Plusieurs plongeurs trouvent leur compte dans les étonnants sites qui parsèment l’Outaouais et l’Est ontarien.
Plusieurs plongeurs trouvent leur compte dans les étonnants sites qui parsèment l’Outaouais et l’Est ontarien.

Escapade sous-marine dans la région

Lorsqu’on parle de plongée sous-marine, des mers chaudes et des poissons colorés viennent à l’esprit. Si la pandémie a annulé des plans de voyage vers des eaux tropicales, ou l’ambition d’aller y tester un nouveau sport, ce n’est pas une raison de mettre fin à ses fantaisies aquatiques : plusieurs plongeurs trouvent leur compte dans les étonnants sites qui parsèment l’Outaouais et l’Est ontarien. Et à l’heure du déconfinement, la région offre plus d’une option pour se jeter à l’eau.

Émilien Hotte a beau parler à l’autre bout du fil, on le devine à son ton : l’étudiant en techniques policières a les yeux qui brillent lorsqu’il parle de sa passion. Adolescent, il a eu la piqûre « instantanément » lors d’une journée d’initiation à la plongée sous-marine organisée à son école secondaire, pendant laquelle il a pu tester de l’équipement dans une piscine pour la première fois. « On n’oublie jamais sa première respiration sous l’eau, s’est-il rappelé. Le corps humain n’est pas censé pouvoir faire ça. Et là, il y a comme un déclic qui se fait entre la bouche et le cerveau qui fait que tu te dis, “wow, je peux respirer dans l’eau !” »

De fil en aiguille, le Gatinois a économisé ses sous, s’est équipé et a suivi les formations indispensables à la pratique de la plongée. À 19 ans, il décrochait son grade de Divemaster, soit le premier échelon professionnel. Aujourd’hui, à 20 ans, Émilien Hotte travaille à temps partiel au magasin de l’École de plongée sous-marine de l’Outaouais (EPSO), s’occupe des communications pour le club de passionnés Eau-Zone, et continue de plonger une fois par semaine, « minimum ».

Foi de mordu, pour débuter, « l’Outaouais est une très bonne place, justement à cause de la carrière Morrison », détaille l’étudiant. Situé à Chelsea, le bassin artificiel a rouvert le 6 juin dernier pour le plaisir et l’apprentissage des plongeurs. La profondeur y varie, allant jusqu’à 128 pieds, et on peut y explorer des « épaves » d’avions et de bateaux placés au fond de l’eau.

En ce qui concerne les milieux naturels, des aventuriers explorent les lacs et les rivières de la région, mais les sites les plus populaires — et qui font partie des plus intéressants au pays — sont accessibles en une à deux heures de route au sud d’Ottawa. Depuis Cornwall, et en suivant le fleuve Saint-Laurent vers les Mille-Îles, on trouvera sous l’eau d’anciennes écluses, des villages engloutis lors de la construction de la voie navigable du Saint-Laurent, des statues sous-marines dans le coin de Brockville ainsi qu’une série d’épaves des XVIIIe et XIXe siècles — dont certaines sont assez proches de la surface pour être observées par les débutants. « On peut voir des morceaux de notre histoire », s’émerveille Émilien Hotte. Bonus : l’eau du fleuve est presque aussi chaude que celle de la mer des Caraïbes à ce temps-ci de l’année.

Enseignant et conseiller pédagogique en éducation physique, Erik Guimond plonge depuis dix ans. « Ce que j’aime de ce sport-là, c’est qu’on ne peut pas acheter ou louer d’équipement sans avoir de certification. » À moins de réserver un forfait « découverte » — dont l’offre s’est hélas amoindrie avec la pandémie —, on ne peut participer à des sorties qu’avec un cours Open Water, le premier échelon en plongée sous-marine. La formation prend une trentaine d’heures à compléter et comprend un volet théorique en classe — virtuelle, COVID oblige — ainsi que plusieurs exercices pratiques. « Et (la certification) est reconnue mondialement », souligne M. Guimond.

Pour ceux qui auraient fait l’Open Water à l’étranger, il est possible de plonger en Ontario, mais un permis délivré par la Fédération québécoise des activités subaquatiques (FQAS) est obligatoire pour la Belle Province (détails plus bas). Pas de binôme ? Pas de souci : les écoles qui tiennent des sorties organisées offrent de jumeler les plongeurs solos.

Pour les néophytes, la claustrophobie que déclenche parfois la première utilisation d’un détendeur et d’une combinaison en néoprène peut être décourageante. Mais la surmonter en vaut la peine, assure Érik Guimond. « Quand on descend dans l’eau, qu’on tombe en apesanteur, ça devient vraiment le fun, illustre-t-il. C’est comme si on était dans l’espace, avec un univers en 3D tout autour de nous. C’est comme explorer un autre monde avec une vie très différente. C’est unique, et c’est pour ça qu’on en fait ! »

Plusieurs plongeurs trouvent leur compte dans les étonnants sites qui parsèment l’Outaouais et l’Est ontarien.

Pour en faire à Gatineau 

En temps normal, les entreprises EPSO et Scuba-Action offrent le cours Open Water ainsi que l’expérience Discover Scuba Diving en piscine intérieure ; aucun n’est offert pour l’instant. Il est toujours possible de faire un cours de spécialité et d’obtenir son permis de la FQAS du même coup. Du côté d’EPSO, on peut participer à des excursions à bord d’un bateau ainsi qu’aux Plongées du proprio, soit des sorties hebdomadaires qui visent à donner aux nouveaux certifiés des occasions de pratiquer dans divers sites de l’Outaouais et de l’Ontario.

Quant au club Eau-Zone, ses activités sont suspendues pour l’instant.

Renseignements : www.epso.biz ; www.scuba-action.com

À Ottawa

Du côté d’Ottawa, trois options existent actuellement pour suivre la formation Open Water. Sharky’s Scuba et Kanata Diving Supply offrent le cours dans la carrière Morrison et dans le fleuve Saint-Laurent, tandis que Diver’s Wearhouse tient tout son volet pratique dans les environs de Brockville. On peut faire la partie pratique en trois journées intensives, une fois la portion théorique complétée en ligne. Pour l’horaire, les trois s’adaptent aux demandes des intéressés. Sharky’s Scuba et Kanata Diving Supply peuvent décerner des permis de la FQAS.

Les piscines partenaires de ces écoles étant également fermées, il n’est pas possible de faire une plongée découverte actuellement.

Pour des sorties organisées, Diver’s Wearhouse et Kanata Diving Supply continuent chacun d’inviter les sportifs de tous les niveaux dans le fleuve les mercredis et les dimanches. Des professionnels sont sur place pour accompagner les participants. Il est aussi possible de réserver sa place à bord de bateaux nolisés par les deux compagnies, mais ces plongées s’adressent aux plus expérimentés.