En voyage à NOLA, on garde toujours sur soi plusieurs petits billets : il vaut mieux être toujours prêt à laisser quelques dollars aux musiciens qui donnent de sacrés bons concerts, que ce soit dans les bars ou dans les rues.

La Nouvelle-Orléans, au-delà de la fête

Quand on évoque La Nouvelle-Orléans, c’est souvent pour ses clubs de jazz, ses bars qui foisonnent d’activités et les parades qui sillonnent ses rues, dans lesquelles on peut déguster des cocktails à même le trottoir. Le tout culminant évidemment lors du décadent Mardi gras!

Mardi gras et Katrina

Difficile de comprendre l’attitude détendue des Louisianais et la désolation de certains quartiers de la ville sans connaître deux phénomènes majeurs liés à la ville : les traditions de Mardi gras, vieilles de plus de 300 ans, et les ravages laissés par les ouragans, dont le célèbre Katrina.

Pour y voir plus clair, le musée The Presbytère, situé à côté de la cathédrale Saint-Louis, offre une visite parfaite, pour la très modique somme de 6 $ par personne.

Le premier étage est consacré à une exposition sur Katrina. À travers les témoignages, les pans de murs couverts de graffitis, les extraits de bulletins de nouvelles et les images vidéo prises dans la ville pendant la tempête, on réussit à mieux comprendre l’ampleur de cette tragédie qui a causé la mort de plus de 1800 personnes en 2005 et solidement marqué l’imaginaire et l’urbanisme de La Nouvelle-Orléans.

Au deuxième étage, on découvre une facette beaucoup plus positive de NOLA : son histoire carnavalesque. L’exposition aborde la naissance et l’évolution des krewes, ces clubs qui organisent les défilés; l’attitude des foules, qui observaient autrefois les parades dans le silence le plus complet; les traditions de carnaval des régions plus rurales de l’État… et bien plus encore.

Le Quartier « français »

Le quadrilatère où la ville est née, communément appelé le « Vieux carré français », est le lieu touristique par excellence à La Nouvelle-Orléans. Il est vrai que les noms de rues y sont en français, langue qui était abondamment parlée dans la ville jusqu’au début des années 1900. Mais l’architecture iconique de l’endroit, avec ses balcons en fer forgé tout autour des bâtisses, date pourtant de l’époque coloniale espagnole : le seul exemple d’architecture coloniale française qui tient toujours debout dans la ville est le joli couvent des ursulines.

N’empêche, il faut déambuler dans ce quartier de jour comme de soir pour bien en sentir l’atmosphère, et même pousser jusqu’à Frenchmen Street, un peu à l’écart, pour les clubs de jazz. Le Spotted Cat, pour ne nommer qu’un établissement, offre des concerts dès l’après-midi; on va y boire un cocktail ou une bière locale en écoutant le groupe du moment. D’ailleurs, en voyage à NOLA, on garde toujours sur soi plusieurs petits billets : il vaut mieux être toujours prêt à laisser quelques dollars aux musiciens qui donnent de sacrés bons concerts, que ce soit dans les bars ou dans les rues.

Avec ses alligators et ses bayous, la Louisiane a sans contredit une faune et une flore intéressantes à découvrir, pour peu qu’on se donne la peine de sortir des grandes villes. Si on tient à rester à NOLA, le zoo Audubon présente une reconstitution de ce type de milieu humide.

Alligators et bayous

Avec ses milieux humides peuplés d’alligators, de pélicans et de tortues, la Louisiane a sans contredit une faune et une flore intéressantes à découvrir. La façon la plus immersive de le faire est carrément de visiter un bayou. Ceux-ci se trouvent à l’extérieur de la ville : il faut donc louer une voiture pour s’y rendre ou, plus simplement, réserver une place dans un tour guidé avec transport inclus à partir du centre-ville. Plusieurs compagnies offrent des promenades sur l’eau en hydroglisseur, mais on peut préférer l’option plus écologique d’une balade en canot ou en kayak.

Si on tient à rester dans la ville, le zoo Audubon présente une reconstitution d’un bayou assez fidèle à la réalité, avec des exemples de cabanes de pêcheurs. On y retrouve aussi un rare alligator blanc, malheureusement gardé dans un tout petit aquarium intérieur. On peut se rendre au zoo en prenant le fameux tramway Saint-Charles, et profiter du retour pour s’arrêter sur la rue marchande Magazine Street, où on retrouve une infinité de boutiques locales.

