Le rosier grimpant rustique ‘John Cabot’ est probablement le rosier arbustif le plus connu.

Les 10 secrets pour réussir les rosiers rustiques

Les rosiers sont toujours aussi populaires dans les jardins québécois, mais nous ne cultivons plus les mêmes variétés qu’il y a 40 ans. Les rosiers buissons (hybrides de thé, grandifloras et floribundas), jolis mais capricieux, n’ont plus la cote. On leur préfère aujourd’hui les rosiers arbustifs. Et tant mieux, car ils sont de culture nettement plus facile que les rosiers buisson et surtout, beaucoup plus résistants au froid.

Comment les réussir

Voici quelques trucs pour bien réussir les rosiers rustiques.

N’achetez que les rosiers rustiques cultivés sur leurs propres racines. Les rosiers greffés, pourtant encore vendus dans la région, sont mal adaptés au climat et tendent à mourir sans crier gare. Les rosiers poussant sur leurs propres racines sont beaucoup plus solides.

Préférez des variétés résistantes aux maladies, souvent le cas des rosiers modernes. Certains portent même un nom laissant entendre leur facilité, comme ceux des séries OSO Easy et Carefree. Demandez conseil au vendeur avant d’acheter.

Rosa ‘Oscar Peterson’

Trouvez le bon emplacement. Il faut beaucoup de soleil et aussi un sol riche et bien drainé. On peut quand même très bien réussir des rosiers dans un sol glaiseux ou sablonneux à condition d’y incorporer beaucoup de compost pour l’alléger. 

Plantez quand cela vous tente. De nos jours, la plupart des rosiers sont vendus en pot et l’on peut les planter en toute saison, du printemps à l’automne. Oui, même en plein été! Si vous plantez en pleine canicule, par contre, assurez-vous de très bien les arroser. 

Plantez bien. Le trou doit être deux ou trois fois plus large que la motte de racines et aussi profonde. Centrez la plante dans son trou et appliquez des mycorhizes sur les racines. Remplissez le trou de terre, mais à moitié seulement, arrosez bien, puis, quand toute l’eau est absorbée, comblez le trou complètement, tassez légèrement et arrosez de nouveau. Cet arrosage en deux étapes assure que les racines du fond de la motte en reçoivent leur part. Finissez par une application de paillis. Aucun engrais de transplantation n’est nécessaire ni souhaitable.

Fertilisez bien après l’établissement. Les rosiers sont gourmands, alors il faut les fertiliser une fois qu’ils sont bien établis. On peut appliquer un engrais biologique de type fumier de poule mensuellement, par exemple, de la fin de mai au début de l’automne, ou après chaque bourrée de fleurs.

Arrosez convenablement. Les rosiers aiment un sol qui est toujours un peu humide. Quand la pluie manque, donc, arrosez, toujours en profondeur (des arrosages superficiels ne servent strictement à rien). Si possible, arrosez sans humidifier le feuillage, car cela stimule les maladies. À cette fin, un tuyau suintant est idéal, car il mouille seulement le sol. Le paillis aide à maintenir une humidité adéquate.

Taillez convenablement. Au printemps, supprimez toute branche morte ou brisée et éliminez un tiers des vieilles branches. Vous pouvez aussi supprimer les fleurs fanées pendant la saison, mais alors, vous manquerez les beaux fruits qui décorent les rosiers l’automne et l’hiver et qui attirent les oiseaux au jardin!

Surveillez les ennemis. Si les maladies sont désormais rares chez les rosiers modernes, on n’a pas encore développé un rosier résistant aux insectes! Surveillez les pucerons, les araignées rouges et les tenthrèdes et traitez au besoin avec un insecticide biologique. Les scarabées du rosier (et dans d’autres régions, les scarabées japonais), heureusement très localisés, causent des dégâts terribles : ramassez-les à la main et déposez-les dans de l’eau savonneuse.

Aucune protection hivernale. Pour les rosiers arbustifs modernes, la protection hivernale n’est tout simplement plus nécessaire.

Bon succès avec tous vos rosiers!

*

RÉPONSES À VOS QUESTIONS

Des ratons laveurs sur le balcon?

