Le big data est une matière première inépuisable, dont on connaît le potentiel sans toutefois avoir les capacités nécessaires afin de l’exploiter convenablement.

Les mégadonnées, un enjeu économique majeur

CHRONIQUE TECHNO / Connaissez-vous les mégadonnées, appelées communément le big data? Ce sont en fait des ensembles de bases de données si volumineuses qu’elles deviennent difficilement interprétables par l’humain et par la machine. En fait, tout ce qui est numérique peut servir le big data, et ainsi servir à des fins commerciales, sociologiques et scientifiques.

Le big data est engrossé quotidiennement de plusieurs trillions d’octets sous diverses formes. La moindre donnée transitant sur les réseaux peut nourrir la bête qui, par surcroît, possède un appétit sans fond. 

Les géants de l’Internet ont une longueur d’avance dans l’interprétation des données, mais nous en sommes tout de même qu’aux balbutiements de cette technologie. 

Le grand nombre de données dispersées à travers le monde via diverses méthodes d’entreposage, d’indexation et de langage empêchent actuellement l’exploitation à pleine capacité de ce flow continu.

Bien que le big data se veut un environnement de données décentralisé, il est par contre souvent utilisé en silo afin d’interpréter les informations précises récoltées localement par les entreprises. 

Google est un chef de file dans la récolte de données, grâce à sa plateforme Google Analytics, qui permet aux sites Internet d’avoir des statistiques précises d’achalandage en traçant ainsi un portrait des habitudes de navigations des utilisateurs. Lorsque vous magasinez quelque chose sur Internet, vous avez sûrement remarqué que dans les jours qui suivent, les publicités affichées concernent ce que vous avez magasiné précédemment. N’allez pas vous acheter un 6/49 pour rien, car ce n’est malheureusement pas le destin qui frappe, mais un algorithme savamment déployé afin de cibler vos habitudes de consommation en temps réel. 

Le big data est une matière première inépuisable, dont on connaît le potentiel sans toutefois avoir les capacités nécessaires afin de l’exploiter convenablement.

Le Québec, leader mondial?

La corrélation d’une masse critique de données interprétées par une puissance de calcul décentralisée sera au coeur de la révolution informatique du big data. Cet amalgame massif de données peine actuellement à être déchiffré, mais avec le développement de l’intelligence artificielle, il sera possible d’obtenir une utilisation plus poussée du concept en corroborant ensemble diverses informations jadis orphelines. 

Une puissance de calcul colossale sera évidemment nécessaire afin d’obtenir des résultats fiables et rapides. Nous assisterons probablement à la naissance de fermes composées de petits calculateurs similaires à ceux utilisés dans le minage de cryptomonnaie. Une bourse du big data verra le jour, convertissant ainsi la puissance de calcul en puissance économique. 

Le Québec, qui est déjà un chef de file dans le domaine de l’intelligence artificielle, pourrait devenir un leader mondial en la matière, avec son vaste réseau hydroélectrique, qui permet d’alimenter à faible coût les usines à calculs. 

Dans son éditorial du 24 mai 2017, le collègue Marc St-Hilaire suggérait d’ailleurs que le Québec devienne «la pépinière nord-américaine du big data». Ce Klondike technologique ne doit pas échapper aux Québécois, car il représente un enjeu majeur sur l’échiquier économique mondial. 

Par contre, le développement de l’intelligence artificielle apporte son lot d’inquiétudes à commencer par le contrôle de l’humain sur la machine. Est-ce que les machines, ayant la capacité d’apprentissage, seront en mesure de prendre des décisions favorisant d’autres machines au détriment de l’humain? 

Un peu comme HAL, l’ordinateur dans 2001, l’Odyssée de l’espace, les machines se protégeront-elles de l’humain ? 

Même si beaucoup d’entres-vous êtes déjà, en quelque sorte, esclave de la technologie, est-ce qu’un jour, le big data rendra l’humain véritablement l’esclave de la machine? 

Cette vision apocalyptique à la Terminator n’est pourtant pas si utopique, car nous devrons établir des limites à l’intelligence artificielle afin que la machine demeure une machine!  

Qui sait, un jour, vous serez peut-être au service de votre grille-pain!