La province compte cinq «sanctuaires nationaux», dont l’Oratoire Saint-Joseph.
La province compte cinq «sanctuaires nationaux», dont l’Oratoire Saint-Joseph.

Les lieux de culte, fers de lance du tourisme mondial

Yves Bergeras
Yves Bergeras
Le Droit
Aux quatre coins de la planète, le tourisme religieux est un moteur touristique de première importance, rappelle l’Association du tourisme religieux et spirituel du Québec (ATRSQ), un des deux organismes derrière la tenue des Journées du patrimoine religieux (JPR).

Le tourisme religieux n’est pas seulement «la plus ancienne forme de tourisme au monde», note le président de l’ATRSQ, Michel Couturier en référence à ces «hauts lieux de pèlerinage» que sont Lourdes, Compostelle ou La Mecque. Cette forme de tourisme est aussi, «depuis au moins une dizaine d’années», un moteur touristique de premier plan, soutient-il.

On estime à 330 millions le nombre de touristes religieux dans le monde en 2014, et ce nombre devait doubler cette année, pour atteindre 660 millions, avance M. Couturier, qui tient ses chiffres de l’Organisation mondiale du tourisme.

«Évidemment, la pandémie de COVID a ralenti cette projection, tempère-t-il, mais ce n’est que partie remise» et les projections montrent qu’on atteindra un milliard de visiteurs de lieux de culte d’ici quelques années, poursuit-il, confiant.

«C’est vraiment un secteur en pleine croissance. Et une tendance qui se manifeste depuis une bonne dizaine d’années.»

Un milliard de touristes religieux
Le Québec n’est pas en reste.


« Le tourisme religieux, poursuit-il, est devenu un must à Montréal et Québec. »
Michel Couturier

La province compte cinq «sanctuaires nationaux», dont l’Oratoire Saint-Joseph à Montréal et Sainte-Anne-de-Beaupré dans la région de Québec, qui à eux cinq «attirent deux millions de visiteurs» par année, calcule Michel Couturier.

Le responsable de l’ATRSQ se réjouit de ce que 39% de cette clientèle provienne de l’extérieur du Québec, et 26% de l’extérieur du Canada. Et ces visiteurs se traduisent par «des retombées économiques plus importantes que [le secteur des] croisières.»

«Le tourisme religieux, poursuit-il, est devenu un must à Montréal et Québec.» Les Journées du patrimoine religieux sont organisées à Montréal depuis 2018. Elles connaîtront leur première édition panquébécoise, les 12 et 13 septembre.

La cathédrale Sainte-Anne-de-Beaupré dans la région de Québec

Un sondage réalisé en juillet 2020, peu après la réouverture des églises, montre que 30 % des Québécois avaient visité au moins un site religieux ou spirituel au cours des 24 mois précédents.

Ce sondage mené par Événements Attraction Québec en partenariat avec Segma recherche, fait aussi ressortir que 22% des Québécois «actifs» comptaient «très probablement» visiter un lieu de culte au cours de la période estivale (moyenne pondérée tenant compte des 45% de Québécois pour qui cette probabilité était quasi nulle).

«En contexte de pandémie, les lieux du patrimoine religieux sont très bien positionnés», fait valoir Olivier Lapierre, le conseiller aux relations citoyennes et responsable des relations média pour les Journées du patrimoine religieux. «Spacieux et aérés; ils sont calmes et agréables à regarder, grâce à la créativité et l’ingéniosité des architectes et artistes qui en font des œuvres magnifiques. Et ils sont enrichissants sur le plan éducatif et historique.»

Circuits touristiques sacrés
L’ATRSQ aussi est en pleine expansion. Ce tout jeune organisme ne comptait que neuf membres, lors de sa fondation, il y a un an et demi. «Notre association regroupe plus de 40 membres aujourd’hui; ça va très vite!» se réjouit Michel Couturier.

L’ATRSQ travaille actuellement sur le développement de circuits régionaux à saveur religieuse organisés dans différentes régions de la province. Des circuits grâce auxquels on peut papillonner «d’un sanctuaire à l’autre» et que promeut le site web de l’ATRSQ.

Développer de tels circuits en Outaouais fait d’ailleurs partie des plans à court terme de l’association, assure le président Couturier.

Les JPR nous «permettent d’offrir une belle vitrine à nos ‘régions émergentes’. L’Outaouais est considérée comme une «région émergente», aux yeux de l’association, par contraste avec Montréal, Québec, la Mauricie ou le Lac-Saint-Jean, «où il y a déjà beaucoup de choses» – lieux sacrés, sites d’intérêt et autres circuits bien structurés liés au patrimoine religieux.

Seules cinq églises participent en Outaouais à ces toutes premières Journées du patrimoine religieux. Mais même si ce chiffre peut paraître timide, la région n’est pas à la traîne, en termes de participation. «Elle se retrouve en milieu de peloton», observe Michel Couturier. «Cinq sanctuaires, c’est une bonne performance, pour une première année.»

Sur les 138 sites religieux offrant des visites, concerts et activités, ces 12 et 13 septembre, la région la plus active est la Montérégie (avec 31 sites), devant Montréal et Québec.

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L’Outaouais, en 50 lieux de culte

À l’occasion des Journées du patrimoine religieux, Tourisme Outaouais fait, sur Internet, la promotion d’une «route thématique», intitulée Églises et confessions, qui facilite l’élaboration d’un itinéraire à travers une cinquantaine de lieux de culte disséminés en Outaouais. On peut consulter ce guide via le site Réseau Patrimoine (reseaupatrimoine.ca), qui propose d’explorer les richesses de l’Outaouais à travers six circuits thématiques», autour du patrimoine bâti, culturel ou religieux de la région.