Jonathan Custeau
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Whistler pour l’amour des montagnes

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Whistler pour l’amour des montagnes

CHRONIQUE / Squamish ou Whistler? Où passer la nuit après une première journée à l’extérieur de Vancouver? J’avais choisi Squamish, le lancinant grondement de l’autoroute de l’autre côté de la fenêtre de l’auberge de jeunesse et les rues désertes d’une petite ville qui s’endort tôt. Du moins ce jour-là, j’aurais pu me coucher au milieu de la rue, au cœur de la communauté, et m’en sortir sans la moindre égratignure.

La cuisine cajun du Copper Coil Still & Grill, comme son dessert de smores, valait bien un petit détour. Le calme à la lueur des réverbères aussi, à bien y penser. Mais tout bien pesé, j’aurais dû poursuivre ma route jusqu’à Whistler. Les remugles de l’auberge de Squamish y sont peut-être pour quelque chose. Là, la chambre, même la fenêtre béante, transpirait l’effort bien senti.

Jonathan Custeau
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Une gondole jusqu’au ciel

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Une gondole jusqu’au ciel

CHRONIQUE / Des montagnes plein les yeux. Et le menton tombé jusqu’aux genoux devant l’immensité du panorama. L’autoroute Sea-to-Sky, ou autoroute 99, au nord de Vancouver, lèche la côte de la baie de Howe. Il suffit que le soleil plombe le moindrement sur les vaguelettes turquoise pour torturer le conducteur qui doit garder ses yeux sur la route. C’est juste beau!

Pour une fois, j’étais heureux de ne pas partager la route avec un ou plusieurs passagers dans le véhicule. Ils se seraient extasiés à grands coups d’exclamations sans que je puisse profiter pleinement du même spectacle qu’eux. Supplice! Tout de même, le coup d’œil sur ces géantes montagnes qui se trempent les pieds dans la baie m’a incité à m’arrêter dès qu’on annonçait une halte pour observer la vue. Il n’y en a pas des tonnes, de ces haltes, entre Vancouver et Squamish, et celles que je choisissais ne me paraissaient pas particulièrement bien placées en comparaison des images qui se lançaient dans le pare-brise directement sur la route, où il m’était impossible de m’immobiliser.

Jonathan Custeau
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Contemplation au nord de Vancouver

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Contemplation au nord de Vancouver

CHRONIQUE / Elle est où la prise USB dans la voiture de location? C’est la question que je me suis posée, dans le garage sombre du Hertz centre-ville, à Vancouver. Et j’ai abandonné. C’est le résultat de l’impatience de partir à l’aventure, après avoir attendu sagement le traitement anti-COVID réservé aux véhicules que d’autres clients venaient juste de rapporter. Parce que je n’y voyais rien. Parce que je pensais m’en sortir sans GPS.

Mais non! C’est un pont au sud de Vancouver que j’ai traversé en premier avant de réaliser que Whistler et ses montagnes se trouvaient dans l’autre direction. Bon roadtrip Champion!

Jonathan Custeau
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Voyager malgré la COVID

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Voyager malgré la COVID

CHRONIQUE / «Comment tu vas faire pour ne pas voyager? » La question qui tue! Comme si avoir une légère dépendance pour le dépaysement me plaçait dans une situation critique maintenant que les frontières sont érigées comme des murs presque infranchissables. Changer d’air, autant pour sa santé mentale que pour encourager des entreprises à bout de souffle, ce n’est pas forcément s’exiler sur un autre continent.

Changer d’air, m’éloigner de l’univers professionnel, des bilans quotidiens du nombre de cas de COVID, des pronostics sur les chances du Canadien de repêcher Alexis Lafrenière, c’est surtout ça qu’il me fallait. Et je suis parti. J’ai même pris l’avion. Oui, voyager, sans paniquer et sans nier la pandémie, ça se peut. Mais il faut être prêt à s’adapter.

Jonathan Custeau
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Un hôtel nomade de parc en parc

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Un hôtel nomade de parc en parc

CHRONIQUE / Le GPS s’est un peu perdu dans le champ de patates. Presque littéralement. À Saint-Stanislas, au Saguenay-Lac-Saint-Jean, il m’indique de tourner à droite pour entrer au parc régional des Grandes-Rivières du lac Saint-Jean. Rien sur la droite pour encore quelques maisons. On dirait que Google a dessiné son plan à l’aveugle... Mais on finit bien par trouver un rang sur la droite.

Le bitume disparaît aussitôt le virage, le vrai, entrepris. Une légère traînée de poussière cherche à dérober la bagnole du regard des villageois pourtant fort sympathiques. D’ailleurs, au coin que je viens de tourner, l’ancienne église abrite désormais le restaurant Au clocher, un mur d’escalade, un dépanneur, une salle de visionnement et une salle communautaire. Rien que ça! Les déjeuners y sont d’ailleurs la source de plusieurs miam.

Jonathan Custeau
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Pourquoi pas le Château en tout inclus ?

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Pourquoi pas le Château en tout inclus ?

CHRONIQUE / C’était le 1er janvier 2004. Je venais de cueillir les clés de mon appartement de Grande-Allée à Québec. Il faisait le froid de l’hiver des plaines : les joues me brûlaient des caresses que soufflait le fleuve sur la Haute-Ville. Dans la pénombre, j’ai suivi la rue jusqu’à la promenade Dufferin, où je me suis extasié devant le Château Frontenac jusqu’à ce que mes orteils virent au bleu.

Avalant les flocons, le menton au nombril, j’admirais l’immense hôtel que je n’avais vu qu’en photo. J’étais secoué comme je l’aurais été devant la tour Eiffel ou le Taj Mahal. Le Château, c’est en quelque sorte l’image de Québec. On en trouve même une réplique à Walt Disney World.

Il m’aura néanmoins fallu seize bonnes années pour en franchir la porte. À défaut de prendre le large en temps de pandémie, décrocher dans un tout inclus de luxe, chez nous, c’est possible. Le Château Frontenac se lance effectivement dans la formule tout inclus en devenant le deuxième hôtel Fairmont à tenter l’expérience.

Pour dire vrai, les temps sont durs pour l’établissement de 610 chambres. D’un taux d’occupation atteignant généralement les 80 % l’été, surtout grâce à la clientèle internationale, elle frise les 20 % ces dernières semaines, selon Maxime Aubin, directeur adjoint au marketing et aux communications au Fairmont Le Château Frontenac. Les Québécois, indécis, réservent à la dernière minute. 

