Cette pelouse a tellement souffert de la sécheresse et de la punaise velue qu’elle est à refaire.
Cette pelouse a tellement souffert de la sécheresse et de la punaise velue qu’elle est à refaire.

Récupérez un gazon en détresse

Larry Hodgson
Larry Hodgson
Le Soleil
L’été 2020 a été très stressant pour les pelouses québécoises, avec des records de température et presque un mois de sécheresse en juillet. Évidemment, quand un gazon est affaibli, les insectes ravageurs et les mauvaises herbes en profitent pour le miner encore davantage.

Mais les températures s’abaissent, la pluie est revenue et la plupart des gazons récupèrent très bien. Mais pas tous. Que faire si votre gazon est encore rempli de plaques mortes ou de graminées parsemées?

L’automne : la saison parfaite pour la récup

Certains propriétaires pensent attendre au printemps pour essayer de refaire leur gazon, mais ils ont tort. Le début d’automne (fin d’août jusqu’à la mi-septembre) est la meilleure période pour le faire. Le gazon germe et s’enracine mieux quand le sol est assez chaud, mais l’air est raisonnablement frais et quand la pluie et la rosée sont abondantes. En même temps, les mauvaises herbes germent peu à l’automne, laissant toute la place aux graminées et au trèfle. 

Aussi, au printemps, la chaleur et la sécheresse arrivent souvent trop tôt et tuent les jeunes graminées avant qu’elles ne soient bien établies. Le froid d’octobre et de novembre ne nuit pas aux jeunes graminées. Au contraire, il stimule un meilleur enracinement.

Traitement localisé

Si les «dégâts» sont localisés — des parcelles de gazon beige çà et là —, mais que le gazon dans son ensemble va bien, la réparation est relativement facile. Grattez les surfaces atteintes avec un binette ou autre outil de culture afin d’en retirer le gazon mort et les mauvaises herbes. Ramassez aussi racines, pierres et autres débris. Maintenant, terreautez-les avec une bonne terre à gazon ou du compost. Ne lésinez pas sur la qualité et surtout, évitez la soi-disant terre noire, qui n’est essentiellement qu’un produit bidon. Appliquez environ 2 cm de terre sur la surface, un peu plus dans les dépressions, puis égalisez au râteau. 

Semez maintenant à la volée des semences de gazon de qualité. De préférence, employez un gazon à entretien minimal (à entretien réduit, explications plus loin). Tassez un peu le sol avec le dos du râteau pour que les semences soient bien en contact avec le sol.

Enfin, arrosez doucement… et maintenez le sol humide pendant les quatre prochaines semaines, arrosant si la pluie manque.

Si le gazon est à refaire

Si le gazon est mort ou affaiblit sur plus que la moitié de sa surface, il sera plus facile de recommencer à zéro. Fort probablement que la terre n’était pas vraiment convenable; soit qu’elle ne l’ait jamais été ou encore elle était très dégradée et un simple sursemis ne donnera pas des résultats très intéressants. 

Une déplaqueuse permet d’enlever une pelouse rapidement.

Pour refaire un gazon, vous pouvez faire comme ci-dessus, soit en grattant le sol pour enlever le gazon mort et les mauvaises herbes, mais il est encore plus facile — et aussi, plus efficace — d’enlever les premiers 2,5 à 5 cm de terre et de recommencer à zéro.

À cette fin, louez une déplaqueuse (détourbeuse) motorisée ou engagez quelqu’un pour la passer. Elle enlèvera l’ancien gazon (aussi les mauvaises herbes) par bandes que vous pouvez tout simplement enrouler et transporter à l’Écocentre. La déplaqueuse fonctionne mieux dans un sol au moins un peu humide, donc il pourrait être nécessaire d’arroser la veille de l’arrachage. Utilisez une bêche pour enlever le gazon dans les endroits où la plaqueuse ne peut pas passer.

Maintenant, passez un rotoculteur sur la surface pour ameublir le sol, puis enlevez les pierres et autres débris avant d’égaliser au râteau. Remplacez la terre enlevée (si vous avez enlevé 2,5cm de terre, par exemple, rajoutez-en 2,5cm) par de la terre à gazon de qualité. Utilisez un épandeur (habituellement prêté sans frais par le magasin qui fournit les semences) pour appliquer les semences à gazon à entretien minimal, en suivant le mode d’emploi. 

Entretenez par la suite le gazon comme ci-dessous.

Semez des graines de gazon par-dessus la terre fraîchement posée.

Pourquoi un gazon à entretien minimal?

Si vous avez eu des problèmes par le passé avec un gazon, sans doute que les insectes comme la punaise velue (punaise des céréales) ou la pyrale de prés font partie du problème. L’avantage des gazons à entretien minimal est qu’ils contiennent une bonne part de graminées (fétuques, ivraies, etc.) résistantes aux insectes défoliateurs. Ces graminées vivent en symbiose avec des champignons endophytes qui rendent les feuilles de gazon essentiellement toxiques aux insectes. Imaginez la différence comparativement à un gazon classique fait uniquement de pâturin des prés (pâturin du Kentucky), la graminée la plus sensible aux insectes! Semer un gazon classique, c’est s’assurer de longues années de complications!

