Depuis le début de la pandémie, le monde du sim racing a connu une ascension fulgurante, ce qui profite au centre Apex V2R, basé à Ottawa.
Depuis le début de la pandémie, le monde du sim racing a connu une ascension fulgurante, ce qui profite au centre Apex V2R, basé à Ottawa.

La course automobile virtuelle, un sport en pleine ascension

Alors que le sport automobile est à l’arrêt en raison de la pandémie de COVID-19, le monde du sim racing connaît pour sa part une ascension fulgurante.

La Formule 1 et la NASCAR ont d’ailleurs commencé, il y a quelques semaines, à diffuser des courses virtuelles sur leurs chaînes respectives mettant en vedette certains de leurs pilotes ainsi que d’autres personnalités connues tels que le golfeur Ian Poulter et le chanteur Liam Payne, entre autres.

Sur la plateforme de jeu iRacing — la plus populaire et la plus prisée par les professionnels — le nombre de membres a également bondi par milliers.

« C’est incroyable comment le monde du sim racing a changé et évolué rapidement depuis la crise, lance Marc-André Séguin, directeur chez Apex V2R, un centre de simulation de course et de coaching établi à Ottawa. Habituellement, il y a environ 2000 personnes en ligne le soir sur iRacing et mardi soir, à titre d’exemple, il y en avait 16 000. La COVID-19 a créé une très forte demande pour la simulation. C’est vraiment parti d’un marché niche à être mainstream en l’espace de quelques semaines. »

Le directeur d'Apex V2R, marc-André Séguin

Ici, au Canada, les pilotes professionnels auront notamment la chance de se faire valoir dans une série de championnats à bord de simulateurs de voitures GT3 dès samedi (20 h). Organisé par Apex V2R, le championnat mettra en vedette une quarantaine de pilotes professionnels canadiens pendant quatre semaines.

« Chaque samedi, à partir du 2 mai, on aura une course, détaille M. Séguin. Il y aura 20 minutes de qualifications, puis une course de 40 minutes. »

« C’est comme si c’était une vraie course, poursuit-il. Ce sont les pilotes qui décident par exemple du montant d’essence qu’ils désirent mettre dans la voiture, du type de pneus chaussé et des paramètres pour la suspension du véhicule. Tout est ouvert. »

Les dommages sur la voiture en cas de collision affectent également les performances du véhicule « comme dans la vraie vie, mais sans les impacts sur le budget et sur la santé ».

« Ça va être intéressant à voir parce qu’on a plusieurs pilotes enregistrés qui ont énormément d’expérience sur piste, mais peu sur un simulateur et vice versa, souligne Marc-André Séguin. Cinq de nos pilotes se sont d’ailleurs fait construire un simulateur au cours des dernières semaines. »

Le gardien de but des Sénateurs d’Ottawa, Craig Anderson, fera notamment partie des pilotes en liste, confie M. Séguin.

« C’est un excellent pilote et un bon ami d’Apex V2R, affirme M. Séguin. On peut voir qu’il est vraiment passionné par le sport automobile et la simulation de course lui permet de pratiquer ce sport sans risque de blessure étant donné sa carrière de hockeyeur. »

Craig Anderson à bord d'un simulateur de course, assisté par Marc-André Séguin.

Questionné à savoir si le sim racing devrait être éventuellement considéré comme un véritable sport au même titre que la course automobile, le directeur d’Apex V2R répond « absolument ».

« Ça fait longtemps que je le dis, lance-t-il. Il y a de plus en plus de pros qui sont sur des simulateurs. Quand les gens voient que de vrais pilotes font du sim racing, ils prennent ça plus au sérieux que si c’était un simple jeu vidéo. La grosse différence entre la course et le sim racing c’est qu’en simulation, on ne ressent pas les G-Forces, c’est-à-dire les forces de mouvement et les changements de poids avec notre corps. Il faut s’adapter et s’habituer à utiliser d’autres sens, parce que le reste est identique. Dans la vraie vie, il y a aussi beaucoup de variables avec lesquelles les pilotes peuvent influencer les performances d’une voiture par rapport à celles de leurs adversaires. En simulation, tout le monde a la même voiture en fin de compte et des nouveaux pneus pour débuter une course. C’est donc encore plus difficile de gagner parce que c’est vraiment la conduite d’un pilote qui va faire la différence, plus que la puissance d’une voiture. »

« Le sim racing offre aussi la chance à beaucoup plus d’athlètes de faire de la course, étant donné les dépenses que la course automobile engendre », ajoute-t-il.

Ceux et celles qui souhaiteraient visionner la course de samedi pourront le faire via YouTube et la page Facebook d’Apex V2R.