Christiane Bouchard est épileptique depuis l’âge de six ans. Elle a été placée en institut psychiatrique, alors que l’épilepsie était encore un mal inconnu.

En institut psychiatrique pour traiter son épilepsie

Christiane Bouchard avait six ans lorsqu’elle a fait sa première crise d’épilepsie. C’était dans les années 50. Le directeur de son école l’a renvoyée chez elle, ne sachant pas ce qui se passait. La petite Christiane, souffrant du grand mal, comme on appelait ce trouble neurologique à une époque pas si lointaine, a été placée en institution dès l’âge de huit ans, pour finalement en ressortir à 20 ans. Elle n’avait ni appris à lire ni à écrire. Fort heureusement, les temps ont changé et la médecine a évolué, mais quelques préjugés restent tenaces et c’est pour cette raison que la dame, aujourd’hui âgée de 75 ans, s’implique au sein de l’Association régionale pour les personnes épileptiques du Saguenay-Lac-Saint-Jean.

« Je me souviens, lorsque j’étais à l’école, je faisais des crises et mon frère courrait chez le médecin. Les gens me mettaient une cuillère dans la bouche. Le médecin ne savait pas trop ce que j’avais et j’ai été dans plusieurs hôpitaux avant qu’on mette un nom sur ce que j’avais. Mais j’ai été mise dehors de l’école », se remémore Mme Bouchard.

Lorsqu’elle avait huit ans, son père est décédé. Sa mère étant seule pour élever ses enfants, dont la petite Christiane qui était souffrante. On a suggéré à la mère de placer sa fille en institution.

Christiane Bouchard est bénévole pour l’Association des personnes épileptiques du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Elle est ici accompagnée par les deux seules employées, Suzie Ouellet et Nicole Bouchard.

« Ce sont les curés qui lui ont dit de me placer, que c’était plus facile comme ça », se rappelle Mme Bouchard. Elle a donc été envoyée à l’hôpital Saint-Michel-Archange de Québec, un institut psychiatrique, auparavant baptisée l’Asile Beaufort.

Envoyée à « l’hospice des fous »

« Ils [les médecins] ne trouvaient pas de remède, alors ils m’ont envoyée à l’hospice des fous. Je n’avais rien à faire là. Je n’ai pas pu apprendre à lire ni à écrire. On ne faisait rien là bas, à part du ménage et des casse-tête. Heureusement que j’avais de la médication qui a calmé mes crises et un médecin qui était correct », raconte la dame, qui a finalement pu sortir à l’âge de vingt ans, lorsque son frère a formulé le souhait de l’accueillir chez elle.

« Mon frère était aveugle et je suis déménagée à Chicoutimi pour en prendre soin. J’ai appris à lire et à écrire grâce à lui, mais par mes propres moyens », raconte celle qui vit aujourd’hui seule en logement, avec son petit chien, Monsieur Cachou.

Bénévole

Elle est toujours suivie et prend une médication quotidienne pour son épilepsie, mais les crises se font très rares.

« Ça va bien, je reste active. Je suis bénévole pour l’association depuis 1996. J’informe les gens et j’amasser des dons. C’est important », note Christiane Bouchard.