Les journalistes ont pu découvrir les nouveaux locaux du département informatique du Cégep de Jonquière, mardi.

L’ère du pitonneux solitaire révolue

CHRONIQUE / Le département informatique du Cégep de Jonquière inaugurait, mardi, ses toutes nouvelles installations. Il est intéressant de constater la philosophie actuelle des établissements d’enseignement par rapport à l’informatique, qui fut, trop longtemps, le repaire des nerds solitaires.

L’informatique sociale

Les nouveaux locaux hébergent des espaces collaboratifs munis de grands tableaux blancs, pour favoriser la planification des projets. Les étudiants se familiarisent ainsi avec le travail d’équipe, la clé dans la réussite d’un projet informatique.

De nos jours, l’informaticien n’est plus isolé dans sa bulle de verre. Il est désormais un pilier essentiel dans le développement des entreprises, et c’est pour cela que les étudiants doivent maîtriser certaines aptitudes sociales. Le travail d’équipe permet de dégourdir socialement les plus timides, en leur donnant les outils nécessaires, non seulement au niveau technique, mais aussi au niveau humain.

L’informatique adaptée

La formation se veut très généraliste, tout en étant fort adaptée aux réalités des entreprises reléguant aux oubliettes l’époque où l’on offrait une éducation formatée dans un cadre restreint.

Avec la pénurie de main-d’oeuvre, il serait facile pour les établissements d’enseignement de « s’asseoir sur leur steak » et de n’offrir que le minimum aux élèves, laissant aux entreprises le soin de s’occuper du reste. Ce que j’ai pu constater, c’est tout à fait le contraire, c’est-à-dire que le réel désir de l’établissement d’enseignement est d’offrir une formation adaptée à la réalité d’aujourd’hui, mais aussi à celle d’hier et de demain !

C’est bien beau être à la fine pointe de la technologie, mais beaucoup d’entreprises possèdent encore de vieux systèmes, qui datent parfois de plusieurs décennies et dont la pérennité se doit d’être assurée par la relève, ce qui représente tout un défi en soi. Qu’à cela ne tienne, les technologies vétustes et leurs dialectes logiciels sont tout de même enseignés afin de pallier ce besoin.

L’obsolescence rapide

Il est évident qu’à l’an un du cycle de vie de ce tout nouvel environnement éducatif, les équipements sont à la fine pointe de la technologie, mais ceux-ci peuvent devenir rapidement obsolètes. Il est donc nécessaire de prévoir des investissements sur une base régulière afin de ne pas sombrer dans la désuétude.

Les journalistes étaient invités à disputer une partie d’Overwatch, un jeu de tir en vue subjective, jeudi.

La fine pointe de la technologie est éphémère et devient même parfois très rapidement risible, en raison de certains virages adoptés par l’industrie. C’est pour cela que les établissements d’enseignement doivent délier les cordons de la bourse continuellement, et non pas une fois aux 10 ou 15 ans, parce que le talon d’Achille de ce type de programme est l’obsolescence technologique.

Par contre, le parcours éducatif ne doit pas être un « ego trip » technologique du corps professoral. Il doit maintenir sa mission première, qui est de fournir de la main-d’oeuvre qualifiée sur le marché du travail.

J’espère que de beaux locaux propres et ergonomiques suscitent suffisamment d’intérêt afin d’augmenter le nombre de femmes dans ce domaine monopolisé, encore aujourd’hui, par une majorité écrasante d’hommes. Devrions-nous offrir des cours d’informatique spécialement adaptés aux filles au secondaire ?

Les eSports

J’ai de la misère à saisir tout l’engouement entourant les compétitions de jeux vidéo et le fait que la notion d’« athlète » soit utilisée. Dans mon temps, les compétitions de jeux vidéo se limitaient à des tournois de NHL94 avec de la bière bas de gamme et des Cheetos, rien de trop sportif, d’autant plus que le champion du tournoi était souvent celui qui avait le meilleur foie !

Pourquoi ce passe-temps de salon pourrait-il avoir sa place au même titre que les grandes compétitions sportives ? Parce que les joueurs de pointe ont des aptitudes exceptionnelles. Pour se rendre dans l’élite, il faut de la pratique et une discipline qui va bien au-delà de l’occasionnel passe-temps de salon.

La popularité des compétitions de eSports est indéniable. Les stades remplis et l’auditoire gigantesque sur les sites de diffusion tels YouTube et Twitch ont de quoi faire saliver les plus grandes ligues de sports professionnels de la planète.

J’ai d’ailleurs participé à une petite partie amicale du jeu Overwatch en compagnie de quelques membres des médias ainsi que des joueurs des Gaillards du Cégep de Jonquière qui font partie de la fédération québécoise des sports électroniques. Je vais m’abstenir de vous parler de ma performance, mais je peux vous dire que les décors du jeu étaient très bucoliques, du moins le peu de temps que je pouvais rester en vie !

Les eSports, c’est du sérieux, au même titre que les autres sports collégiaux. Les étudiants doivent faire preuve de discipline et de rigueur académique afin de demeurer dans l’équipe, sauf qu’ici, nous n’avons pas affaire avec le moule traditionnel de l’athlète, même si le jeu vidéo demande des aptitudes particulières.

Nous assisterons un jour à des compétitions olympiques de jeux vidéo que je regarderai probablement assis dans mon salon avec de la bière bas de gamme et des Cheetos, en souvenir du bon vieux temps !