La fleuriste Élodie Bourgoin dans la boutique qui porte son prénom, dans les Galeries gourmandes des Galeries de la Capitale.

Les leçons d’une fleuriste globe-trotteuse

Par amour des fleurs, Élodie Bourgoin a fait le tour du monde. La Thaïlande, la Colombie, l’Iran, l’Afrique du Sud, sans parler de l’Europe et de l’Amérique. Cette Française au titre de «maître artisan fleuriste» a côtoyé de grands noms de son industrie et d’ailleurs, dont Lady Gaga. Aujourd’hui, elle plante ses racines au Québec, un terreau fertile, selon elle, pour lancer son entreprise de création florale écoresponsable. À quelques jours de la Saint-Valentin, rencontre avec une fleuriste plus verte que rose.

Dans la boutique Élodie Fleuriste (dans les Galeries gourmandes des Galeries de la Capitale), des plantes en pots reposent sur les tablettes, trois ou quatre paniers de tulipes sur une table. Mais aucun frigo. Surtout pas.

«On fait des arrivages en plus petites quantités, mais plus réguliers. Avec les distances, ça prend du temps aller chez les producteurs. Mais je le fais parce que j’ai des produits de meilleure qualité. Mes tulipes fraîches, elles tiennent 10 jours en vase!» lance-t-elle fièrement.

À 36 ans, elle raconte comment son expérience autour du monde l’a amenée à repenser son métier. À voir plus près pour rêver plus loin. «Il faut revenir à une économie à l’échelle humaine. Le message est clair : il faut une consommation raisonnée et travailler la fleur locale de manière écoresponsable.»

Le luxe et le repos

Élodie ne renie pas pour autant ses années passées auprès de grands noms du milieu. Au contraire.

Elle a été formée dans une grande école française d’art floral, a fait des stages en Angleterre et aux États-Unis. Puis elle a obtenu un poste chez le réputé Thierry Boutemy, à Bruxelles. Elle y a découvert le travail de fleuriste événementiel. «Un métier stressant et exigeant, mais tellement génial du côté créatif!»

Elle a participé de diverses façons à de grands projets : une expo devant la reine Élisabeth II, le lancement d’un parfum de Dior, des mariages de grandes familles fortunées, des défilés de mode, une séance photo de la chanteuse Lady Gaga par le photographe des stars Mario Testino pour le magazine Vogue. Et d’autres projets pour lesquels elle a signé des accords de confidentialité…

Après des années à ce rythme, elle s’est offert une sabbatique, le temps de faire le tour des festivals de fleurs du monde. En Thaïlande, elle a appris la sculpture végétale auprès de moines bouddhistes. En Colombie, elle a été accueillie par des silleteros (vendeurs de fleurs locaux). En Afrique du Sud, elle a passé trois semaines dans une tribu zouloue qui lui a enseigné le tissage africain. Pour finir, elle a assisté au festival de l’eau de rose à Ghamsar, en Iran.

Grâce à papa

Si Élodie s’est ensuite établie au Québec en 2014, c’est avant tout pour suivre son conjoint, un musicien français qui étudiait à l’Université Laval.

Elle confie avoir trouvé ici une «belle communauté horticole». «Je fais ce métier parce que j’aime travailler avec ces gens. Et toutes ces années à faire de l’événementiel, des mariages et à improviser m’ont stimulée et aidée à développer mon style.»

C’est toutefois son père qui lui a donné la passion des fleurs. «Quand j’étais enfant, je jardinais avec mon père. Mais jamais rien ne poussait. C’était vraiment fou. Jamais! Mon métier est né d’une frustration. Je me suis dit que quand je serais grande, je serais fleuriste!» explique-t-elle.

Un jour, son père lui a raconté la vérité : elle était si pressée de voir pousser les fleurs qu’elle allait gratter la terre à leur recherche. Du coup, elle déracinait les plantes et tuait toutes les chances de les voir éclore.

Elle s’est reprise depuis.

Info : elodiefleuriste.com


En Afrique du Sud, Élodie Bourgoin a passé trois semaines dans une tribu zouloue qui lui a enseigné un type de tissage africain.
Au festival de l’eau de rose à Ghamsar, en Iran.
Apprendre le tissage de paniers en Thaïlande.