La bétoine ‘Hummelo’ est toujours en vedette.

La vivace de l’année 2019

Décidément, la Perennial Plant Association sait comment choisir une plante méritante! Année après année dans sa campagne «vivace de l’année», elle fait la promotion d’une plante réellement exceptionnelle et, surtout, qui a fait ses preuves. En effet, la vivace de l’année n’est jamais une nouveauté: il faut qu’elle soit sur le marché depuis plusieurs années avant d’être ajoutée à la liste des 400 gagnantes potentielles proposées annuellement.

Pour mériter un prix vivace de l’année, la plante doit:

  • Être adaptée à une large gamme de conditions climatiques;
  • Nécessiter peu d’entretien;
  • Offrir une bonne résistance aux parasites et aux maladies;
  • Être largement disponible sur le marché;
  • Offrir plusieurs saisons d’intérêt ornemental.

Cette année, le choix va à la bétoine ‘Hummelo’ (Stachys ‘Hummelo’), une vivace peu connue du grand public, mais à la floraison spectaculaire, lancée dans les années 1990 par l’hybrideur allemand Ernst Pagels. Le nom est en honneur du grand architecte paysager néerlandais, Piet Oudolf, dont le jardin se trouve à Hummelo, aux Pays-Bas. 

C’est une vivace aux nombreuses tiges dressées portant chacune un épi (Stachys vient du grec pour épi) de fleurs rose violacé qui persistent souvent deux mois, de juin à août, parfois même à septembre. Les petites fleurs tubulaires ont deux lèvres à l’extrémité, un trait classique des plantes de la famille des Lamiacées (famille de la menthe). Ses fleurs attirent les abeilles.

Avec ses feuilles couvertes de duvet blanc, l’oreille d’agneau ne ressemble pas beaucoup à sa cousine, la bétoine ‘Hummelo’.

Le feuillage de la bétoine ‘Hummelo’ constitue un excellent attrait secondaire. Les feuilles sont plutôt triangulaires et nettement bosselées avec une bordure festonnée. Elles sont semi-persistantes, ce qui veut dire qu’elles restent parfois vertes tout l’hiver. En général, cependant, elles meurent à l’automne pour régénérer au printemps comme la majorité des vivaces. 

La bétoine ‘Hummelo’ préfère le plein soleil, mais tolère bien la mi-ombre. Elle s’adapte à presque tous les sols bien drainés : secs ou plutôt humides, riches ou pauvres, acides ou alcalins. La plante est très résistante à la sécheresse aussi. La touffe, en s’élargissant, étouffe les mauvaises herbes au passage, vous évitant tout effort de désherbage. Autrement dit, une fois établie, cette plante n’a plus besoin de vous. C’est une vraie plante de jardinier paresseux! 

La bétoine ‘Hummelo’ atteint environ 45 à 60cm de hauteur et un diamètre équivalent, au début. Avec le temps, cependant, la plante s’élargit et peut même servir de couvre-sol, bien qu’il faille alors la planter assez densément, car sa croissance latérale est lente. 

Enfin, sa rusticité est excellente (zone 3) et elle est résistante aux cerfs et aux lièvres.

Les rhizomes comestibles du crosne, un légume proche parent de la bétoine ‘Hummelo’.

Ses parents

Curieusement, cette plante est une proche parente d’une vivace beaucoup mieux connue qu’on appelle oreille d’agneau (Stachys byzantina), cultivée pour son feuillage couvert de poils blancs et donc très différent de celui de la bétoine ‘Hummelo’, inerme. Ce n’est que quand l’oreille d’agneau fleurit et produit ses épis de fleurs bilabiées roses qu’on voit la ressemblance.

Une autre parente de ‘Hummelo’ est un légume… mais pas très bien connu : le crosne du Japon (S. affinis). Le crosne est un légume populaire en Asie. On déterre ses petites racines tubéreuses, au goût d’artichaut, pour les servir en salade, en garniture ou en plat d’accompagnement. Les Chinois comparent le rhizome abondamment bosselé à un collier de perles. Mais j’ai entendu des Québécois dire qu’il leur faisait plutôt penser à un asticot! La floraison du crosne — un épi rose — est plus mince et moins durable que celle des bétoines strictement ornementales, mais il n’en reste pas moins qu’elle est belle. Le légume est plus petit (30 à 50cm de hauteur par 40cm de diamètre) que sa cousine, à floraison moins durable (1 mois), mais tout aussi rustique (zone 3).

La bétoine ‘Hummelo’: une fois que vous l’aurez découverte, vous ne voudrez plus vous en passer!