Le gazon à entretien minimal a d’autres avantages : 

  • Fréquence de tonte moindre 
  • Meilleure résistance aux maladies 
  • Peu ou pas besoin d’engrais 
  • Peu ou pas besoin d’arrosage
  • Aucun besoin d’appliquer des pesticides toxiques 
  • Etc. 

Et l’on peut le combiner avec des semences de trèfle, une plante qui enrichit le sol en azote, assurant un gazon encore plus dense et vert. 

Au fond, il n’est tout simplement pas logique, au 21e siècle, de semer autre chose qu’un gazon à entretien minimal!

Bon succès avec la revitalisation de votre pelouse.

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L'ENTRETIEN DE LA SEMAINE

  • Pour prévenir le fendillement des fruits de tomate, gardez le sol également humide et, surtout, évitez de laisser les plantes sécher.
  • Après la récolte, laissez les plants de pois et de haricot se décomposer sur place afin d’enrichir le sol en azote.
  • C’est un bon moment pour faire la taille des haies de thuyas (cèdres).
  • Vous pouvez diviser et déplacer les vivaces à floraison printanière et estivale à cette saison. Mieux vaut attendre le printemps, par contre, pour celles qui vont bientôt fleurir.

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QUESTIONS ET RÉPONSES

Lilas infesté de cochenilles

J’ai un lilas de Preston qui me cause du souci. Je soupçonne que vous allez me conseiller de l’enlever et de planter autre chose, mais je suis curieuse de savoir ce qu’il a. Peut-être saurez-vous identifier ce problème? Ce que je remarque est que, sur plusieurs branches, son écorce est couverte de petites bosses grises, c’est rugueux alors que normalement, c’est lisse, je crois. Ce lilas de Preston en question est juste à côté d’un autre lilas de Preston, mais c’est un hybride différent. Cet autre lilas de Preston n’a pas ces problèmes.
— Mireille Martin

L’écorce de ce lilas est couverte de cochenilles virgules.

R Votre arbuste est couvert de cochenilles virgules (Lepidosaphes ulmi), insectes immobiles (à l’âge adulte) qui sucent la sève et affaiblissent l’arbuste. Elles ne ressemblent pas à des insectes, mais plutôt à de minuscules huîtres de seulement 7mm de longueur, courbées en forme de virgule. On peut facilement les confondre avec l’écorce, sauf que, comme vous avez remarqué, chez cette espèce de lilas, l’écorce est normalement lisse. Étant protégées par une carapace, elles sont essentiellement à l’abri de la plupart des insecticides.

L’idéal serait soit de détruire l’arbuste, car il est très infesté, ou encore, de frotter toutes les branches avec une brosse trempée dans l’eau savonneuse pour enlever les insectes et leurs carapaces. Par la suite, vaporisez une huile horticole (qui bloque leurs pores, les empêchant de respirer) selon le mode d’emploi indiqué sur l’étiquette. Plusieurs traitements seront sans doute nécessaires. Les nymphes (mobiles) sont si petites qu’on ne les voit pas.

Même si votre autre lilas ne semble pas touché, je soupçonne qu’il peut avoir au moins un début d’infestation et un traitement serait sage.

Haie de thuyas trop grande

J’ai une haie de cèdres qui mesure au moins 2,4 m de haut. Est-ce possible de faire une taille radicale de celle-ci pour qu’elle soit environ à 1,5m, tout en l’amincissant beaucoup également? Pourra-t-elle s’en remettre?

R Le thuya (cèdre), et d’ailleurs, la majorité des conifères, tolère mal une taille en profondeur. On peut tailler dans la croissance de l’année, donc dans la partie extérieure, mais si la taille est plus sévère, dans la partie brune de l’arbuste, où il n’y a plus d’écailles vertes, rien ne repoussera de cette partie, laissant un trou béant qui ne se refermera pas. D’ailleurs, tailler une haie de thuyas très sévèrement risque carrément de la tuer. Donc, oui, vous pouvez amincir la haie un peu, mais couper 90 cm du haut, c’est nettement trop. 

C’est le grand défaut des haies de thuyas : il faut les tailler tous les ans, sinon on en perd le contrôle et il ne reste rien d’autre à faire que les arracher.

Des questions svp!
Vous pouvez nous joindre par courriel à courrierjardinierparesseux@yahoo.com.
Et par courrier à :
Le jardinier paresseux
Le Soleil
C.P. 1547, succ. Terminus
Québec (Québec) G1K 7J6

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CALENDRIER HORTICOLE

Vous cherchez des activités horticoles pour meubler vos temps libres? En voici quelques-unes pour les jours qui viennent.

Conversations horticoles 
Durant la période de confinement dû au coronavirus, Larry Hodgson offre gratuitement des «conversations horticoles» en direct les mercredis à 10h à www.facebook.com/JardinierParesseux.

Formations en ligne 
L’agronome Lili Michaud offre des formations en ligne que vous pouvez suivre à votre rythme dans le confort de votre foyer. Au programme: Le compostage domestique, Les fines herbes de la terre à la table, Le potager: planification, aménagement et entretien et Les trucs de culture de 25légumes, de l’ail à la tomate. Coût: 25$ et 30$ + taxes. Pour information et inscription: www.lilimichaud.com

Pour toute activité horticole, écrivez-nous à courrierjardinierparesseux@yahoo.com.