D’ici la fin juillet, ils peuvent d’ailleurs profiter d’une promotion deux pour un sur une chambre régulière. Le tout inclus, lui, avec trois repas et des activités au choix, à partir de 999 $ la nuit, en occupation double... sera offert à partir du 31 juillet. Un minimum de deux nuits est exigé et le deux pour un ne s’applique pas dans ce cas. 

En matière d’expérience, c’est sans doute la première fois que je me suis permis le même état d’esprit, au Québec, que j’aurais en découvrant un autre coin du monde. Les étoiles s’alignaient pour l’aventure, des éléments de surprise et de découverte. 

Malgré la prise de température et le port du masque obligatoires à l’entrée de l’hôtel, on remarque surtout le décor somptueux et l’atmosphère pas du tout prétentieuse de l’établissement. Les employés, polis, souriants sous le masque, interagissent avec une dose de raffinement, sans déborder. C’est que leur entraînement commence par deux jours sur l’histoire du château et l’apprentissage des interactions avec les clients. 

L’histoire du château, d’ailleurs, est à la fois fascinante et méconnue, en commençant par la boîte aux lettres dorée visible près des ascenseurs. On raconte avoir découvert une carte postale datée de la Deuxième Guerre mondiale coincée dans une chute à lettres entre deux étages. Un soldat aurait écrit à sa copine pour lui dire qu’il la marierait au retour de la guerre. La destinataire de la lettre n’a jamais été retrouvée, mais l’histoire a inspiré la télésérie coréenne Goblin, attirant son lot de touristes de l’Asie. 

Dans l’histoire moins anecdotique, on ignore peut-être que le Château, qui a toujours été un hôtel, a été construit par le Canadien Pacifique et inauguré en 1893, et qu’il appartient désormais à Ivanhoé Cambridge, la branche immobilière de la Caisse de dépôt et placement du Québec. Les rappels du train sont d’ailleurs visibles partout dans la décoration du restaurant Le Sam, de la forme des chaises, clin d’œil aux locomotives, aux mains courantes le long des murs. 

En se promenant dans les quelque 12 kilomètres de couloirs, on tombera peut-être sur le mur des célébrités ayant défilé au Château. On peut penser à la reine Élizabeth II, venue à Québec alors qu’elle n’était encore que princesse, ou au président Franklin D. Roosevelt et aux premiers ministres Winston Churchill et Lyon MacKenzie King, venus pour les Conférences de Québec pour discuter stratégie en 1943 et 1944. Plus récemment, Céline Dion, Leonardo DiCaprio et Steven Spielberg ne sont que quelques clients ayant séjourné dans l’hôtel. Et oui, le nom du quotidien Le Soleil a aussi été trouvé au Château...

Maxime Aubin rapporte par ailleurs que chaque chambre est unique en raison de la vue qu’elle offre et de son aménagement intérieur. Et la vue, avouons-le, est imbattable si on s’aventure dans les hauteurs.

En ce qui me concerne, la Château a su me tirer de mon quotidien et me faire oublier un instant le confinement auquel nous nous sommes soumis cet hiver.

Vin, gastronomie et visite historique

Les acheteurs du forfait tout inclus pourront entre autres choisir un repas dans n’importe quel restaurant du Château. Au Champlain, où le chef Stéphane Modat, nommé chef de l’année en 2019, propose un menu chasse et un menu pêche, le repas constitue une bonne façon de souligner le début ou la fin des vacances avec une gâterie. Même après la mise en bouche, la truite mouchetée, l’esturgeon du lac Saint-Louis et le doré du lac Saint-Pierre, il restera de la place pour le filet de flétan de la Gaspésie, présenté comme un point d’orgue savoureux. Quand on pense qu’on n’en peut plus, la tarte tatin aux fraises nous achève avec son goût de ciel. Vraiment!

À noter que la décoration du restaurant vaut à elle seule un arrêt, entre autres pour sa sculpture représentant la profondeur du Saint-Laurent, entre Montréal et Québec, et son caribou portant lui aussi le masque. 

Jonathan Custeau
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Des grands espaces de Tadoussac à Mingan

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Des grands espaces de Tadoussac à Mingan

CHRONIQUE / Si l’absence d’événements et de festivals fait mal aux régions du sud du Québec, la Côte-Nord, elle, n’a pas eu à adapter autant ses produits touristiques pour l’été 2020. Les grands espaces, le spectacle des baleines et le grand air frais auront les mêmes propriétés, COVID ou pas.

Mine de rien, la Côte-Nord, c’est Tadoussac, Sept-Îles, Baie-Comeau, Natashquan et l’île d’Anticosti, soit 21 % du territoire du Québec. Avec ses 1300 kilomètres de côte, il y a de quoi se payer tout un roadtrip. Même que ceux qui se rendront au bout de la route de Natashquan pourront se procurer un autocollant avec lequel ils pourront se photographier. À l’enjeu, un séjour à Anticosti qui sera distribué parmi les aventuriers ayant visité la patrie de Gilles Vigneault. 

Si pour certains la Côte-Nord se divise en théorie en deux régions touristiques, Duplessis et Manicouagan, Mario Leblanc, directeur général de Tourisme Côte-Nord, assure que la fusion n’est qu’une question de temps. C’est d’ailleurs lui qui a accepté de vanter sa région, cette semaine, en précisant que la plupart des attraits nord-côtiers sont ouverts cet été. Certaines expériences autochtones sont fermées au public.

Bien entendu, avant de prendre le large, assurez-vous de suivre les directives de la Santé publique et vérifiez que les lieux que vous souhaitez visiter sont ouverts et disposés à vous recevoir. 

Q Quelles sont les attractions les plus visitées sur la Côte-Nord?

R Les deux principaux attraits sont situés aux deux extrémités de la route, soit le Centre d’interprétation des mammifères marins de Tadoussac et l’archipel de Mingan, à Havre-Saint-Pierre. Il y a huit heures de voiture entre les deux, sur la thématique de la Route des baleines. On peut en voir partout, si on est patient un peu.

À Tadoussac, la nouvelle exposition du centre d’interprétation ouvre le 19 juillet. On y trouve des squelettes bien préservés et l’histoire de naufrages de baleines, entre autres. Les experts que nous avons entendus quand une baleine a été aperçue à Montréal provenaient de là. 