Q J’ai des jardinières de balcon dans lesquelles j’ai des fines herbes, de la laitue, des géraniums et une sansevière. Depuis une semaine, chaque matin, j’ai des plants complètement déracinés, des trous dans la terre, les petites pousses de laitue écrasées. Je ne vois jamais de chats ou d’écureuils sur ma galerie durant le jour. Est-ce que c’est possible que ce soit des écureuils qui font ces ravages pendant la nuit? J’ai mis des fourchettes en plastique piquées à l’envers, des écorces d’agrumes, mais ça n’a pas empêché les dégâts. — Diane Charuest 

R Les écureuils ne sont pas actifs la nuit. Je crois plutôt qu’il s’agit de ratons laveurs, dont il semble y avoir une recrudescence cette année dans la région de Québec. 

Le raton laveur, nocturne, peut se rendre presque n’importe où sur nos terrains et fait parfois de gros dégâts.

On dirait qu’ils deviennent de plus en plus urbains. Ils sont capables de monter sans difficulté sur les balcons par un poteau de support ou une descente de gouttière. Ils peuvent même escalader un mur de brique et de bois. Ils aiment bien fouiller dans les pots et déraciner les plantes à la recherche de vers et d’asticots. Il existe des dizaines de trucs pour éloigner les ratons laveurs : cheveux humains, éclairage fort, répulsif à base d’urine de coyote, objets qui bougent, etc. Aucun ne fonctionnera véritablement : cet animal est particulièrement ingénieux et apprendra vite qu’il n’y a pas de problème véritable. Il vous faudrait convertir votre balcon en cage solidement installée avec aucun espace où l’animal peut pénétrer si vous voulez vraiment avoir la paix.

Un insecte nuisible fraîchement arrivé d’Eurasie

Q Nous avons une haie de barbes de bouc devant la maison. Elle était déjà là lors de l’achat de la résidence en 2008. L’été dernier, de petites chenilles vertes ont mangé presque toutes les feuilles, ne laissant que les nervures. Le même scénario se répète cette année. Je vous joins une photo des «coupables». Qu’est-ce qu’on peut faire contre eux? — Julie Nadeau

La tenthrède ou mouche à scie de la barbe-de-bouc (deux sont visibles dans la photo) consomme les feuilles de la barbe-de-bouc.

R La barbe-de-bouc (Aruncus dioicus), l’une des plus grandes vivaces couramment cultivées, a la réputation d’être à l’épreuve des insectes et des maladies. Habituellement, c’est une excellente vivace qui ne cause pas d’ennuis à ses propriétaires. Ou du moins, c’était le cas jusqu’à récemment. 

Un rapport publié l’automne dernier annonçait l’arrivée d’un nouvel insecte au Québec, et d’ailleurs, en Amérique! C’est la mouche à scie de la barbe-de-bouc (Nematus spiraeae), aussi appelée tenthrède de la barbe-de-bouc. Originaire de l’Eurasie, elle a été répertoriée pour la première fois à Stoneham en 2016 et est peut-être déjà dans la région depuis environ quatre ou cinq ans. Les larves ressemblent à des chenilles vertes, mais ce sont en fait de fausses chenilles. Elles mangent le limbe des feuilles, ne laissant que des nervures. L’adulte est une petite mouche assez anodine. Des traitements au pyrèthre peuvent en venir à bout, mais idéalement il faudrait commencer aux premiers signes d’infestation. On peut aussi récolter les larves à la main et les déposer dans un pot d’eau savonneuse.

Des questions svp!

Vous pouvez nous joindre par courriel à courrierjardinier
paresseux@yahoo.com

Par courrier à 

Le jardinier paresseux
Le Soleil
C.P. 1547, succ. Terminus
Québec (Québec)  G1K 7J6

*

CALENDRIER HORTICOLE

Précieuses légumineuses

La Société des Amis du Jardin Van den Hende offre une conférence intitulée Précieuses légumineuses : regard sur une famille très diversifiée avec Louis Lévesque. Elle aura lieu le dimanche 22 juillet à 10h dans la salle de conférence de la jardinerie Floralies Jouvence, 2020, avenue Jules-Verne, Québec. Coût : 5$ pour les non-membres.

Pour toute activité horticole, écrivez-nous à courrierjardinierparesseux@yahoo.com.

*

Entretien horticole à faire cette semaine

› Ce qui cause le fendillement des tomates est l’arrosage en dents de scie. Assurez un arrosage égal pour des tomates parfaites.

› Récoltez et séchez les feuilles des fines herbes quand elles sont à leurs plus savoureuses, habituellement entre la mi-juillet et la fin d’août. 

› Récoltez les haricots à mesure qu’ils mûrissent pour stimuler la plante à en produire d’autres.

› Recouvrez les petits fruits d’un filet protecteur quand leur mûrissement approche, sinon ce sont les oiseaux qui vont s’en régaler plutôt que votre famille!