Haute couture: ce que vous verrez sur les tapis rouges

PARIS — Que verra-t-on sur les prochains tapis rouges? Des noeuds à foison, du noir et blanc, des couleurs délavées, des chapeaux et quelques tailleurs pantalons, d’après les défilés de haute couture printemps-été 2018 qui se sont achevés la semaine dernière à Paris.

Noir et blanc

Si le noir était de mise pour de nombreuses actrices lors de la dernière soirée de Golden Globes pour protester contre le scandale impliquant Harvey Weinstein, les podiums parisiens, eux, combinent noir et blanc pour jouer sur les contrastes. Dior mise sur les dominos et le damier, sur des robes en organza, des capes de plumes dans une collection d’inspiration surréaliste.

Jean Paul Gaultier opte pour un noir et blanc très sixties rappelant l’art optique, avec des bandes, des cercles et des vagues hypnotiques, dans un show en hommage à Pierre Cardin. Clare Waight Keller, qui présentait sa première collection haute couture chez Givenchy, associe le noir et blanc sur des silhouettes au romantisme sombre.

Des noeuds à foison

Le noeud, emblème du couturier Alexis Mabille, ponctue bien sûr sa collection: sur une ceinture à la taille, les bretelles d’une robe ou en discret noeud papillon noir. Chez Valentino, pour un vestiaire tout en majesté, les noeuds aux couleurs de bonbons sont démesurés, formés de longs pans qui retombent sur la poitrine, le long des jambes ou des bras.

Dans la collection d’Elie Saab, d’imposants noeuds papillon satinés habillent le cou de princesses orientales aux robes perlées transparentes, portant parfois des lunettes papillon ornées de bijoux et de chaînes. Le duo néerlandais Viktor&Rolf opte pour des rangées de noeuds pour agrémenter le buste de ses robes.

Touche rétro

Les années 1980 ont visiblement inspiré le couturier Giorgio Armani: le vestiaire soyeux d’Armani Privé se teinte de couleurs aquarelle, jusque sur les collants. Le maquillage est à l’avenant, avec ses dégradés de rose, parme, bleu. Dans un autre esprit, plus rock, la décennie imprègne aussi la collection d’Alexandre Vauthier, avec ses silhouettes très épaulées.

Chez le duo new-yorkais de Proenza Schouler, qui présentait pour la deuxième fois sa collection de prêt-à-porter pendant la semaine de la haute couture parisienne, flottait un esprit hippie et années 1970: la collection met à l’honneur les racines américaines de la marque et le travail artisanal, avec imprimés tie and dye, cuir tressé, crochet et macramé. Une touche ethnique qui se combine avec le côté moderne et net des coupes de cette griffe.

Sur la tête? 

Les masques sont de sortie pour le bal surréaliste de Dior. Loin de cacher le regard, ils le mettent en valeur en l’entourant d’un nuage de tulle noir ou d’un cadre doré. Les yeux disparaissent sous les gigantesques chapeaux de plumes de Valentino. D’étranges couvre-chefs noirs faits de tressages recouvrent complètement le visage des créatures de la Danoise Hyun Mi Nielsen. Chanel adopte la voilette surmontée de fleurs, tandis qu’Alexandre Vauthier joue la toque.

Tailleurs pantalons

En 2018, la mariée est en pantalon chez Chanel: elle porte un gilet masculin blanc et un noeud papillon assortis, mais n’oublie pas sa traîne de plumes. Dior propose plusieurs tailleurs pantalons en version noire ou blanche, inspirés du tailleur Bar, qui marquent la taille et accentuent l’arrondi des hanches. Chez Jean Paul Gaultier, la taille est encore plus haute, rehaussée par une ceinture, tandis que les basques forment des volants au-dessus d’un pantalon cigarette.

Une barbe et une polémique

Quand le «kaiser» de la mode Karl Lagerfeld, au style si distinctif, se laisse pousser la barbe, le changement ne passe pas inaperçu auprès des fashionistas. Ce nouveau look a suscité des réactions divisées sur les réseaux sociaux. «Karl a donc un super nouvel accessoire facial. Mais c’est tragique, je ne peux pas le copier», a commenté sur Instagram la célèbre rédactrice de mode Suzy Menkes.

La semaine a aussi été marquée par une polémique, impliquant la créatrice russe Ulyana Sergeenko et sa compatriote, la blogueuse et entrepreneuse Miroslava Duma. Un message de la créatrice utilisant le mot «niggas» (nègres) en référence à une chanson de Kanye West et Jay-Z a suscité des réactions indignées sur les réseaux sociaux, notamment de Naomi Campbell.