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Steeve Fortin
Le Quotidien
Steeve Fortin
Le défi a été grand pour les travailleurs en informatique de connecter les employés en télétravail.
Le défi a été grand pour les travailleurs en informatique de connecter les employés en télétravail.

Les héros obscurs de la crise

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CHRONIQUE / Voilà maintenant une année complète que cette foutue crise sanitaire chamboule la planète. Tandis que le système de santé et ses anges gardiens sont sous les projecteurs, des héros obscurs travaillent d’arrache-pied afin de permettre à l’économie de garder la tête hors de l’eau. Depuis un an maintenant, les travailleurs de l’informatique multiplient efforts et ingéniosité afin de permettre à la population de travailler à domicile ou de magasiner en ligne.

Vous allez dire que je prêche pour ma paroisse et vous avez entièrement raison, mais si ce n’est pas moi qui traite de ce sujet via cette tribune, personne ne va en parler parce que l’informaticien ou l’informaticienne est un spécimen souvent introverti qui fuit les projecteurs. Je ne veux aucunement minimiser les efforts colossaux des employés du système de santé, je veux simplement lever mon chapeau à mes collègues du milieu des technologies de l’information.

Tout le monde dehors

Le 12 mars 2020 marque le 40e anniversaire de ma sœur, mais cette journée restera dans l’imaginaire collectif comme étant le point de départ de cette crise sanitaire avec la conférence presse du premier ministre François Legault. Tu parles d’une journée pour fêter son 40e !

À la suite de cette fameuse conférence de presse, notre département informatique est passé en mode état d’urgence, et à ce moment, nous savions pertinemment que le télétravail deviendrait la bouée de sauvetage pour maintenir les opérations. Les systèmes informatiques ne sont pas prêts pour envoyer tous les départements simultanément en télétravail. D’autant plus que nous étions alors en phase test d’un nouveau système téléphonique adapté justement au télétravail, mais définitivement pas prêt pour un déploiement. En période de crise, le travail d’équipe est primordial afin d’optimiser les tâches versus le temps qui est compté. Ce sont dans ces situations que l’on se rend compte à quel point nos collègues sont compétents et dévoués.

Dans la semaine qui suit la fameuse conférence de presse du premier ministre, les journées sont longues et les nuits sont tout le contraire. En effet, en moins d’une semaine, tous les employés sont placés en télétravail et le système téléphonique est fonctionnel, un véritable tour de force. Cette semaine-là, j’ai passé quelques nuits au journal à tenter de rendre possible l’impossible, tout ça afin que l’entreprise puisse poursuivre ses activités le plus normalement possible.

Que dire du travail colossal de Rémi Villeneuve, le conseiller informatique au Quotidien, qui a préparé en un temps record la quasi-totalité des postes de travail afin qu’ils puissent être fonctionnels en dehors des murs de la Maison de la presse, tout ça en devant évidemment composer avec l’ego de chacun ! Cette réalité vécue au journal Le Quotidien est similaire à celle de bon nombre de ressources informatiques à travers le monde, le dévouement envers autrui étant primordial dans ce domaine. Je sais très bien que l’interaction sociale n’est souvent pas la qualité première des gens d’informatique, mais sachez que derrière l’air bête se cache quelqu’un qui a à cœur le fonctionnement de l’entreprise !

Le positif du négatif

Avec le recul, je garde un bon souvenir de cette période exceptionnelle où, pour la première fois de ma vie d’adulte, je pouvais sentir ce qu’est la véritable solidarité. Il y avait une effervescence dans l’air où, du jour au lendemain, on se rendait compte de l’importance du personnel des épiceries, des pharmacies et des services essentiels. Du jour au lendemain, les remerciements instinctifs laissent la place à ceux réellement sincères, droit dans les yeux. Cette éphémère prise de conscience collective est probablement ce qu’il y a de plus beau à retenir de cette crise, ce désir de se protéger en tant que peuple contre l’invisible envahisseur, cette résilience muée par la sincérité des actes de tous. Avec le recul, ce sont des semaines où j’ai appris à connaître ma fille, à découvrir que je suis nul pour faire du pain, à prendre le temps d’apprécier chaque chose, aussi banale soit-elle.