas en contact avec le sol.

Des questions svp!

Vous pouvez nous joindre par courriel à courrierjardinierparesseux@yahoo.com

Par courrier à 

Le jardinier paresseux
Le Soleil
C.P. 1547, succ. Terminus
Québec (Québec)  G1K 7J6

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CALENDRIER HORTICOLE

L’hémérocalle, reine d’un jour

Le dimanche 29 juillet, le Domaine Joly-De Lotbinière vous invite à une journée dédiée aux hémérocalles, organisée en collaboration avec l’Association des amateurs d’hémérocalles du Québec. Vous apprendrez tout sur cette vivace si populaire! Heures : 10h à 16h. Adresse : 7015, route de Pointe Platon, Sainte-Croix (Québec). Info : 418 926-2462 ou www.domainejoly.com.

Créer ses propres hybrides d’hémérocalles

Le samedi 28 juillet à 10h il y aura une conférence gratuite intitulée Faire des hybrides d’hémérocalles dans son jardin de plantes avec Doris Coulombe. L’activité aura lieu chez Floralies Jouvence, 2020, avenue Jules-Verne, Québec. Info : horti-centre@floraliesjouvence.ca.

Pour toute activité horticole, écrivez-nous à courrierjardinierparesseux@yahoo.com.

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Entretien horticole à faire cette semaine

› Arrosez le potager le matin : le sol sera plus frais et alors l’eau aura moins tendance à s’évaporer.

› Si vous voyez des chrysomèles (coléoptères allongés striés ou pointillés) dans les courges et les concombres, faites-les tomber dans de l’eau savonneuse.

› Les plantes en bac et balconnière ont besoin de plus d’engrais que les plantes cultivées en pleine terre.

› Supprimez les vieilles tiges des framboisiers après la récolte pour laisser de l’espace aux jeunes tiges qui produiront l’an prochain.