Fiançailles: une grande demande à la 007

Alexandra Perron
Alexandra Perron
Le Soleil
Le 22 février, je vais aux noces. Mon amie d’enfance dira oui à son amoureux des 20 dernières années. Je vous dévoilerais bien leurs noms, mais eux préfèrent convoler en toute intimité. Surtout lui. Il ne veut pas se mettre à dos tous les gars du Québec... après le récit de sa rocambolesque et ô combien romantique demande en mariage. Rideaux!

Elle lançait parfois à la blague qu’elle attendait la grande demande. Lui cogitait son plan depuis un moment. Mais tous deux étaient sur la même longueur d’onde pour un point. Ils voulaient se marier quand les enfants seraient assez grands pour profiter du party et célébrer l’amour de leurs parents.

Leurs fils ont 12 et bientôt 15 ans, le temps est enfin arrivé.

Les fiançailles remontent au vendredi 20 avril 2018. L’élément déclencheur? Charlotte Cardin. L’auteure-compositrice-interprète donnait un spectacle à Chicago. «Ça adonnait bien, j’avais des points pour voyager. J’ai booké les billets.»

La mission de notre amoureux avait deux objectifs. Que sa douce prenne le chemin de l’aéroport sans savoir ce qui se passe jusque dans l’avion. Et que le mystère continue une fois à destination.

Lui est parti la veille «en voyage d’affaires». Elle n’y a vu que du feu!

Ce jour-là, un jeudi, une belle-soeur et des copines complices improvisent une soirée et invitent la bien-aimée à prendre un verre. D’autres amies se pointent «par hasard». Puis elles se retrouvent toutes chez notre héroïne, ouvrent des bulles, tout en préparant sa valise où elles empilent maillots de bain et chandails chauds, pour mieux la confondre.

«Elle pensait partir en week-end de filles pour ses 40 ans», se remémore le fieffé coquin.


« Je la vois arriver de super loin. Je tripe! Elle s’assoit. Il y avait un muret sur le bord du banc. Je m’approche en catimini. Je sors la bague. Elle ne dit pas oui tout de suite. Après cinq minutes de rire, je lui rappelle qu’elle n’a toujours pas dit oui »
Le futur marié

Le lendemain matin, un bon ami habillé en chauffeur passe prendre sa dulcinée, s’assure qu’elle a son passeport dans ses bagages, et la mène, seule, à l’aéroport. L’ami de connivence fait imprimer les billets et c’est alors seulement que Madame voit la destination: Chicago. Où elle s’attend encore à retrouver ses copines.

Ne négligeant aucun détail, l’amoureux transi avait acheté des billets en classe affaires, si bien qu’elle s’est envolée vers Chicago un verre de bulles à la main!

Avant de la quitter, l’ami-chauffeur lui avait indiqué d’ouvrir son cellulaire à son arrivée et de se brancher sur le wi-fi de l’aéroport.

C’est alors qu’elle reçoit un texto de son conjoint, un message impersonnel, «plutôt directif et en anglais», qui l’invite à prendre le train en direction du centre-ville et à se rendre à une boutique.

«J’aurais voulu laisser une note sur une serviette de table, dans un café. Mais je n’avais pas mesuré le brouhaha. Je me suis replié sur une boutique du coin la veille, où j’ai mis une employée dans le coup!»

Une fois sur place, Madame découvre une enveloppe à son nom, avec l’adresse de l’hôtel.

Rendue à la chambre, elle reconnaît la valise de son homme. Mais aucune présence humaine. Elle reçoit alors un nouveau texto qui lui donne rendez-vous deux heures plus tard à l’agora de Millennium Park. «J’avais vu qu’il n’y avait pas de spectacle ce jour-là. Ce serait tranquille.»

Il a choisi cet endroit pour sa beauté architecturale. Le couple était venu quelques fois à Chicago «en road trip» avec les enfants durant ses congés parentaux.

Fan de James Bond, habillé en complet, notre homme en mission épie l’arrivée de sa douce depuis une passerelle haut perchée.

«Je la vois arriver de super loin. Je tripe! Elle s’assoit. Il y avait un muret sur le bord du banc. Je m’approche en catimini. Je sors la bague. Elle ne dit pas oui tout de suite. Après cinq minutes de rire, je lui rappelle qu’elle n’a toujours pas dit oui.»

(Désolée messieurs, mais ce n’est pas tout. James Bond a encore une carte dans sa manche!)

Après un passage par l’hôtel, ils sortent dîner, puis se rendent au spectacle très intime de Charlotte Cardin.

Entre-temps, Monsieur avait envoyé un message à l’artiste, qui a passé les filtres de son équipe et s’est rendu jusqu’à elle. «Je voulais souligner la journée et l’événement, rien de grandiose, juste un petit clin d’œil de sa part pendant son show.» 

Surprise! La belle Charlotte a été touchée et a répondu tout de suite à sa demande. Elle a dédié sa dernière chanson, Main Girl, à mes amis, «fiancés aujourd’hui».

Pas peu fier, mon interlocuteur part d’un grand rire en se rappelant sa blonde qui enfonçait dans le plancher, tétanisée à l’idée de devoir grimper sur la scène. Ce qui n’a pas été nécessaire.

Voilà leur histoire. «Tout a marché numéro 1. J’avais le scénario dans la tête. Ça s’est fait facilement et avec plaisir. D’arriver là-bas la veille, je ne peux pas te décrire l’excitation que j’avais», confie notre fiancé, qui se surprend parfois à être un peu gêné de raconter sa charmante épopée.

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