Il y a aussi le parc marin du Saguenay, qui est en partie sur notre territoire.

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L’Abitibi-Témiscamingue, des mines à la nature d’Opémican

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L’Abitibi-Témiscamingue, des mines à la nature d’Opémican

CHRONIQUE / L’Abitibi-Témiscamingue évoque les grands espaces. Dans mon imaginaire à moi, il me semble que c’est toujours en Abitibi que partent les gars de bois, les aventuriers qui ont un penchant pour le doré et la gomme d’épinette. C’est le folklore entourant la grosseur des moustiques, aussi, et le dur labeur des mineurs qui bossent pour dénicher les pépites d’or.

Vrai que la nature prend beaucoup de place autour de Val-d’Or et de Rouyn-Noranda, mais les quinze dernières années ont aussi vu se développer une offre touristique culturelle importante. Le Festival de musique émergente de Rouyn-Noranda, d’ailleurs, attire normalement son lot de mélomanes.

Jonathan Custeau
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Vélo, chalets ou terroir dans les Laurentides

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Vélo, chalets ou terroir dans les Laurentides

CHRONIQUE / De toutes les régions touristiques du Québec, les Laurentides sont probablement parmi celles dont le créneau a le moins besoin de présentation. Peut-être parce que c’est le terrain de jeu des Montréalais, peut-être parce que la réputation du parc national du Mont-Tremblant n’est plus à faire, mais les Laurentides évoquent immanquablement la nature et la villégiature.

Avec le temps, personne ne se surprend plus d’entendre qu’un proche part se ressourcer dans un chalet des Laurentides. Parce que c’est bien connu et que ça va de soi. Mais à penser bien connaître une région qui s’est rendue célèbre pour ses paysages et ses possibilités d’évasion, on oublie peut-être de la découvrir vraiment.

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Poutine et fromage frais au Centre-du-Québec

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Poutine et fromage frais au Centre-du-Québec

CHRONIQUE / La plus jeune des régions touristiques du Québec, le Centre-du-Québec, demeure bien mystérieuse quand on a l’habitude de voyager dans les grandes villes. C’est que Drummondville, Victoriaville et Bécancour sont vues comme des arrêts de courte durée, quelque part dans un trajet entre Montréal et Québec.

Bien entendu qu’on pourra parler du Village québécois d’antan, qui rappellera des souvenirs aux nostalgiques de la série Entre chien et loup, ou du Festival de la poutine, qui fera relâche cette année. Mais pour quelques jours à l’extérieur des grands centres, à distance néanmoins raisonnable de Montréal, Sherbrooke, Trois-Rivières et Québec, pour ne nommer que ceux-là, on peut se payer une véritable chasse au trésor de découvertes, comme se plaît à le dire Céline Rousseau, directrice du marketing à Tourisme Centre-du-Québec. C’est elle qui a accepté de répondre à mes questions pour donner un aperçu des attractions connues et méconnues de sa région. 

Avant de jouer les touristes cet été, assurez-vous de respecter les consignes de la Santé publique et vérifiez que les attractions qui vous intéressent sont ouvertes et disposées à vous accueillir. 

Q Quelles sont les attractions les plus populaires de votre région?

Quand on veut aider les gens à positionner le Centre-du-Québec, on leur parle du Village québécois d’antan et du Festival de la poutine, à Drummondville. Le Village est ouvert toute l’année et s’adapte aux saisons ou aux événements comme l’Halloween. Mais nous avons aussi le parc Marie-Victorin, un jardin botanique de Kingsey Falls, et le Centre de la biodiversité de Bécancour. Il s’agit d’un centre d’interprétation sur la cohabitation de la faune et de la flore près du Saint-Laurent.

La région est aussi connue pour le vélo, entre autres dans le Parc linéaire des Bois-Francs, entre Tingwick et Lyster. C’est le paradis des cyclistes. Dans les plaines du Saint-Laurent, il y a peu de dénivelés. Sinon, dans les contreforts des Appalaches, on sort les mollets pour un défi plus physique. 

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Dormir avec les loups ou louer une île en Outaouais

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Dormir avec les loups ou louer une île en Outaouais

CHRONIQUE / J’ai sursauté récemment en entendant quelqu’un clamer très sérieusement qu’il n’y a pas grand-chose à faire en Outaouais. J’aurais voulu rétorquer, mais j’ai réalisé que je connaissais très mal cette région où je me suis arrêté la plupart du temps sur ma route vers la capitale fédérale.

L’explorateur en moi se doutait qu’il ne suffisait que de poser quelques questions aux bonnes personnes pour qu’on me parle en bien de Gatineau, bien sûr, mais aussi des villes et villages qui l’entourent.

France Bélisle, directrice générale de Tourisme Outaouais, n’a pas tardé à me vanter le plein air, la gastronomie et le sport d’aventure de sa région. Elle assouvit ici ma soif de curiosité. Si je me promets d’essayer la nouvelle tyrolienne qui sera inaugurée en 2021, entre le Québec et l’Ontario, j’aurai certainement bien assez à explorer cette année, entre le village de Chelsea et les loups du Parc Oméga. 

Même si le tourisme se déconfine, suivez toujours les consignes de la Santé publique et assurez-vous, avant de vous déplacer, que les lieux qui vous intéressent sont ouverts et prêts à vous accueillir. 

Q Quelles sont les attractions phares de l’Outaouais?

R Le site le plus visité serait sans aucun doute le Musée canadien d’histoire, à Gatineau, qui reçoit 1,2 M de visiteurs chaque année. Toute la galerie du Canada a été refaite en 2017. Nous avons le Casino du Lac-Leamy et le Nordik Spa-Nature, à Chelsea, qui est le plus grand spa en Amérique du Nord. Le parc animalier Oméga, à Montebello, attire pour sa part 300 000 visiteurs chaque année. Nous sommes aussi une destination de plein air urbain, entre autres avec la vallée de l’Outaouais. Nous avons beaucoup de pistes de vélo qui longent les cours d’eau.

Q Vous avez la région au pays où nous trouvons le plus de musées nationaux. Quelles sont les activités intérieures que vous recommandez par temps gris?

R À Ottawa, le Musée des sciences et de la technologie du Canada a été entièrement rénové, comme le Musée canadien de la nature. Tous les musées de la capitale fédérale ont bénéficié d’investissements importants au cours des dernières années pour offrir des expériences contemporaines.

