Les Galets de Natashquan.

La beauté brute de la Côte-Nord

VOYAGE / Je crois ne m’être jamais fait autant remercier d’avoir choisi un lieu comme destination touristique. C’est pourtant ce qui nous est arrivé, lorsqu’on a mis le pied à Havre-Saint-Pierre, lors de la première semaine des vacances de la construction.

« Merci vraiment d’avoir choisi la Côte-Nord pour vos vacances. Sans les touristes, on ne pourrait pas faire ce travail qui nous passionne. Et disons que ce n’est pas tout le monde qui choisit notre région comme destination », nous a dit une guide de la Réserve du parc national de l’Archipel-de-Mingan, lors d’une excursion sur les magnifiques îles qui longent cette partie de la Côte-Nord.

Les rochers chauffés par le soleil de Baie-Johan-Beetz.

Il faut admettre que le bout de la Côte-Nord, c’est loin. Et lorsqu’on pense avoir atteint sa frontière, on peut se rendre encore plus loin, grâce à la voie navigable. Parce que ce ne sont pas toutes les municipalités de la région qui sont accessibles par la route, mais ça, je ne vous apprends rien.

S’enfoncer dans la Côte-Nord, c’est un peu comme mettre le temps sur pause. À moto, nous nous sommes rendus jusqu’à Natashquan, ce petit village de 260 âmes situé à 918 kilomètres de Chicoutimi et à 1270 kilomètres de Montréal, accessible par la route depuis 1996 et rendu célèbre grâce à Gilles Vigneault.

Les monolithes de l’île Niapiskau.

« Ici, on peut ‘‘chiller’’ en solitaire sur la grève », nous a dit un habitant de ce petit village de pêcheurs, qui se promenait pieds nus en répondant aux questions de touriste de mon copain. Mettre le temps sur pause, prendre une bonne bouffée d’air salin et admirer les paysages, voilà ce qu’on peut faire à Natashquan, qui ne mousse pas le tourisme plus qu’il ne le faut. Il faut dire que sans son poète, Natashquan ne serait sans doute pas devenu l’un des plus célèbres villages du Québec. Puisqu’engloutir autant de kilomètres d’asphalte pour prendre une simple bouffée d’air salin rebute bien des touristes.

Mais ce petit village magnifique, notamment grâce aux Galets, ces petites cabanes construites pour la pêche il y a une centaine d’années aux abords du fleuve, mérite qu’on fasse sa connaissance. Tout comme les magnifiques îles de l’Archipel-de-Mingan, un véritable casse-tête pour les navigateurs de l’époque, et ses irréels monolithes, forgés lors de la période glaciaire.

L’eau cristalline de l’île du Fantôme.

Ceux qui s’aventureront sur la route 138 auront la chance d’admirer des points de vue majestueux sur le fleuve Saint-Laurent, bien que les haltes routières nous prennent par surprise puisqu’elles ne sont que très rarement annoncées.

On a mangé du crabe, du homard et de la chicoutai, ce petit fruit emblème de la Côte-Nord. « Goûtez-y. Si vous n’aimez pas ça, ce n’est pas plus grave que ça, mais au moins, vous y aurez goûté », nous a dit un guide originaire de Havre-Saint-Pierre. C’est ce que nous avons fait. Ça ne vaut ni le bleuet du Lac-Saint-Jean ni la fraise de l’île d’Orléans, mais au moins, je pourrai dire que j’en ai mangé.

La plage de Baie-Trinité.

Nous avons mangé Chez Julie, ce restaurant qui est sur toutes les lèvres de ceux et celles qui ont visité Harve-Saint-Pierre. Le club au crabe vaut ses 45 $, et ses assiettes de fruits de mer rassasieront les plus grands gourmands, vous pouvez me croire sur parole.

Coups de coeur

Mes coups de coeur de la Côte-Nord ? Cap-de-Bon-Désir et ses baleines, le Grand Hôtel de Baie-Comeau et ses prix particulièrement abordables, la plage de Baie-Trinité, la beauté côtière de Rivière-au-Tonnerre, les monolithes et l’eau cristalline des îles Niapiskau et du Fantôme, les rochers réchauffés par le soleil de Baie-Johan-Beetz, la tranquillité de Natashquan et l’accent des Cayens et des Cayennes.

Le sable orangé d’Havre-Saint-Pierre.

Pour ceux qui hésitaient à découvrir la Côte-Nord et ses paysages bruts, allez-y, ce n’est pas si loin que ça. Laissez-vous simplement porter par le vent.