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Isabelle Pion
La Tribune
Isabelle Pion
La popularité du ski de fond explose cette année au Québec, et l’Estrie n’échappe pas à cette tendance.
La popularité du ski de fond explose cette année au Québec, et l’Estrie n’échappe pas à cette tendance.

Le ski de fond pour les nuls... comme moi

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CHRONIQUE / Je l’admets, j’en suis. De toutes ces personnes qui se sont ruées sur les équipements de ski de fond en octobre. J’y pensais depuis au moins trois ans, question de diversifier mes activités hivernales, moins variées que celles pratiquées en été. Et quand j’ai lu dans un magazine qu’une kyrielle d’équipements de sports risquaient d’être en pénurie, je suis passée à l’acte.

Je me suis donc retrouvée à zieuter les skis dans un commerce local. Il n’y a pas à dire, il en a coulé de l’eau sous les ponts depuis les bottes munies de trois trous en avant, version rouge vin ou bleu. « On n’a plus les bottes qu’on avait », ai-je lancé au vendeur, qui m’a répondu… que sa mère lui avait fait le même commentaire. 

Et lorsqu’il s’est mis à m’expliquer en détail toutes les caractéristiques des équipements, j’avoue m’être maudite de ne pas m’être mieux documentée. 

À voir l’engouement pour le ski de fond, on sera une gang d’apprentis sur les pistes de la région cet hiver. Je prédis que ça ne sera pas toujours joli. Et juste pour ça, je me promets de découvrir les secteurs les moins achalandés de mon coin.

La pratique de ce sport offre une panoplie de bénéfices, m’explique Isabelle Gagnon, kinésiologue et chroniqueuse dans le Mag sports des coopératives de l’information, dont La Tribune. 

« Ce que j’aime énormément du ski, c’est que c’est une belle combinaison de prendre l’air et de bouger à son rythme. Tu peux choisir la piste qui te plaît. Quelqu’un qui est débutant peut faire une petite boucle qu’il va répéter et se mettre en confiance. »

« Les athlètes qui ont le plus haut VO2max (la capacité maximale d’oxygène), ce sont les fondeurs. Ils utilisent le haut et le bas du corps, ça fait en sorte que tes fréquences cardiaques vont augmenter; le fait aussi d’être en équilibre, parce que tu te propulses d’une jambe à l’autre, tu te retrouves à travailler ton équilibre. »

Les personnes qui commencent à skier devraient prendre les pistes réputées faciles, nous dit Jean Pinard, vice-président communications du Club de ski de fond Orford.

Comme le ski de fond requiert un minimum de technique, l’idéal est de pouvoir profiter d’un cours ou de quelques rudiments de base. Or, on a appris, depuis quelques mois, qu’on ne vit pas dans un monde idéal. Les cours ne sont actuellement pas permis. On peut se tourner vers des tutoriels ou, quand ce sera permis, vers quelqu’un qui a déjà des connaissances. 

« Si une personne n’a pas la bonne technique, ce qui risque d’arriver, c’est qu’elle va se blesser. Avoir la bonne technique peut être un élément préventif. » On peut aussi se fatiguer plus rapidement.

Sans une bonne technique de glisse, par exemple, il peut arriver que le skieur compense avec ses bras.

D’ailleurs, la musculature spécifique peut être une bonne préparation avant de s’élancer sur les pistes, note ma collègue. Pratiquer le yoga également, afin de développer l’équilibre, mais aussi travailler la posture et la mobilité articulaire. 

« Le ski de fond est un bon entraînement de remplacement de plein d’autres sports. Par exemple, quelqu’un qui est blessé en course à pied et qui ne va pas courir à cause de l’impact, le ski de fond classique va être un super bon sport de remplacement. Les cyclistes adorent faire du ski de fond et vice-versa. »

On se retrouve sur les pistes cet hiver et on se souhaite beaucoup de neige!

Le ski de fond offre une kyrielle de bénéfices à ceux qui le pratiquent.

Conseils de ski de fond 101

Jean Pinard en est à sa 49e saison de ski de fond. Le vice-président communications du Club de ski de fond Orford dit voir beaucoup de nouveaux visages au parc national du Mont-Orford depuis deux semaines. Je lui ai demandé quelques conseils qui pourront servir à tous ces gens qui ont décidé soudainement de s’élancer sur les pistes... ou encore de ressortir leur vieil équipement. 

L’équipement :

Si vous avez encore votre équipement d’il y a 20 ans, utilisez-le pour voir si vous aimez encore ça avant de vous lancer dans les achats, suggère M. Pinard en ajoutant qu’on peut aussi en louer. Quant au choix de ski, les modèles avec des peaux prennent de plus en plus de place sur le marché. Je l’avoue à M. Pinard : je savais, personnellement, que je n’aurais pas la discipline de farter mes skis, j’ai donc écarté cette option dès le départ. Le fartage est un irritant et un frein pour bien des gens, fait-il valoir.  

« Quelqu’un qui décide de s’acheter des skis, je conseille avec des peaux, pas avec des écailles. Ils vendent de moins en moins de skis avec des écailles. Le problème, avec les écailles, c’est quand c’est très glacé... »

Habillement :

« Il faut éviter le coton. Il n’y a rien de pire : il va absorber la transpiration », souligne-t-il. Avant même de parler de kit à 300 $, image-t-il, il faut s’habiller en sous-couches, notamment en privilégiant les sous-vêtements de laine de mérinos, tout comme les bas conçus avec cette matière.  « Les gens ont tendance à s’habiller trop chaudement », observe-t-il. 

« La tuque est indispensable : on perd 30 % de notre chaleur par la tête », dit-il en suggérant aussi des mitaines plutôt que les gants pour les gens qui ont froid aux extrémités.  

Hydratation et autres items :

Jean Pinard amène sa gourde dans une ceinture de taille avec pochette. Il amène aussi des carrés de chocolat noir et des Rockets, ces bonbons qui ont l’apparence de pilules colorées. « C’est du glucose! » lance-t-il en ajoutant qu’il les traîne à l’année, en vélo, et qu’ils peuvent s’avérer pratiques en cas de manque d’énergie. Il est aussi toujours utile d’avoir des diachylons avec soi en cas d’ampoules. 

Choix de la piste :

« Un débutant devrait faire des pistes réputées faciles », recommande-t-il en ajoutant qu’il faut bien s’informer de son parcours. « Il y a des gens qui s’aventurent dans des sentiers de ski sans savoir où ils s’en vont. » Si le centre ne fournit pas de carte, on peut prendre une photo de la carte des sentiers installée sur une pancarte avec son téléphone.

À propos de la technique : 

Suivre un cours pour acquérir des notions techniques est une bonne chose. Pour le moment, le contexte ne le permet pas. « Allez vous amuser, allez faire du ski! Quand on va être capable, on va trouver des façons (d’offrir ou de suivre des cours) », fait-il valoir. 

Voici quelques ressources qu’il propose : 

Devenez Fondeur : https://www.youtube.com/watch?v=CvLiLJ5duA4ideo

Théorie : http://www.skimco.ca/trucs-et-conseils/technique-ski-classique/

Fartage pour les nuls : http://www.skidefondorford.qc.ca/conseils/fartage-pour-les-nuls/