Pour les sportifs, Altitude Gym, à Gatineau, permet de faire de l’escalade intérieure. On y a développé une offre dans une ancienne église avec des parois très grandes et certains murs sont adaptés pour les enfants alors que d’autres conviennent aux grimpeurs plus avancés.

Notre offre de restaurants est aussi très présente, mais méconnue.

Q Justement, faites-nous saliver. Où devrions-nous manger?

R Dans la MRC des Collines-de-l’Outaouais, L’Orée du Bois et le chef Jean-Claude Chartrand offrent des produits du terroir. À Bouchette, L’Huile d’Olive est situé au bord du lac des Trente et Un Milles. On ne peut pas avoir une plus belle vue pour souper et sa cave à vins est exceptionnelle.

Nous avons beaucoup de microbrasseries et en temps normal, nous avons un Festibière l’été et un autre l’hiver. La distillerie Artist in Residence gagne des prix et fait des dégustations.

Il faut aussi découvrir les restaurants du centre-ville de Gatineau et de la rue Principale à Aylmer. 

Q Est-ce que certains produits alimentaires valent le détour?

R L’Outaouais est un territoire de chasse et de pêche. Plusieurs entreprises font de la saucisse de gibier. À la Boucanerie Chelsea, on fume le poisson sur place. C’est le meilleur saumon fumé que tu auras mangé de toute ta vie. On peut aussi pêcher dans le réservoir Baskatong. On trouve 22 pourvoiries sur une pointe de terre qui donne sur le réservoir. La MRC de La Vallée-de-la-Gatineau est une des MRC où on trouve le plus de pourvoiries au Québec. Plusieurs d’entre elles sont orientées vers les familles.

Q En matière de plein air, de nature, que recommandez-vous?

Une des expériences uniques dans La Vallée-de-la-Gatineau, c’est qu’on peut louer son île. Sur le lac des Trente et Un Milles, on compte 136 îles. Tu peux partir avec ton embarcation, tes victuailles et t’installer tout seul sur ton île. C’est une expérience unique. Si tu veux la paix, c’est vraiment là que ça se passe. 

Au parc Oméga, on peut faire un safari canadien. Tu te promènes dans ton véhicule et tu vois des wapitis, des bisons. On y offre de l’hébergement et on peut dormir avec les loups. Il y a aussi des enclos d’ours noirs. 

Beaucoup d’endroits offrent des sentiers, comme le parc régional du Mont Morissette et le parc des Montagnes Noires à Ripon.

Jonathan Custeau
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Saguenay-Lac-Saint-Jean, royaume du fjord et du bleuet

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Saguenay-Lac-Saint-Jean, royaume du fjord et du bleuet

CHRONIQUE / Quand on parle du Royaume, au Québec, on pense forcément au Saguenay-Lac-Saint-Jean. On imagine ses bleuets, son fjord grandiose et sa petite maison blanche, qui a héroïquement fait un pied de nez au déluge qui menaçait de l’emporter en 1996.

Je suis de ceux, coupables, qui n’ont pas encore vu La Fabuleuse histoire d’un Royaume, cette fresque historique qui attire quelque 35 000 visiteurs annuellement. Mais il faudra attendre à l’an prochain pour ce bain de culture incontournable, ce qui ne sera certainement pas un frein à une visite vers Saguenay, Alma ou Saint-Félicien, parce qu’il y a fort à faire au grand air, sur l’eau ou en montagne.

Jonathan Custeau
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La Mauricie, de pourvoiries en microbrasseries

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La Mauricie, de pourvoiries en microbrasseries

CHRONIQUE / L’été, on passe difficilement en Mauricie sans tomber sur un de ses événements cultes. Même s’il ne devait célébrer que le sixième opus de sa série hommage, le Cirque du Soleil à l’Amphithéâtre Cogeco de Trois-Rivières s’imposait comme un incontournable. Le Grand Prix de Trois-Rivières et le Festival western de Saint-Tite ont déjà plus de 50 éditions au compteur.

Quand le temps chaud sera installé, ces événements, eux, seront suspendus. La région veillera donc à révéler davantage ses autres atouts, ses petites histoires cachées, ses villages sympathiques. Foi d’Émilie Lavergne, responsable des relations de presse à Tourisme Mauricie, il suffit d’ouvrir les yeux pour trouver de quoi s’occuper dans cette région où, dans l’ancien temps, on se rendait pour visiter le village des Filles de Caleb. Si vous avez manqué tout ce qui a succédé à cet attrait du passé et que vous n’avez pour seul repère que l’imposant pont Laviolette, c’est probablement le temps de retourner dans cette région qui coupe l’autoroute 40 en deux.

Avant de vous lancer, consultez les recommandations de la Santé publique et vérifiez que les lieux que vous souhaitez visiter sont ouverts et disposés à vous accueillir. Sinon, il est encore permis de rêver et de redécouvrir, de façon virtuelle, les régions de notre grand Québec. 


Jonathan Custeau
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L’air conditionné naturel du Bas-Saint-Laurent

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L’air conditionné naturel du Bas-Saint-Laurent

CHRONIQUE / L’eau a ce pouvoir calmant, envoûtant, intrigant. Mine de rien, on cherche la mer pour les vacances d’été, à la plage, ou on se retrouve complètement hypnotisé, sans trop savoir pourquoi, devant la baie de San Francisco. Y’a ça, dans les villes côtières : une envie de se poser, d’enfiler un lainage bien chaud et d’offrir son visage, yeux fermés, au vent qui nous gifle doucement.

On a ça, au Québec, le pouvoir infini de l’eau, de l’air salin de bord de mer, au Bas-Saint-Laurent, par exemple, où mes souvenirs de jeunesse de Rivière-du-Loup se limitent à regarder le soleil se laisser flotter dans le fleuve jusqu’à s’endormir. Je me souviens aussi des phares et des mystères qui les enveloppaient et d’une incursion à l’île Verte, petite, où le temps se traîne les bottes dans les chemins de gravier.

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Lanaudière, la carte cachée du déconfinement

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Lanaudière, la carte cachée du déconfinement

CHRONIQUE / La région de Lanaudière compte sur une offre touristique éclatée, décentralisée, si bien qu’on arrive difficilement à la décrire en deux mots. On pense souvent à sa voisine des Laurentides quand vient le temps de parler du parc du Mont-Tremblant, en oubliant que les deux tiers du parc sont pourtant bel et bien dans Lanaudière.

