Le poison dans tous ses états!

Du pouding à l’arsenic dans Astérix et Cléopâtre, à la fléchette empoisonnée dans Le Lotus bleu de Tintin, les poisons ont inspiré un paquet d’histoires. Mais ils existent bel et bien en dehors des BD et de la télé. Le Musée de la civilisation n’a pas froid aux yeux et leur consacre une nouvelle expo, qui ne manque pas de mordant.

Intitulée Venenum, mot latin pour venin, l'exposition explore le monde fascinant de ces substances dangereuses qui peuvent tuer... aussi bien que soigner. 

Alors que certains poisons sont concoctés de toutes pièces par les humains, d’autres se trouvent dans la nature, dans les sols, chez les plantes et les animaux. Le musée présente d’ailleurs plus de 50 spécimens vivants vénéneux ou venimeux. Mais pas touche! On les regarde à travers la vitre d’un aquarium ou d’un vivarium.

Un moyen de défense naturel

De nombreux animaux produisent des substances toxiques ou en accumulent, en mangeant d’autres organismes eux-mêmes toxiques. L’objectif? Certains utilisent leur venin pour attaquer leur proie, d’autres pour se protéger de leurs prédateurs.

Le poisson- scorpion est muni de glandes qui envoient du venin dans ses épines hérissées quand il se sent menacé.

Zigouiller en toute discrétion

En croquant la pomme rouge offerte par une vieille dame, Blanche-Neige ne se doutait pas qu’elle était empoisonnée par sa belle-mère, jalouse de sa beauté. 

Le poison a toujours été une arme discrète. Camouflés dans un breuvage ou de la nourriture, certains poisons agissent vite, d’autres plus lentement, ce qui complique l’identification du meurtrier. 

Comment s’appelle le sérum qui neutralise les effets mortels d’un poison s’il est pris à temps? L’antidote!

Ce grand vase contenait autrefois la thériaque, un mélange de substances minérales, animales et végétales utilisées comme antidote contre les poisons, et même pour soigner les maladies.

Le gaz moutarde

Ce gaz a une odeur semblable à celle de la moutarde, ce qui lui a valu son nom. Mais il n’est pas inoffensif comme ce que tu étends sur ton hot-dog. 

Ce composé chimique a été utilisé durant la Première Guerre mondiale, entre 1914 et 1918. Il causait de graves brûlures aux yeux et à la peau.

Masque à gaz allemand. Les premiers masques à gaz, faits d’une simple toile, sont apparus pendant la Première Guerre mondiale. Ils ont ensuite été améliorés avec des filtres pour assurer une meilleure protection aux soldats.

De poison à médicament

Difficile à croire, mais utilisés à petites doses, certains poisons peuvent devenir de précieux remèdes. C’est pourquoi les chercheurs en médecine et en pharmacie s’y intéressent. Un exemple surprenant? Le venin de la veuve noire de l’Ouest, une espèce d’araignée, lui permet de paralyser, de tuer et de liquéfier sa proie, mais la latrotoxine qu’il contient pourrait aussi aider à traiter des maladies comme le cancer ou l’Alzheimer.

Le monstre de Gila, un lézard d’une soixantaine de centimètres, peut aider à contrôler certaines maladies. Des substances chimiques de sa salive venimeuse sont utilisées, entre autres pour traiter le diabète de type 2.

Venenum, un monde empoisonné, jusqu'au 8 mars 2020 au Musée de la civilisation

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