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RÉPONSES À VOS QUESTIONS

Lilas à écorce décollée

Q J’ai un lilas japonais que j’ai planté en 2006. Depuis l’an dernier, je trouvais qu’il dépérissait (moins de feuilles et fleurs et des feuilles plus petites). Au printemps, je me suis aperçue que son écorce était de plus en plus fendue et, qu’à son pied, elle tombait. Maintenant, certaines branches semblent ne pas faire de feuilles. Est-ce que mon lilas est appelé à mourir? Y a-t-il quelque chose que je peux faire? Qu’est-ce qui cause ce fendillement de son écorce? Est-ce une maladie due à sa non-rusticité?  — Liette Pelletier

R    Même si votre arbre est maintenant entouré de paillis et d’une petite clôture, je soupçonne que cela n’a pas toujours été ainsi, car la blessure que vous voyez est sûrement causée par un coupe-bordure à fil de nylon, outil utilisé pour couper le gazon dans les emplacements où la tondeuse ne passe pas. Ou l’écorce a été frappée à de multiples reprises par une tondeuse. Une telle blessure peut paraître anodine, mais mène au décollement de l’écorce qui éventuellement, souvent après bien des années, finit par tomber, exposant le bois nu comme on le voit dans votre photo. Si la blessure est petite, parfois l’écorce réussit à la couvrir. Mais dans le cas de votre arbre, la moitié de la circonférence est désormais exposée. De plus, les symptômes de son dépérissement (branches mortes, petites feuilles, etc.) sont déjà évidents. Donc, le problème n’est pas dû à un manque de rusticité, mais à la mauvaise utilisation d’un outil il y a peut-être bien des années. Même si l’on voit couramment des gens le faire, il ne faut jamais désherber la base d’un jeune arbre avec un coupe-bordure ni le frapper avec une tondeuse. Solution : entourez le tronc d’une rondelle de paillis dès la plantation éliminera le besoin de désherber et offrira à votre futur arbre une longue vie en santé. Je crains que votre arbre continue de dépérir. Il serait sage de penser à le remplacer. Cette fois-ci, bien sûr, ne laissez aucun outil toucher à la base du tronc.

L’écorce décollée indique la présence d’une blessure de longue date.

Comment contrôler le «bambou»?

Q Nous avons acheté une maison dernièrement et nous faisons maintenant le ménage du terrain et des plates-bandes. Dans l’une d’elles, il y a des plants de bambou. L’été dernier, j’ai enlevé les tiges ainsi que les racines. À ma grande surprise ce printemps, les tiges réapparaissent. Existe-t-il une façon d’éliminer le bambou d’une façon définitive?  — Gilles Paquet

R    Le soi-disant bambou trouvé dans les jardins québécois n’est pas un bambou du tout, mais une renouée du Japon (le vrai bambou est une graminée). Longtemps appelée Fallopia japonica, auparavant Polygonum cuspidatum, cette renouée porte maintenant le nom botanique Reynoutria japonica. C’est une très grande vivace de 2 à 3m de hauteur avec des tiges creuses, des feuilles ovées et de minces plumets de fleurs blanches en fin de saison. Grâce à ses puissants rhizomes souterrains qui peuvent parfois descendre à 3m de profondeur, l’arrachage est généralement une perte de temps. D’ailleurs, arracher la plante aggrave le problème, comme vous l’avez constaté, car cela laisse dans le sol de petits fragments de rhizomes, qui donnent de nouvelles plantes. Pour la contrôler, je recommande le bâchage : couvrir tout le secteur d’une toile noire dès le printemps. La toile doit rester en place au moins deux ans. Sans lumière, la plante s’épuisera, vous laissant avec un jardin sans renouée… ou presque. Même après deux ans dans le noir, il apparaît parfois des tiges très faibles. Coupez-les sans tarder pour parfaire l’éradication.

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Des questions, svp!

Vous pouvez nous joindre par courriel à courrierjardinierparesseux@yahoo.com

Par courrier à: 

Le jardinier paresseux, Le Soleil, C.P. 1547, succ. Terminus, Québec (Québec),  G1K 7J6

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CALENDRIER HORTICOLE

Potager en façade

La Société éducative Roger-Van den Hende offre une conférence sur le potager en façade avec Jean-Denis Brisson. Elle aura lieu le dimanche 9 juin à 10h à la jardinerie Floralies Jouvence, 2020, avenue Jules-Verne, Québec. Coût : gratuit.

Info : societeeducativervdh@gmail.com ou 581 922-1034

Échange de plantes

La société d’horticulture de Beauport vous invite à son échange de plantes annuel le mercredi 12 juin 2019 au Centre municipal Mgr Laval, au 35, rue du Couvent, Beauport, à 19h30. Il faut apporter trois plantes vivaces transplantées et enracinées, exemptes d’insectes et de maladies. Les plants doivent être mis dans des sacs en plastique pour la propreté et pour faciliter le transport.

Info : Christine Arbour au 581 988-2556

Voyage horticole

La Société d’horticulture et d’écologie de Montmagny organise un voyage horticole le samedi 27 juillet 2019 qui comprend des visites du parc Marie-Victorin à Kingsey Falls et de la Miellerie King. Le coût est de 65 $ pour les membres, 75 $ pour les non-membres.

Info : Marie Michon au 418 715-0500 ou sochortmty@hotmail.ca

Pour toute activité horticole, écrivez à courrierjardinierparesseux@yahoo.com.

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ENTRETIEN HORTICOLE

À faire cette semaine

Commencez à acclimater à la vie en plein air les plantes d’intérieur qui séjourneront à l’extérieur cet été.
Quand les températures demeurent au-dessus de 12 °C la nuit, on peut planter les légumes et annuelles tendres (tomates, poivrons, courges, bégonias, impatiens, etc.) en pleine terre.
Arrosez régulièrement les végétaux fraîchement plantés pendant les trois semaines qui suivent leur mise en terre.
› Quand le feuillage des bulbes sèche, vous pouvez le couper.
› Retournez régulièrement le compost pour une production plus rapide.