Lanaudière c’est Joliette, Terrebonne, Repentigny. C’est aussi Rawdon et la municipalité voisine de Chertsey, où la Sucrerie du domaine m’a laissé un souvenir gourmand d’une montagne de victuailles toutes plus savoureuses les unes que les autres. C’est une région pour fuir les rassemblements, s’isoler en nature, s’offrir de la contemplation, ne serait-ce que sur son réseau routier qui ne compte pas d’autoroutes majeures, hormis la 40.

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Charlevoix, roi des plus beaux villages

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Charlevoix, roi des plus beaux villages

CHRONIQUE / Mon ami torontois n’en pouvait plus de la grande ville. « Emmène-moi quelque part où c’est calme! » qu’il a insisté. J’ai tout de suite pensé à Charlevoix, que je ne connaissais pourtant pas plus qu’il faut. Parce que le fleuve. Parce que l’immensité de la nature. Parce que tous ceux que je connais, quand ils veulent se ressourcer, ils vont dans Charlevoix.

Nous avons abouti à Boston, parce que le gars qui navigue entre les klaxons et le béton à longueur de vie, il avait peur au choc culturel s’il devait côtoyer l’immensité et le silence. Mais moi, je l’avoue, j’étais déçu de ne pas poser mes yeux d’adulte partout dans Charlevoix.

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Faire plus que passer en Montérégie

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Faire plus que passer en Montérégie

CHRONIQUE / Je plaide coupable! La Montérégie, je la reconnais plus pour ses panneaux en bordure d’autoroute que pour les attraits que j’y ai visités. C’est Saint-Jean-sur-Richelieu, qui m’indique que j’approche de Montréal. C’est le complexe DIX30, aussi, où je bifurque pour me rendre à l’aéroport quand le pont Champlain et l’autoroute 15 s’annoncent congestionnés.

Mais la Montérégie, qu’on gagnerait probablement à découvrir, c’est beaucoup plus que des voies de transit vers Montréal. C’est une région d’histoire, de nature à proximité d’une métropole, et un lieu de rassemblement dans les multiples festivals forcés à la sabbatique par la COVID-19. Il suffit de penser à l’International des montgolfières, qui propose neuf soirs de spectacles et des envolées de ballons, à l’exposition agricole de Saint-Hyacinthe, la plus vieille du genre au Québec, ou aux Régates de Valleyfield.

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Slow tourisme dans Chaudière-Appalaches

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Slow tourisme dans Chaudière-Appalaches

CHRONIQUE / Voyager lentement en mélangeant l’histoire, le patrimoine, la culture et la nature, c’est la proposition de la région de Chaudière-Appalaches, qui s’étend au sud du Saint-Laurent, entre les Cantons-de-l’Est et le Bas-Saint-Laurent. Lévis, Thetford Mines et Saint-Jean-Port-Joli en sont quelques-unes des villes les plus connues.

En continuant de rêver au déconfinement touristique, tout en explorant de façon virtuelle les régions du Québec, je me suis tourné vers Richard Moreau, directeur général de Tourisme Chaudière-Appalaches. C’est qu’en plus du tourisme local, pour donner une dose d’énergie à notre économie, nous nous tournerons peut-être vers le tourisme rural, le tourisme villageois, question de garder deux mètres distance avec les autres tout en trouvant réponse à notre soif de découvertes.

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Tourisme local dans les Cantons

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Tourisme local dans les Cantons

CHRONIQUE / Local! C’est le consensus, en matière de tourisme, pour l’après-COVID-19. La fermeture des frontières, le portefeuille aminci, l’envie d’encourager les commerçants et les artisans d’ici nous convaincront probablement de voyager modestement dans les régions du Québec.

J’en profite donc pour découvrir ou redécouvrir notre coin du monde, à distance, en demandant aux représentants des différentes régions touristiques du Québec de me convaincre de leur rendre visite dès que mon sac à dos pourra sortir de son confinement. Ça me laissera le temps de me gratter le coco et de comparer les options. Et parce qu’on insiste sur le fait de redécouvrir sa propre cour en premier, j’ai lancé la première invitation à Danie Béliveau, responsable des relations de presse pour Tourisme Cantons-de-l’Est. Parce que les Cantons, et sa capitale, Sherbrooke, c’est chez moi.

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Un 50e plus modeste avant la tempête

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Un 50e plus modeste avant la tempête

Chronique / C’était la catastrophe, presque. À l’échelle de l’économie touristique, des festivités, du rayonnement de Porto Rico, l’annulation possible de Las Fiestas de la Calle San Sebastian, appelées SanSe, enverrait un bien mauvais message. C’était en janvier.

SanSe, qui célébrait son 50e anniversaire, c’est un énorme festival de rue qui se tient dans le vieux San Juan, notamment dans la rue San Sebastian. Musique, danse et exposition d’artisanat figurent notamment à la programmation. Tout tête en l’air que je suis, je l’ignorais quand j’ai réservé mon billet pour le Sud. Mais je trouvais que ça tombait bien, si on excluait les difficultés à trouver un lit à bas prix pendant le festival. 

Le festival, c’est la fin des célébrations du Nouvel An. C’est aussi un événement touristique de grande ampleur. On vient de partout pour danser et faire la fête, si bien qu’on attend annuellement environ 200 000 festivaliers dans la vieille ville.

Quand l’île a été secouée par des tremblements de terre, fin décembre, puis début janvier, l’organisation du festival, qui relève de la municipalité de San Juan, a été remise en question. D’une part, on évoquait la solidarité envers les sinistrés, ceux qui, au sud du pays, dormaient dans la rue de peur de voir leur maison s’effondrer. D’autre part, on faisait valoir la sécurité. Les fêtards, entassés dans la péninsule de la vieille ville, risquaient de se trouver au milieu d’un mouvement de panique si un séisme frappait en pleines célébrations.

La mairesse Carmen Yulin Cruz a décidé que l’événement aurait lieu. Les Portoricains en avaient besoin dans un moment où leur économie chancelait. Seulement, la foire des artisans serait remise en février. Et les annulations, dans les hôtels, se sont multipliées. 