Pour observer la faune aquatique d’encore plus près, l’aquarium Audubon, situé tout près du centre de la ville, est d’une qualité surprenante. On peut y voir des requins, des anguilles, une tortue géante, marcher dans un tunnel d’eau et même flatter des raies. Une visite qui vaut le détour!

Une journée dans Tremé

Parmi les quartiers adjacents au Vieux carré, celui de Tremé est l’un des plus beaux. On y trouve l’immense City Park – plus grand que le Central Park de New York –, où on peut se reposer à l’ombre de plusieurs grands chênes typiques de l’endroit, dont un avec plusieurs immenses carillons suspendus à ses branches.

L’herbe sous le grand chêne orné de carillons géants dans City Park offre un endroit idéal pour se reposer à la Nouvelle-Orléans après une visite du Musée d’art de La Nouvelle-Orléans (NOMA), situé juste à côté.

Le Musée d’art de La Nouvelle-Orléans (NOMA) est situé à l’entrée du parc, et possède une belle collection permanente. Au deuxième étage, on trouve des salles particulièrement intéressantes sur l’art louisianais, de l’arrivée des colons jusqu’aux productions contemporaines. D’anciens meubles donnent aussi une idée de ce qu’avait l’air la vie à La Nouvelle-Orléans début des années 1800, et un coffre dans lequel des feuilles d’érable sont gravées est l’un des quelques témoignages matériels rappelant du passage des Acadiens.

On peut profiter du déplacement dans le secteur pour visiter la Pitot House, où se trouvait autrefois une plantation, ou les jardins de la Longue Vue House and Gardens. Ensuite, on revient vers le centre en marchant sur Esplanade Street, où défilent les demeures luxueuses bordées de grands chênes.

Et évidemment, une fois que le soleil se couche, on sort faire la fête : si l’ambiance de Bourbon Street est trop tapageuse pour vous, ne vous inquiétez pas. Des bars pour s’amuser, ce n’est pas ça qui manque à NOLA.

Une expérience spirituelle

Les mélanges culturels que l’on retrouve à La Nouvelle-Orléans ne s’observent pas que dans l’architecture et la diversité de la population, mais aussi dans ses traditions spirituelles.

Un exemple : en face de la cathédrale Saint-Louis, une église catholique dans cet État majoritairement protestant, on retrouve une rangée de tireuses de tarot. Quelques rues plus loin, un temple vaudou. Et dans celui-ci, sur l’autel principal, en plus des représentations d’esprits vaudous, on retrouve des chandelles et statuettes chrétiennes, mises là pour représenter des entités vaudoues. En voilà, un mélange!

Le Voodoo Museum, petit musée coincé dans le Quartier français, offre pour 5 $ un panorama rapide du vaudou tel que pratiqué en Louisiane. L’exposition nous permet de comprendre la différence entre cette religion et les divers clichés hollywoodiens qui y sont rattachés, sans pourtant traiter du sujet d’un point de vue clinique et aseptisé – l’ambiance en dit tout autant que les fiches informatives.

Les fameux cimetières de la ville valent aussi le détour. Attention : le cimetière St-Louis « numéro 1 », le plus ancien, situé aux limites du Quartier français, n’est ouvert au public que sur accompagnement d’un guide. Les autres, dont le « numéro 3 », près de City Park, sont pour leur part ouverts pour des visites libres. On peut y constater que les tombes sont fort différentes de celles des cimetières nord-américains traditionnels : les corps sont placés dans des monuments en hauteur plutôt que dans la terre, étant donné le sol très humide, situé sous le niveau de la mer, de La Nouvelle-Orléans.

Dans la plupart des grandes villes touristiques à travers le monde, on peut faire un ghost tour, une sorte de tour guidé en soirée lors duquel histoires de fantômes et de crimes sont au programme. Souvent, une ou deux compagnies offrent ce type d’activité dans chaque ville, mais à La Nouvelle-Orléans, il y en a des tonnes! La ville a un taux de criminalité assez élevé, et une histoire riche en rebondissements. Si les histoires sordides ne vous rebutent pas, ça vaut la peine de réserver deux heures pour un tel tour; les Néo-Orléanais sont attachés à leurs fantômes, et considèrent souvent ceux-ci comme des esprits qu’il est normal de côtoyer, non comme des phénomènes qui sèment la terreur.

Vous êtes sceptiques? Un petit cocktail dans la main vous ouvrira probablement l’esprit le temps de cette balade nocturne. Attention au populaire « Hurricane » : sa teneur élevée en alcool pourrait vous attirer plus d’ennuis que n’importe lequel des fantômes…