L’église Saint-Alphonse-de-Liguori, à L’Isle-aux-Allumettes
L’église Saint-Alphonse-de-Liguori, à L’Isle-aux-Allumettes

Les églises du Québec en mode séduction

Yves Bergeras
Yves Bergeras
Le Droit
La toute première édition panquébécoise des Journées du patrimoine religieux (JPR) se déroule ces 12 et 13 septembre, sous le thème «ouvrir, faire connaître et valoriser» – en référence à ces lieux de cultes qui furent longtemps le ciment de la société québécoise, et qui sont aujourd’hui désaffectés, voire oubliés.

Quelque 85 villes et villages y participent cette année, offrant une mosaïque de 138 lieux de culte à (re)découvrir et visiter. Des lieux à l’architecture exceptionnelle, et où sont organisés ce week-end des visites guidées, voire des concerts, des causeries et des expositions (tout en tenant compte des contraintes sanitaires et de distanciation sociale), histoire d’attirer fidèles ou simples curieux.

En Outaouais, cinq églises participent aux JPR, dont Notre-Dame-de-la-Guadeloupe et Saint-François-de-Sales, à Gatineau. L’église Sainte-Angélique de Papineauville, l’église Saint-Stephen, à Chelsea, et l’église Saint-Alphonse-de-Liguori, du côté de L’Isle-aux-Allumettes, complètent l’offre.

L’église Saint-Alphonse-de-Liguori, à L’Isle-aux-Allumettes

Le site Internet de l’événement (journeesdupatrimoinereligieux.ca) propose une fiche signalétique de chacun des 138 lieux de culte. On peut y voir son âge et le nom de l’architecte qui a érigé le sanctuaire religieux, obtenir l’horaire des activités qui y sont proposées pour la fin de semaine, repérer son emplacement précis et préparer un itinéraire; le tout, accompagné de moult photographies mettant bien en valeur ses attraits architecturaux.

Un héritage à se réapproprier

Les JPR ont vu le jour à Montréal, où se sont tenues en 2018 et 2019 deux éditions au succès retentissant.

L’événement est chapeauté par le Conseil du patrimoine religieux du Québec (CPRQ) et l’Association du tourisme religieux et spirituel du Québec (ATRSQ).

« Cet important événement de mise en valeur est l’occasion de manifester votre attachement au patrimoine», suggère la présidente du conseil d’administration du CPRQ, Josée Grandmont.

L’objectif des JPR est de donner «l’opportunité de s’approprier» ce patrimoine religieux parfois menacé de disparition «et de mieux connaître et apprécier ses multiples caractéristiques artistiques, historiques et architecturales».

«Le patrimoine religieux québécois est riche et abondant», dit-elle en reconnaissant que «cet héritage [est] parfois peu accessible». Outre «la découverte de votre histoire», de telles visites favoriseront aussi la «contemplation» et l’«émerveillement», soutient-elle.

Son événement est tout ce qu’il y a de plus inclusif: toutes les traditions et confessions religieuses sont acceptées (ce qui ne transparaît pas en Outaouais, où les cinq sanctuaires qui se sont portés volontaires sont exclusivement catholiques) et même les lieux transformés, qui auraient perdu leur vocation spirituelle.

Toutes les activités sont gratuites... mais les lieux recueillent les dons.

«En ces temps où les Québécois se trouvent plus que jamais au Québec, l’événement tombe à point pour bonifier l’offre du tourisme local et régional», ajoute le CPRQ.