Du coup de circuit à la fausse balle pour Apple [VIDÉO]

CHRONIQUE / Le succès de Netflix est indéniable et plusieurs gros joueurs ont tardé à réagir. Novembre 2019 marque l’entrée en scène de deux géants aux poches profondes, soit Apple et Disney. J’ai essayé pour vous Apple TV+ ainsi qu’Apple Arcade, deux nouveaux services par abonnements disponibles depuis peu. Est-ce que le géant californien délaisse peu à peu sa vocation de fabricant de matériel pour celle de fournisseur de services ?

Apple Arcade : le coup de circuit

L’avenir du jeu vidéo passe par les abonnements mensuels et Apple ne veut certes pas manquer le navire d’autant plus que le iPhone constitue une porte d’entrée incroyable à ce type de services. Apple arcade offre la possibilité d’inclure jusqu’à six membres d’une même famille pour une seule mensualité de 5,99 $.

Le choix de jeux est varié et le catalogue prendra de l’ampleur au fil du temps. L’inconvénient, s’il en est un, c’est que vous devez avoir un appareil Apple dont le système d’exploitation est de dernière génération, ce qui a pour incidence directe une exclusion d’un bon nombre de « vétustes » machines. Cette ségrégation technologique assure du même coup qu’une majorité des jeux disponibles soient performants et stables sur toutes les plates-formes disponibles.

Apple Arcade est ce chaînon manquant qui permet au iPhone d’être plus que jamais la référence dans le domaine du jeu vidéo portatif. L’expérience ludique peut aussi se transporter sur un téléviseur via un Apple Tv HD ou 4K . Il est également possible de connecter une manette de PlayStation 4 ou Xbox One sur votre téléphone, tablette, Apple Tv ou ordinateur afin que l’expérience de jeu soit plus simple et agréable.

• Apple Arcade : 5,99 $/mois

• Disponible pour les appareils sous iOS 13, iPad Os 13, tvOS 13 et macOS Catalina.

Apple Arcade propose un peu moins d’une centaine de titres pour 5,99 $/mois  et est disponible seulement pour les appareils Apple munis des dernières versions de leurs systèmes d’exploitation respectifs.

Apple TV+ : la fausse balle

Je dois vous avouer que j’étais fébrile d’essayer le nouveau service de vidéo en continu Apple TV+, d’autant plus que nous avons droit à une belle semaine d’essai gratuit, ce qui est probablement suffisant pour en rendre théoriquement accro plus d’un !

J’ai installé l’application sur un simple Firestick d’Amazon qui transforme ce dernier en émule d’Apple TV classique. C’est tout un revirement de situation étant donné que dans l’ADN d’Apple il n’est certes pas légion de s’ouvrir ainsi au matériel tiers, car l’application est également disponible sur PC, Roku et certains téléviseurs connectés Samsung. Cette stratégie a pour but d’atteindre le plus grand nombre d’utilisateurs possible dès le lancement. L’application permet de réunir tout le contenu des sites de diffusion en continu dont vous êtes abonnés, dont évidemment Apple TV+.

La première chose qui saute aux yeux dès nos premiers pas avec la nouvelle « patente » d’Apple est le manque flagrant de contenu. J’avais l’impression que je ne naviguais pas dans le bon menu tellement l’offre est mince. Le contenu offert est composé uniquement d’exclusivités spécialement produites par le géant à la pomme dont la trésorerie semble sans fond, mais est-ce suffisant pour garder le public captif ?

Pour des mensualités de 5,99 $, l’offre est alléchante, mais dans ce domaine la diversité du contenu est roi d’autant plus que Netflix, Amazon et Disney proposent des catalogues beaucoup mieux garnis.

Comble de malheur, la majorité des séries proposées par Apple ne comptent que trois épisodes chacune au lancement, ajoutant un nouvel épisode chaque semaine. On se croirait des décennies en arrière !

Le contenu disponible est toutefois de bonne qualité et les deux séries que j’ai commencées étaient tout de même bonnes, mais je ne suis certes pas critique télévisuel ! Pour ajouter l’insulte à l’injure, lorsque vous naviguez dans le mince catalogue Apple TV+, on vous suggère du contenu similaire à ce que vous avez regardé, un peu comme le font tous les compétiteurs, sauf que dans ce cas-ci, le contenu proposé par Apple est payant via le service d’achat ou de locations de films iTunes, ce qui est inadmissible de nos jours. Est-ce qu’Apple TV+ Plus a été lancé trop rapidement afin de contrer le raz-de-marée que va probablement faire Disney avec sa chaîne qui sera disponible dans les prochains jours ?

• Apple TV+ : 5,99 $/mois ou gratuit à l’achat d’un appareil Apple pendant un an

Lorsque vous naviguez dans le mince catalogue Apple TV+, on vous suggère du contenu similaire à ce que vous avez regardé, un peu comme le font tous les compétiteurs.
Sauf que dans ce cas-ci, le contenu proposé par Apple est payant via le service d’achats ou de locations de films iTunes, ce qui est inadmissible de nos jours.

Et la culture locale dans tout ça ?

Nous sommes forcés de constater que les consommateurs qui, depuis quelques années, ont migré, tout d’abord par mesure économique, de la télévision conventionnelle vers les plateformes de diffusion en continu ont désormais l’embarras du choix. Or toute cette multiplication de services amène également une multiplication des abonnements, ce qui peut vite faire grimper la facture bien au-delà de ce que pouvait coûter le câble traditionnel.

Du coup, à chaque nouveau joueur étranger qui vient s’imposer dans le paysage culturel québécois, c’est une partie de notre patrimoine qui s’effrite, ce sont les artisans, les créateurs et les diffuseurs qui perdent peu à peu ce privilège que nous avions d’être maîtres chez nous.

Cet apport boulimique de contenu ressemble étrangement à la démocratisation de la restauration rapide dans les années 1970-1980, c’est-à-dire une standardisation du menu, télévisuel cette fois-ci. Sur une échelle planétaire, d’Oslo à Chibougamau nous sommes désormais gavés par toute cette masse télévisuelle qui se situe trop souvent à des lieues de la réalité culturelle locale. Un jour, souffrirons-nous d’embonpoint culturel ? Un jour, y aura-t-il encore des artisans qui auront les moyens de raconter nos histoires à nous ?