J’ai parcouru la vieille ville le lundi avant le lancement des activités. Les touristes se faisaient rares, dispersés çà et là dans les rues du quartier. Rien pour embêter les cols bleus qui commençaient à installer des clôtures métalliques partout, partout, partout. Partout où il ne fallait pas que des touristes intoxiqués s’aventurent.

Les monuments importants, les plates-bandes et surtout les bords de falaises et les sommets de ramparts ont été sécurisés. Lentement, on bouclait le Campo del Morro, la très vaste terrasse venteuse menant au fort El Morro, probablement une des plus vieilles constructions espagnoles du genre de l’Amérique du Nord. Le terrain de jeu de ce site inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO est tout simplement trop grand pour qu’on laisse les étrangers alcoolisés s’y abandonner sous la pleine lune. 

Je m’attendais à une déferlante, à une pluie torrentielle de touristes pré-SanSe qui, comme moi, se donneraient l’occasion de voir le vieux San Juan sans maquillage ni artifice, avant qu’il n’enfile ses habits d’hôte de l’événement le plus festif de l’année.

Rien. À part les clôtures et des toilettes temporaires, bien sûr. Et les scènes, aussi, qu’on dressait au détour des grandes places ou des petits espaces publics le moindrement dégagés. 


Jonathan Custeau
La Tribune
Jonathan Custeau
Voyager demain pour sortir de la crise

Le bourlingueur

Voyager demain pour sortir de la crise

CHRONIQUE / L’idée paraît contrintuitive : voyager comme moyen de se relever de la crise. Mais voilà peut-être, justement, une piste qu’on pourrait avoir tendance à repousser du revers de la main avec un peu trop d’empressement. Après tout, le tourisme agit comme un fort moteur économique.

Depuis le début de la pandémie de COVID-19, les psychologues répètent que les nouvelles positives, un peu, beaucoup, donnent une pause aux neurones épuisés par le confinement. J’opte donc pour l’approche positive en reprenant un mot-clique de l’Organisation mondiale du tourisme (OMT) : #voyagezdemain.

Jonathan Custeau
La Tribune
Jonathan Custeau
Le tourisme après la crise

Le bourlingueur

Le tourisme après la crise

CHRONIQUE / «Pourrons-nous repartir cette année? » C’est LA question que plusieurs se posent, crédit d’une compagnie aérienne ou pas en poche, en essayant de ne pas voir plus loin que les quelques semaines de distanciation sociale déjà confirmées. Partir d’ici décembre? Rien n’est moins certain! Et si nous y parvenons, où irons-nous?

En ce moment, tout n’est que spéculation. Difficile, alors que la crise n’est pas terminée, d’entrevoir le moment où les activités économiques reprendront. Le consensus semble néanmoins se dessiner vers les destinations locales, les régions du Québec qu’on aurait peut-être boudées avant la COVID-19. D’une part, si la Santé publique nous permet de reprendre nos activités sociales, il n’est pas certain que les frontières seront pour autant rouvertes. Même si elles l’étaient au Canada, elles ne le seraient peut-être pas partout. D’autre part, il serait plus que bienvenu de donner une tape dans le dos de nos pairs, de réinjecter de l’argent dans l’économie locale.

Jonathan Custeau
La Tribune
Jonathan Custeau
Réapprendre la prudence

Le bourlingueur

Réapprendre la prudence

CHRONIQUE / «On ne pourra pas ramener tout le monde! » Les mots du ministre des Affaires étrangères, François-Philippe Champagne, ne sont pas ceux qu’on souhaite entendre ou lire quand on est coincé à l’étranger. Mais quand il rapporte que son ministère a reçu plus de 10 000 appels et 14 000 courriels en 48 heures pour rapatrier des Canadiens répondant à l’appel de rentrer au pays, on peut comprendre qu’on ne nolise pas des avions sur cinq continents en criant ciseau.

Le spécialiste des communications et de la gestion de crise Marc D. David, de l’Université de Sherbrooke, l’a dit : le premier ministre Justin Trudeau donne l’impression de réagir plus qu’il n’agit depuis le début de la pandémie de la COVID-19. Une question de perceptions, certes, qui jette de l’ombre sur tout le travail qui se fait en coulisse pour gérer autant ce qui se produit sur notre territoire qu’à l’étranger.

Jonathan Custeau
La Tribune
Jonathan Custeau
Protégeons les voyageurs

Opinions

Protégeons les voyageurs

CHRONIQUE / Temps de fou pour les bourlingueurs. Voyager en période de pandémie, non merci! S’il n’est pas annulé, mon vol pour La Nouvelle-Orléans, qui devait décoller dimanche, partira sans moi. Même sans la fermeture des frontières, je ne m’y serais pas risqué.

J’avais hésité entre le sud des États-Unis, l’Irlande, Seattle et une croisière. Au fur et à mesure que la COVID-19 progressait, on déconseillait les croisières, identifiait des foyers d’infection à Seattle et en Irlande. Je me félicitais bien naïvement d’avoir choisi un état moins touché. Mais j’ai surveillé les conseils du gouvernement canadien et j’ai compris que nous étions tous dans le même bateau, que bientôt, notre seule façon de voyager serait la recette de tartelette portugaise ou de tacos mexicains qu’on cuisinerait en solo un bon samedi soir. 

La situation a évolué en moins de temps qu’il n’en faut pour faire et défaire nos bagages. Pendant un temps, les directives du gouvernement du Canada avaient peine à suivre, si bien qu’on déconseillait aux voyageurs de partir, même si le niveau de risque pour certains pays demeurait bas selon les conseils aux voyageurs du site voyage.gc.ca. Normal, probablement, devant une situation jamais vue jusqu’à maintenant. 

Si la priorité demeure de rapatrier nos concitoyens coincés aux quatre coins du monde, il faudra assurément, dans les prochaines semaines, des consignes claires pour protéger les voyageurs qui voient leurs déplacements annulés. 

L’auberge de jeunesse que j’avais réservée en Nouvelle-Orléans m’avait d’abord refusé un remboursement, prétextant que l’établissement était toujours ouvert et que mes craintes de voyager ne constituaient pas une raison valable pour annuler mon séjour. Justin Trudeau a fermé les frontières. Donald Trump a déclaré l’état d’urgence. L’établissement s’est ravisé, a compris que ce n’était pas qu’un caprice. 

