Le nuage hybride répartit la charge entre le public et le privé.

Le gros bleu au chapeau rouge

CHRONIQUE / Le géant IBM vient d’acquérir le système d’exploitation Linux Red Hat pour rien de moins que la bagatelle de 34 milliards de dollars, et ce, en devise de l’oncle Sam qui plus est ! Cette transaction majeure vient consolider la stratégie infonuagique d’IBM, qui multiplie les acquisitions dans le domaine depuis quelques années.

Celui que l’on appelle communément « Big Blue » est un véritable pionnier de l’informatique depuis le début des années 1950, avec la commercialisation des premiers ordinateurs destinés, à l’époque, aux gouvernements, aux universités et aux grandes entreprises.

Par contre, la démocratisation de l’informatique personnelle, à la fin des années 1970, a tout d’abord passé par Apple, avec la commercialisation de l’Apple 2, l’un des premiers ordinateurs personnels à faire une incursion de masse dans les foyers.

Le succès d’Apple a été si rapide qu’il a suscité l’intérêt du vétéran IBM, qui a lancé, à son tour, ses premiers ordinateurs personnels. Ceux-ci étaient munis du système d’exploitation Microsoft DOS.

Le standard IBM a dès lors pris le pôle de l’informatique personnelle, marginalisant peu à peu son rival Apple.

Une vingtaine d’années plus tard, contre toute attente, IBM s’est départie de sa division d’ordinateurs personnels, pour se concentrer sur les produits pour les entreprises. Dix ans plus tard, ç’a été au tour de la division des serveurs abordables x86 d’être vendue au chinois Lenovo, ce qui venait confirmer la stratégie de Big Blue d’être un fournisseur de solutions spécialisées.

Red Hat, un logiciel libre et payant

La somme faramineuse de 34 milliards de dollars semble paradoxale, étant donné que Linux est supposément un système d’exploitation libre et ouvert, donc gratuit.

Tout indique que cette acquisition record vient renforcer le désir de Big Blue d’être un acteur majeur de l’infonuagique, secteur dominé outrageusement par Microsoft Azure et Amazon Web Services (AWS).

Même si Linux demeure marginal auprès de l’utilisateur lambda, il est néanmoins un acteur de premier plan dans l’univers des serveurs, si bien qu’une grande partie des sites Internet sont hébergés sur des serveurs Linux.

Une distribution Linux pour les entreprises est axée sur la virtualisation, donc sur solutions infonuagiques. Est-ce qu’IBM peut rivaliser avec Microsoft et Amazon, qui accaparent une majeure partie des services infonuagiques hébergés publics ?

Je ne crois pas que les aspirations d’IBM soient de prendre le pôle dans ce segment. Je crois plutôt que ce sera dans le domaine des solutions hybrides que Big Blue fera sa marque avec l’acquisition de Red Hat.

Plusieurs entreprises hésitent encore à confier l’ensemble de leur ferme de serveurs à des fournisseurs publics, et c’est pour cette raison que des solutions hybrides peuvent être séduisantes pour les gestionnaires d’un parc informatique.

Une solution hybride consiste à répartir la charge entre les équipements privés et publics, afin d’obtenir un ratio de disponibilité et de sécurité plus élevé, en plus de répartir les coûts.

En théorie, cette avenue semble intéressante, mais en pratique, elle nécessite beaucoup de ressources et ne s’intègre pas aussi facilement qu’escompté!

IBM proposera probablement des solutions hybrides clé en main, afin que symbiose se fasse entre les infrastructures privées et publiques. En espérant que Big Blue obtienne de meilleurs résultats qu’avec le système de paie Phénix !

L’informatique infonuagique

Il n’y a pas si longtemps, une infrastructure d’entreprise nécessitait d’avoir de nombreux serveurs afin d’accomplir différentes tâches.

Vous aviez une salle de serveurs avec de nombreuses machines effectuant chacune un petit nombre de tâches.

Depuis une dizaine d’années, la virtualisation vient changer la donne, car un petit nombre de serveurs physiques hébergent un grand nombre de systèmes d’exploitation, qui effectuent des tâches indépendantes.

Les entreprises peuvent héberger localement des infrastructures de virtualisation afin d’avoir le plein contrôle sur le logiciel et le matériel.

Microsoft Azure et AWS offrent des services d’hébergement sur des nuages publics. Ceux-ci permettent aux entreprises de réduire leurs coûts en infrastructures, car les équipements ne se trouvent pas localement, mais dans d’imposants centres de données publiques.

L’inconvénient de ce type de solution est la disponibilité, car si un centre de données tombe en panne ou est piraté, l’entreprise se retrouve sans possibilité de relève rapide, et c’est pour cela que le nuage hybride semble une bonne solution. Il répartit la charge entre le public et le privé.