Ce n’est pas possible pour tous les parents, mais ça peut être une bonne idée d’avoir une entente où on donne quelques dollars à chaque 100 $ mis de côté, par exemple. Une belle façon de motiver la marmaille!

La première job

CHRONIQUE / Ah, l’ado qui a sa première job! Ça fait ton affaire. Il ne passe pas l’été à jouer (constamment) aux jeux vidéo ou à errer sans but avec des amis dans le sous-sol ou au centre d’achat!

Tu es tellement fier de lui! Il a fait les démarches pour se trouver une job. Tu l’as peut-être aidé à faire son CV. Lui a donné quelques conseils pour se préparer aux entrevues. En même temps, toi aussi, ça te fait comme une job à temps partiel... Faut que tu ailles le reconduire de temps en temps, surtout quand il commence (trop) tôt ou qu’il finit tard. Tu t’inquiètes un peu s’il fait le close. Tu dors pas bien tant qu’il n’est pas revenu.

Et c’est sans compter que tes vacances en famille, c’est rendu un vieux souvenir, au même titre que sa couette de cheveux dans son livre de bébé. Un peu embêtant pour lui de demander une semaine de congé pour partir en voyage avec papa-maman après quatre jours de travail!

Ou c’est juste pas possible pour ton ado-moniteur-de-camp-de-jour d’abandonner un groupe de jeunes pour partir en vacances!

Mais c’est pas grave ça. Je l’ai dit, tu es tellement fier. Lui aussi d’ailleurs. Là, il vient d’avoir sa première paie. Ouf! Il n’a jamais vu autant d’argent dans son compte!

D’ailleurs, c’est le bon moment de continuer (ou de commencer!) son éducation par rapport à l’épargne.

Un ami m’a dit que son fils a retiré d’un coup 500 des 764 $ de sa première paye. Il voulait voir le feeling d’avoir autant d’argent. Il se «pensait bon» avec ses liasses de billets durement gagnés à flipper des burgers.

Mais à 14 ans, il n’a pas beaucoup de dépenses, on s’entend! Tout ce qui est essentiel, papa-maman paie encore. On sait que ça va finir en vêtements de marque, en sorties ou en gadgets électroniques. C’est bien correct qu’il en dépense une partie pour ce qu’il aime, c’est ce qui le motive à aller travailler!

Mais pourquoi ne pas l’inciter fortement (t’as vu, j’ai pas écrit forcer!) à en économiser une partie? Et pas juste quelques dollars. Pourquoi pas le tiers, ou la moitié même?

Une amie fait la même recommandation à ses enfants depuis qu’ils sont jeunes. Quand ils reçoivent de l’argent à Noël ou à leur fête des grands-parents, elle leur conseille toujours d’en dépenser la moitié, mais d’épargner le reste. Elle n’oblige pas, mais ça donne quand même un ordre de grandeur aux enfants. Ça peut paraître cruel pour un jeune, mais ça crée très tôt de bonnes habitudes d’épargne.

D’ailleurs, quand les plus vieux ont voulu un iPod, elle ne s’y est pas opposée. Mais il a fallu qu’ils ramassent l’argent. Elle a même dû se battre contre des membres de la famille, qui à chaque fête voulaient donner plus pour que les enfants aient enfin leur fameux bidule. Ils ne voyaient pas le côté éducatif de la chose.

Pourtant, les enfants, eux, étaient bien contents de compter les dollars et de voir combien il leur en manquait. À chaque petite dépense qu’ils faisaient, il y avait un choix : oui, ils pouvaient s’acheter une barre de chocolat ou un chandail, mais ils comprenaient que ça repoussait l’achat du iPod. Alors après un an pour un, et un an et demi pour l’autre, ils ont finalement pu l’acheter. Imaginez leur fierté! Et à l’avoir tant désiré, ne vous en faites pas, ils y ont fait attention!!!

Alors maintenant qu’ils sont plus vieux et qu’ils commencent à travailler, la même logique tient toujours. Leur mère suggère encore d’épargner la moitié. Une portion pour un projet à moyen terme — pour le voyage dans le sud prévu l’an prochain ou un objet plus cher. C’est concret et plus sexy que d’essayer de le faire épargner pour sa retraite. L’autre montant, c’est comme s’il n’existait pas : celui-là sert à faire fructifier, à investir, pour plus tard. Plus abstrait donc, mais pas moins important. Pas toujours évident de le faire comprendre aux ados. On se remet à leur place, nous non plus on ne pensait pas trop au coût de nos études, à notre future maison ou à notre retraite à 15-16 ans.

Dans le cas de mon amie, pour l’aîné plus économe, l’épargne va de soi. Pour la cadette, c’est un peu moins évident puisqu’elle est un peu plus dépensière. Mais ça fonctionne quand même bien! Et le petit dernier, lui, ramasse des cannettes et aime bien voir les cennes s’accumuler dans son compte!

Une autre amie, elle, a eu la chance d’avoir des parents qui accotaient chaque montant qu’elle mettait en épargne. Une bonne façon de se motiver, quand ça grimpe deux fois plus vite. Évidemment, ce n’est pas possible pour tous les parents, mais ça peut être une bonne idée d’avoir une entente où on donne quelques dollars à chaque 100 $ mis de côté, par exemple. Une belle façon de motiver la marmaille!

L’ado n’aimera sûrement pas l’idée d’épargner un gros montant sur sa paie, sauf si tu as une version de type très raisonnable. Mais comme pour beaucoup de choses quand on est parents, on le fait pour leur bien et non pour leur faire plaisir. C’est quand il sera plus vieux qu’il en mesurera toute la portée et qu’il te remerciera. Surtout quand il va arriver à la banque avec une énorme mise de fonds pour acheter sa première maison...