Les compagnies aériennes tardent à emboîter le pas. Elles offrent des crédits. Dans le même sens, en période de crise, alors que les appareils sont de plus en plus cloués au sol, faire osciller les prix d’un billet entre 8000 et 10 000 $, comme nous l’avons constaté la semaine dernière, est plus que déplorable. Éthiquement, les compagnies aériennes qui ont tenté de profiter du virus ont raté complètement la cible. D’autres, comme Sunwing, ont plutôt décidé d’offrir leurs sièges vides gratuitement pour rapatrier les Canadiens. Bravo!

L’Office des transports du Canada a par ailleurs établi des exemptions temporaires pour certaines dispositions du Règlement sur la protection des passagers aériens. Mais est-ce que les Canadiens sont bien protégés? Peuvent-ils exiger un remboursement pour un billet qu’ils ne pourront pas utiliser?

Le site volenretard.ca a choisi, lui, d’être proactif et d’offrir gratuitement des consultations, vendredi dernier, pour orienter les touristes qui en perdent (avec raison) leur latin. Jacob Charbonneau, président et directeur général de l’entreprise, constate que les Canadiens sont moins bien protégés que les Européens. 

« Ce n’est pas simple, parce que la majorité des compagnies aériennes offrent présentement un crédit plutôt qu’un remboursement. Sauf qu’on ne sait pas combien de temps la crise durera et si la santé financière des compagnies nous permettra d’utiliser ces crédits plus tard. C’est l’Office des transports du Canada qui devrait donner la directive. En Europe, c’est clair : les compagnies ne peuvent pas donner un crédit. Les gouvernements là-bas ont réagi très rapidement. »

Le gouvernement canadien se doit d’imiter l’Europe. Parce que les passagers forcés de rester chez eux ne sont pas tous des voyageurs compulsifs comme moi. Ceux qui partaient pour célébrer un événement spécial, qui utilisaient leurs seules vacances pour s’offrir un périple à l’étranger ou qui avaient économisé pendant des années pour réaliser un rêve n’en auront probablement rien à cirer d’un crédit qu’ils n’utiliseront pas. Dans certains cas, l’occasion de partir est passée et ne reviendra tout simplement jamais. 

Ici, tout s’organise au cas par cas. Appeler la compagnie aérienne? On ne prendra pas votre appel si vous n’êtes pas déjà coincé à l’étranger. C’est du moins ce qu’on répondait au Service à la clientèle d’Air Transat vendredi. Mais si la consigne du remboursement était claire, peut-être que les lignes seraient moins engorgées.

« C’est vrai qu’il y aura un impact financier pour les compagnies aériennes, mais elles recevront sans doute une aide économique du gouvernement », croit M. Charbonneau. « Le fardeau ne devrait pas être laissé au passager ou à la compagnie aérienne », ajoute-t-il. 

Vrai. Voilà pourquoi les règles devraient être claires.

Ceux ayant acheté leur billet avec une agence québécoise reconnue pourront probablement bénéficier du Fonds d’indemnisation des clients des agents de voyage, un fonds de 140 M$ pour venir en aide aux passagers aux prises avec des situations inattendues.

Pour les autres, comme moi, le flou persiste. Selon Jacob Charbonneau, le remboursement sera plus facile si c’est la compagnie aérienne qui annule le vol. « Si votre vol est bientôt, attendez de voir si la compagnie annulera. Si on accepte un crédit, certaines assurances ne voudront peut-être pas rembourser. Mais si le crédit n’est pas consommé, je pense qu’il y a moyen de récupérer son argent, même si ce sera compliqué. »

Si le voyage a été payé avec une carte de crédit, il est possible de demander une rétrofacturation, soit un remboursement pour un produit qui n’a pas été consommé.

Le président de volenretard.ca recommande néanmoins d’appeler la ligne aérienne en premier. « Si votre voyage n’est pas dans les 72 prochaines heures, vous ne réussirez pas. » Quoi qu’il arrive, suggère-t-il, prenez des notes : l’heure de l’appel, le nom du préposé, ce qu’on vous a dit.

D’autres ressources, comme Air Passengers Rights, estiment qu’il est de votre droit de réclamer un remboursement et énumèrent sur leur site les arguments qui peuvent être évoqués avec la compagnie aérienne. 

Quoi qu’il en soit, le débat sur la Charte des passagers aériens était déjà lancé l’an dernier, alors qu’on notait une protection plus limitée pour les Canadiens que les Européens. Notre charte à nous ne nous protège pas si les vols sont retardés en raison de la météo ou de certains problèmes mécaniques. Comme l’écrivait Stéphanie Grammond dans La Presse du 14 décembre 2019, la charte est compliquée et tellement complexe que les transporteurs peuvent facilement se défiler. 

Jonathan Custeau
La Tribune
Jonathan Custeau
<em>Despacito </em>et l’art de San Juan

Bourlingueur

Despacito et l’art de San Juan

CHRONIQUE / San Juan, la capitale de Porto Rico, s’est trouvé un penchant pour la séduction. Un gros penchant. Elle savait déjà faire craquer les gourmands, avec sa cuisine riche et ses cocktails, mais elle a appris à s’offrir autant pour les yeux que pour le ventre.

C’est que San Juan a l’âme d’une artiste. Elle sait agencer les couleurs de ses bâtiments, dans la vieille ville, mais se laisse aussi aller dans l’art de rue sous toutes ses formes, sans oublier ses musées, qui présentent toutefois un intérêt variable.

Dans Santurce, deux des principaux musées s’offrent une lutte inégale. Le Musée d’art contemporain, ayant pignon sur rue dans une ancienne école de l’avenue Ponce de Leon, n’a d’intéressante que l’architecture du bâtiment. Ou presque.

L’édifice néoclassique, avec ses colonnes entourant une cour intérieure, contraste avec le beige des employés du musée, qui, ce jour-là, s’emmerdaient profondément. Pas de visiteurs, donc pas de sourires. Ils se traînaient les pieds, l’ennui comme deux lourds boulets les empêchant de faire de grandes enjambées. Mais pour dire vrai, à part deux œuvres magistrales aux accents féministes, les installations ne valaient pas vraiment le coût d’entrée.

