«Patiner sur les canaux gelés! J’ai connu cette joie deux fois depuis que j’habite ici. Il faut que les températures descendent sous le point de congélation plusieurs jours consécutifs pour avoir ce plaisir, ce qui n’arrive presque plus, à la grande déception des Néerlandais.»

Julie Couture à Amsterdam, par amour et pour l’histoire

Ils viennent du Québec, mais sont partis vivre aux quatre coins du monde. Pour le travail, par amour, pour aller voir ailleurs si l’herbe est plus verte. Le Mag vous les présente et vous décrit leur quotidien. Tranches de vie.

NOM : Julie Couture
ÂGE : 37 ans
PROFESSION : Coordonnatrice des projets éducatifs canadiens de la Maison Anne Frank

Trajectoire

«Noël 2004. Ma sœur et moi partons pour l’Espagne en vacances. Le dernier soir, nous avons fait la connaissance de deux Néerlandais au bar Amsterdam, à Torremolinos. Cette rencontre allait changer ma vie. De retour à Québec, après mes études en histoire et en enseignement au collégial, je suis repartie découvrir l’Europe et ce grand Néerlandais croisé dans ce bar au nom prophétique. Presque 14 ans plus tard, je travaille pour un des musées historiques les plus célèbres d’Amsterdam et je suis toujours avec ce Néerlandais rencontré en Espagne. 

«Mon conjoint, Niels van der Gulik, et moi dans un bateau sur les canaux d’Amsterdam pendant le Festival des Lumières. Photo prise par ma sœur, lors de sa dernière visite avec sa famille.»

Raison

«A priori, c’est l’amour qui m’a amenée à quitter ma belle ville de Québec. Mais depuis 2009, il y a aussi une raison professionnelle. Passionnée par l’histoire européenne, surtout durant la Deuxième Guerre mondiale, je travaille maintenant à la Maison Anne Frank. Je coordonne les trois expositions itinérantes qui circulent au Canada, ce qui me ramène deux à trois fois par année au pays.  Je donne des formations à des jeunes de 4e et 5e secondaire pour les préparer à leur rôle de guide de l’exposition.»

«Cette œuvre d’art public représentant Anne Frank, à Amsterdam Nord, me fait réaliser à quel point l’histoire de cette jeune fille est connue et doit continuer d’être racontée. Plus de 1,2 million de personnes par année visitent le musée pour lequel je travaille.»

Le plus dur à apprivoiser…

«J’ai vécu des années difficiles avec les services d’immigration et la recherche d’emploi, mais le plus grand défi a été la langue. Aujourd’hui, je peux enfin m’exprimer en néerlandais, même si mon conjoint me corrige régulièrement. J’ai aussi dû apprivoiser le vélo. C’est le meilleur moyen pour aller du point A au point B, mais les Amstellodamois sont plutôt agressifs sur deux roues, rien à voir avec une balade de plaisir.»

«Moi, durant une formation au Canada, ici à Mississauga, en Ontario. Je forme des jeunes pour qu’ils deviennent guides de l’exposition.»

Aujourd’hui, je vis comme une Néerlandaise parce que...

«J’ai voyagé longtemps en vélo pour me rendre au travail. Maintenant, je marche, c’est beaucoup moins stressant, longeant les beaux canaux d’Amsterdam. J’ai eu des petits emplois typiques, comme travailler dans une usine de biscuits, dans les serres à tulipes et comme facteur. J’ai aussi perdu la notion des distances. Je trouve qu’aller visiter la famille de mon conjoint à une heure de train... c’est loin!»

Je mange...

«Beaucoup de fromages, qui sont délicieux! Et beaucoup de pain, mais moins que les vrais Néerlandais, qui mettent tout entre deux tranches. J’adore les stroopwafels, biscuits composés de deux minces gaufres avec du caramel au centre. Je les fais d’ailleurs découvrir aux jeunes que je forme au Canada. Mon conjoint et moi sommes végétariens, et j’apprécie la diversité des produits et le développement des restaurants végétariens et véganes à Amsterdam ces dernières années.»

«J’adore les stroopwafels!»

J’habite...

«À Amsterdam, où mon conjoint et moi avons déménagé il y a bientôt 10 ans et on adore. On habite le Quartier latin, très branché avec ses restaurants et ses bars. Je ne me passerais plus des canaux, qui font partie intégrante de la vie des Amstellodamois.»

Je m’ennuie...

«De ma famille, que je peux heureusement voir de temps en temps et avec qui j’ai des rendez-vous réguliers sur Skype. Mais je m’ennuie aussi vraiment de la poutine. Dernièrement, j’ai rapporté du fromage en grains et j’ai composé ma propre poutine pour la faire goûter ici. Le délicieux blé d’Inde du Québec me manque également. Et je ne pensais jamais dire cela, mais la neige aussi parfois.»


« Je m’ennuie vraiment de la poutine. Dernièrement, j’ai rapporté du fromage en grains et j’ai composé ma propre poutine pour la faire goûter ici. Le délicieux blé d’Inde du Québec me manque également. »
Julie Couture
«Les Néerlandais sont encore très reconnaissants envers les Canadiens, qui ont activement participé à la libération des Pays-Bas. Plus de 5000 Canadiens ont péri durant les combats de la Seconde Guerre. Au cimetière canadien à Holten, le 24 décembre, des jeunes viennent déposer une chandelle sur chaque tombe. Très impressionnant!»

Je reste branchée au Québec en...

«Essayant d’écouter quelques émissions sur YouTube, comme Tout le monde en parle. Je lis régulièrement les nouvelles sur le site Internet de Radio-Canada et je me tiens informée par ma famille et mes amis au Québec.»

«Quand j’habitais à Québec, je prenais souvent le traversier vers Lévis. Maintenant, je prends le traversier gratuit vers Amsterdam Nord et le cinéma et musée EYE pour apprécier un film ou un documentaire.»

Un bon coup de ma ville d’adoption que je rapporterais au Québec...

«Il existe deux cartes aux Pays-Bas qui rendent ma vie beaucoup plus intéressante. Il s’agit de la Museumkaart et la Cinevillepas. La première permet de visiter gratuitement des musées à la grandeur du pays pendant un an, en déboursant un prix annuel. La deuxième permet d’aller voir tous les films désirés, en payant un montant mensuel. Je peux donc savourer mes passe-temps favoris.»