Marilyne pour la récente campagne de maillots de Mode Choc.

Être mannequin à Québec... tout un talent!

L’idée de retrouver son visage sur papier glacé ou encore être l’égérie d’une grande marque attise l’imaginaire de plusieurs. Saviez-vous qu’aujourd’hui, avec l’éclatement des standards, certaines personnes font ce travail ici même à Québec? Au-delà de la mode, l’espace public est un vaste monde où la contribution de plusieurs peut être mise à profit. Portrait d’un marché local créateur d’occasions uniques.

L’Agence Caractère a été fondée en 2000 par Isabelle Pichette. Au départ propriétaire d’une école de formation de mannequin, Mme Pichette constate rapidement que certaines personnes peinent à entrer dans ce milieu. Elles ne répondent pas au standard de taille de l’époque et les agences de mannequins ne les engagent pas. Photogénie, charisme et personnalité sont toutefois bien présents.

Une idée germe alors en elle. Pourquoi ne pas proposer ces gens pour plus que des défilés et des éditoriaux? Ils peuvent très bien faire de la publicité, car ils correspondent très bien aux critères que les réalisateurs recherchent. Vingt ans plus tard, 230 personnes sont représentées à son bureau de Québec. «Maintenant, on appelle cela un talent, pas juste mannequin. Ce sont des gens capables de s’adapter à plusieurs demandes», explique Mme Pichette. 

La fondatrice de l’Agence Caractère, Isabelle Pichette, représente aujourd’hui 230 personnes à son bureau de Québec.

Revenons à ces critères de standard, le 1,70 mètre au minimum pour la femme qui habillera 5-6 ans, et le 1,80 mètre pour l’homme. «Maintenant, ça a extrêmement changé. Les filles qui portent du 10 ans, du 12 ans et même les tailles fortes sont extrêmement en demande», indique Isabelle Pichette. Elle n’hésite pas à affirmer qu’aujourd’hui, pour un travail commercial, la taille n’a plus d’importance. Pour le travail dans le milieu de la mode au sens propre, le critère de taille est par contre toujours présent. Même chose pour le commerce électronique. Les tailles présentées sont des échantillons. Le standard fait donc loi.

On assiste à un certain décloisonnement à plusieurs égards. Le groupe d’âge, la taille, la grandeur des vêtements ont connu une évolution. Isabelle Pichette avance qu’«aujourd’hui, une fille de 5 pieds 4 pouces avec du charisme peut travailler beaucoup si elle passe bien à la caméra.»

Maggie Charest-Poulin pour le <em>lookbook </em>des lunetteries New Look. À 5 pieds 6, elle est dans la catégorie petite, mais très en demande pour la photographie.

Si la conception sur l’âge est campée dans la jeunesse, les 25-40 ans sont aujourd’hui les plus populaires, autant chez les hommes que chez les femmes. Les 65 ans et plus représentent également une bonne partie de la demande. Les adolescentes ont souvent de grandes attentes, mais ce n’est pas le marché le plus recherché. «Ce n’est pas ça qui fonctionne à Québec. On doit leur expliquer», indique Mme Pichette. Les filles qui ont des visées et qui répondent aux standards du marché international sont recommandées à d’autres agences, comme l’agence Montage à Montréal.

À Québec, c’est un emploi à temps partiel. Pour certaines personnes, selon les demandes, les contrats peuvent être très payants. Chaque prestation est rémunérée. D’ailleurs, la directrice de l’Agence Caractère met en garde devant le bénévolat en échange de visibilité. «Il faut faire attention. L’équipe de création sera payée pour le travail. Il faut que ce soit équitable et que le mannequin soit payé. Ce n’est pas vrai que la visibilité va donner des opportunités.»

Qui sont les talents recherchés à Québec? «Ça nous prend des gens authentiques, faciles à travailler, simples dans leur façon de s’exprimer, capables de jouer le jeu et être agréables à travailler. Le premier critère est la photogénie. Car 90 % du temps, les gens sont choisis à partir de photographies.» Une allure naturelle est importante. Tout ce qui porte le titre d’«extensions» — cheveux, cils, ongles— est à éviter. Si besoin, il sera plus simple de transformer une personne naturelle.

Chez les hommes, la cote est aux 35-45 ans. La barbe grisonnante, un poids santé, en forme, qui représente le jeune papa ou le beau professionnel. Le beau grand-papa aussi sera recherché. La diversité culturelle à Québec est également valorisée dans les productions. De nombreuses demandes pour des talents de divers horizons sont recherchées.

Emmanuel Gagnon

Isabelle Pichette profite de cette rencontre pour faire un appel aux femmes de taille plus. «C’est très très en demande, même qu’on en manque!» Pour les mannequins tailles fortes, la grandeur est toutefois importante. On recherche au moins 5 pieds 8. Précisons qu’un mannequin taille plus habille au moins 16 ans et est à l’aise avec sa physionomie. «C’est de plus en plus en demande!» Message aux filles...

Info : Agence Caractère, 1756,
rue Notre-Dame, L’Ancienne-Lorette
www.agencecaractere.com

Valéry Morisset est membre de l’agence depuis l’âge de 6 ans. Elle a partagé la vedette avec le chanteur Daddy Yankee lors du tournage du vidéo <em>Hielo</em> à l’Hôtel de Glace.

DEVENIR MANNEQUIN AILLEURS

Vous êtes d’ici. Vous avez un potentiel qui pourrait dépasser les frontières et l’enthousiasme qui l’accompagne. Maintenant que vous savez de quoi sont faits les besoins locaux, comment faire pour percer les plus grands marchés? Nadia Canova est présidente de l’Agence Montage de Montréal. En plus de faire un travail de représentation de mannequins sur le marché montréalais, Montage place ses talents partout dans le monde de la mode depuis plusieurs années. Elle a accepté de nous expliquer les nuances de la profession à Montréal et dans le marché international.

«Il y a une énorme différence entre ce que le client cherche à Montréal et ce que le client cherche à Paris, Londres, Milan, New York. Le marché de Montréal est rendu beaucoup plus réaliste, dans le sens où c’est moins exigeant quant aux grandeurs et aux mensurations que sur les marchés internationaux. Je pense que Montréal ouvre beaucoup sur la diversité.»

Travailler à Montréal demande une bonne personnalité et un bon look. Pour l’international, on recherche le je-ne-sais-quoi de particulier. On requiert une taille de 5 pieds 9 à 5 pieds 11 pour la fille de 14 à 20 ans et de 6 pieds 1 à 6 pieds 3 pour l’homme de 18 à 25 ans.

Marie-Andrée Dombrowki pour Bulle groupe.

Le processus de sélection débute par une rencontre. Des «portes ouvertes» se tiennent les mercredis à l’Agence Montage. Les candidats peuvent se présenter entre 10h et 11h pour une rencontre de présélection. Un agent passe en entrevue les candidats. Si une candidature est retenue, une seconde rencontre avec tous les agents est organisée dans le but d’évaluer les talents potentiels et ensuite prendre une décision.

Bien qu’à Montréal, les critères d’âge soient assouplis, il reste qu’une carrière internationale commence jeune. «Le temps qu’un mannequin se développe, le temps qu’un mannequin s’habitue, que le mannequin commence à travailler, [ça] prend une couple d’années. De là, on veut que ce soit rentable soit pour l’agence, soit pour le mannequin», précise Mme Canova. Caroline Grégoire (collaboration spéciale)

Info : Agence Montage, 244 Saint-Jacques Ouest #71, Montréal
www.montagemodels.com

Marguerite, Tristan, Isabelle et Guillaume pour le Village vacances Valcartier.