Tout le contraire du Musée d’art de Porto Rico, plus sobre dans le nom, mais ô combien plus intéressant dans son ensemble. L’édifice, un ancien hôpital, a la façade barbouillée de jolies fresques. On nous vante, oui, le jardin botanique des sculptures, qui tombe un peu à plat dès qu’on a la moindre attente. Mais les expositions permanentes, elles, qui rendent entre autres hommage à des artistes portoricains, notamment José Campeche et Francisco Oller, sont assez variées.

Gros coup de cœur, dans les expositions permanentes, pour l’œuvre Jusqu’à ce que la mort nous sépare (Hasta que la muerte nos separe) d’Anaida Hernandez, qui symbolise la diversité portoricaine en plus de résumer, en une centaine de petits tableaux, l’essence de la pluralité observable dans le musée. On passe aussi du classique au kitsch, dans une pièce rappelant un salon de barbier bourré d’objets issus de l’imaginaire des migrants, jusqu’à la modernité, comme ce portrait de Jésus pixelisé auquel un symbole propre à Instagram, un cœur, a été ajouté. 

Parce qu’il fait presque toujours soleil à Porto Rico, l’art visuel se transporte par ailleurs dans la rue, dans le secteur de Miramar, toujours dans le quartier de Santurce. Si on a la plante des pieds endurcie, on peut marcher des musées aux murales, même si l’ambiance un peu plus malfamée des rues de Miramar donne envie de camoufler le portefeuille dans nos caleçons.

J’exagère! 

Mais je n’ai croisé aucun touriste lors de ma promenade ce jour-là. Les individus qui surgissaient des ruelles à l’occasion avaient le don de me faire sursauter. Et d’autres touristes m’ont avoué leur malaise à s’aventurer dans ce secteur pourtant reconnu pour ses fresques murales. Certaines d’entre elles sont particulièrement réalistes même si elles font trois ou quatre étages de haut. Il faut même penser à avoir des yeux tout le tour de la tête pour ne rien manquer. Même si le secteur aux murales est petit, les plus belles œuvres sont parfois cachées derrière nous.

En sortant du quadrilatère, on croisera le parc de la Hoare, une jolie place gazonnée où on arrive difficilement à se poser, les bancs étant occupés par des sans-abri ensommeillés. 

Pour peu qu’on ait vraiment envie de suer sa vie, on peut continuer la promenade (longtemps) pour aboutir à ce qui m’est apparu comme la plage la plus intéressante près de la vieille ville, la plage La Ocho, presque dissimulée derrière un stade.

En poursuivant le long de la mer, un peu plus loin dans la vieille ville, après les murales qui longent la rue Norzagaray, on aboutira au quartier La Perla, fortement déconseillé une fois la nuit tombée. Mais quand on dit que San Juan a reconnu l’importance de l’art pour se relever les manches et revitaliser ses quartiers, on le constate dans La Perla, où le vidéoclip de la chanson Despacito a été tourné. 

Jonathan Custeau
La Tribune
Jonathan Custeau
Christophe Colomb et la forêt

Le bourlingueur

Christophe Colomb et la forêt

CHRONIQUE / Leçon de voyageur : ne pas trop se documenter avant un voyage peut être une arme à double tranchant. D’un côté de la lame, la liberté, la flexibilité, le sentiment de tout découvrir au fur et à mesure. De l’autre, du côté coupant, la possibilité de s’égarer, de perdre du temps, de suivre une fausse piste.

À Porto Rico, quand on se fie à des documents vieux d’à peine trois ans pour fabriquer un itinéraire approximatif, c’est du côté affilé qu’on tombe. C’est un peu comme réserver une chambre d’hôtel et constater en arrivant que la photo date de la décennie précédente. Sur l’île américaine, l’élément perturbateur s’appelle Maria.

Jonathan Custeau
La Tribune
Jonathan Custeau
Une école pour apprendre à voyager

Le bourlingueur

Une école pour apprendre à voyager

CHRONIQUE / J’ai toujours cru que le voyage s’apprenait sur le tas, à force d’expérience, sans préparation aucune. On saute, on retient son souffle, on se ferme les yeux, et voilà, on apprend à nager. Pas besoin d’école, si ce n’est que l’école de la vie. On se trompe, on fait quelques bourdes en Europe et en Asie, sans personne pour nous dénoncer, et on s’améliore pour la prochaine fois.

Oui mais… C’était avant que Vaolo, une jeune pousse propulsée par la Fondation Village Monde, ne lance l’Académie des explorateurs. Vaolo, c’est une plateforme qui vise à devenir la référence du voyage d’expérience hors des sentiers battus. Ces fameux sentiers battus, qu’on déteste parfois sans savoir pourquoi, ont tendance à étouffer sous le poids du surtourisme.

Jonathan Custeau
La Tribune
Jonathan Custeau
Gastronomie portoricaine

Le bourlingueur

Gastronomie portoricaine

CHRONIQUE / Je parle l’espagnol comme un cheval enrhumé. Je tousse des blocs de mots sans avoir la certitude d’être compris. Mais j’ai l’habitude de reconnaître l’essentiel des propos d’une conversation. Surtout quand il est question de nourriture.

Instinct de survie, vraisemblablement, c’est par le ventre que j’apprends une nouvelle langue. D’abord bonjour et merci, et ensuite poulet, patate et fruit de la passion. Dans l’ordre, bien sûr.

Jonathan Custeau
La Tribune
Jonathan Custeau
Rhum à la rescousse

Le bourlingueur

Rhum à la rescousse

CHRONIQUE / Choisir Porto Rico après les ouragans et les tremblements de terre qui lui ont fait poser un genou au sol, c’est assurément composer avec les imprévus. Internet aura beau recommander plusieurs sites touristiques, il est probable qu’ils ne soient en réalité plus ouverts aux visiteurs.

De San Juan, néanmoins, une panoplie de villes et d’attractions peuvent être explorées dans une escapade d’une journée.

Jonathan Custeau
La Tribune
Jonathan Custeau
Fribourg-en-Brisgau, ville étudiante

Le bourlingueur

Fribourg-en-Brisgau, ville étudiante

CHRONIQUE / Les villes étudiantes ont ce je-ne-sais-quoi, cette vie qui garde un peu toujours ses rues animées. Même quand elles sont désertes, les rues, on palpe les battements d’une ville qui ne s’essouffle pas, qui réfléchit sans cesse, qui ne subit pas les affres du temps à la même vitesse que les autres.

C’est la contagion de la jeunesse. Et de la connaissance. On se sent plus intelligent juste d’être là. Ça bouillonne.