La Hosta ‘Empress Wu’ peut atteindre 1,5 mètre de diamètre avec des feuilles larges de 45cm et longues de 65cm

Des feuilles géantes au jardin

En planifiant une plate-bande, on a surtout des fleurs en tête. Mais parfois les feuilles peuvent voler la vedette, surtout les très grandes. Par leur démesure, elles donnent une allure tropicale à l’aménagement, même un effet jurassique! Voici quelques exemples de ces plantes gigantesques qui épateront les visiteurs. Votre terrain est-il tout petit? Tant mieux! Ces plantes paraîtront encore plus immenses, et votre cour encore plus intime.

Hosta géant
Hosta ‘Empress Wu’

Déjà, plusieurs hostas courants ont des feuilles gigantesques, mais ‘Empress Wu’ bat tous les records. Ce géant atteint 1,5 mètre de diamètre, même 2 mètres, avec des feuilles larges de 45cm et longues de 65cm. Autrement dit, un seul plant remplit une plate-bande! Il produit une ombre si dense qu’il étouffe toutes les mauvaises herbes à son pied. Son feuillage est si épais que les limaces n’arrivent pas à le bouffer. Les feuilles sont vertes et joliment rainurées. Ses fleurs, modestes, sont violet pâle. Si vous cherchez plus de couleur, il existe aussi une mutation de cet hosta, ‘Wu-La-La’, à feuillage panaché, une nouveauté 2019 à marge jaune vert. Soleil ou ombre. 90-120cm x 1,5-2m. Zone 3.

Astilboïde
Astilboides tabularis

Ses grandes feuilles rondes sont si larges (jusqu’à 90cm de diamètre) qu’elles pourraient servir de parasol. Vert pâle, elles sont découpées sur le bord, vert pomme et duveteuses. L’épais pétiole qui retient la feuille peut mesurer 1 m de hauteur. La feuille ressemble à une table, d’où l’épithète tabularis. Il fleurit aussi, avec des fleurs mousseuses blanches sur une tige de 1,5m de hauteur. Pour bien réussir, il lui faut un emplacement humide et protégé du vent, de préférence à la mi-ombre, et un sol riche et meuble qui ne s’assèche jamais. 1,2m x 90cm. Zone 3.

L’astilboïde à des feuilles qui ressemble à une table, d’où l’épithète tabularis

Pétasite du Japon
Petasites japonicus

Ses curieuses feuilles sont réniformes (en forme de rein), mais plusieurs jardiniers y reconnaissent la forme du siège de tracteur d’autrefois, tellement que bien des gens l’appellent «siège de tracteur». Mesurant jusqu’à 80cm de diamètre, elles sont portées par de solides pétioles.

Attention : cette plante est envahissante, surtout dans un milieu humide. Pour la contrôler, enfoncez une grande cuve de plastique épais dans le sol, comme une piscine d’enfants, laissant dépasser le bord de 2,5cm (vous pourriez recouvrir le bord de paillis pour le cacher) et planter le pétasite dedans. Il n’est pas nécessaire de percer des trous de drainage dans la cuve : le pétasite est une plante de marécage et compose très bien avec les sols détrempés.

Les curieuses fleurs jaune pâle sortent tôt au printemps, avant les feuilles, sur de courtes tiges feuillues. On dirait une plante entière, non pas une tige florale! Votre première réaction en sera sûrement une d’étonnement. «D’où vient cette plante? Je ne me souviens pas de l’avoir plantée!» Il lui faut un sol de humide à détrempé, riche ou pauvre. Il pousse mieux à la mi-ombre, mais tolère le soleil. 90cm x 150cm. Zone 4.

Le Pétasite du Japon à une forme dont plusieurs jardiniers y reconnaissent celle du siège de tracteur d’autrefois

Ricin géant
Ricinus communis ‘Zanzibarensis’

La seule annuelle du groupe, le ricin ‘Zanzibarensis’ est un vieux cultivar aux feuilles géantes. Palmées et d’allure très tropicale, vert moyen luisant, elles mesurent 50cm de diamètre. Les tiges épaisses sont impressionnantes aussi : elles peuvent atteindre 2 ou même 3m de hauteur.

Semez le ricin à l’intérieur en godet de tourbe (il n’aime pas qu’on dérange ses racines lors du repiquage), mais seulement vers la fin de mai. Si vous le semez trop tôt en pensant l’encourager à grandir plus vite, il arrêtera net de croître et restera nanifié. Et ne le placez pas en plein air trop rapidement, non plus : c’est une plante tropicale qui n’aime pas les nuits fraîches. C’est une plante toxique, ne la mangez pas! Plein soleil. Sol bien drainé. 1,5m x 2-3m. Annuelle.

Et voilà! Quatre plantes à feuilles monstres qui donneront du piquant à votre aménagement. À vous d’en profiter!

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RÉPONSES À VOS QUESTIONS

Guêpes dans le composteur

Q Ce matin, en voulant prélever du compost pour le potager, j’ai été piquée sur les mains (gantées) par un petit clan d’abeilles ou de guêpes. En 15 ans de compostage, c’est la première fois que cela arrive. Auriez-vous une suggestion écobiologique pour leur indiquer la sortie? — Jocelyne

R Je soupçonne davantage des guêpes que des abeilles, car les abeilles piquent rarement, contrairement aux guêpes. Aussi, les guêpes ont la mauvaise habitude de faire leurs nids dans les endroits les plus incongrus : dans les piles de bois, sous les gouttières, sous les patios, au-dessus des portes d’entrée et, dans votre cas, un composteur.

La seule méthode écobiologique pour éliminer un nid de guêpes dans un endroit difficile d’accès est de le laisser finir son cycle naturel. Le nombre de ces bestioles ira en augmentant tout l’été, mais toute la colonie mourra avec l’arrivée de l’hiver. Un nid de guêpes ne sert qu’une fois. Donc, vous pourriez enlever le nid au mois de décembre sans craindre des piqûres. En attendant, placez des rubans d’avertissement autour du secteur. Il vous faudrait attendre quelques bonnes gelées avant d’avoir accès à votre composteur et son contenu.

Si jamais le nid était facilement accessible, comme un nid aérien fixé sur le couvercle du composteur, vous pourriez demander à un ami très courageux de s’habiller de vêtements protecteurs et d’aller, le soir, quand les guêpes dorment, faire tomber le nid au fond d’un sac de poubelles, le scellant sans tarder. Un séjour de 48 heures au congélateur mettra fin à la vie de la colonie et le sac pourrait alors aller aux vidanges.

Nid de guêpes, en haut à gauche, fixé sur un faux nid censé éloigner les guêpes. Ces leurres, pourtant en vente partout, ne fonctionnent pas du tout.

Mauvaise identification

Q Il y a environ trois ans, ma belle-sœur m’a donné une pousse de son arbre à perruque ou arbre à boucane. Le mien ne fait pas de boucane, toutefois, mais des grappes de petits fruits ressemblant à des grappes de cerises. Je me demande quel nom porte cet arbre et s’il fera comme l’arbre à perruque? — Johanne L’Heureux

R Il y a sûrement eu confusion. L’arbre de votre photo n’est pas un arbre à perruque (Cotinus coggygria ‘Royal Purple’), aux feuilles pourpre foncé qui est enveloppé d’une «boucane» rose après sa floraison, mais plutôt un cerisier de Virginie (Prunus virginiana), appelé aussi cerisier à grappes, à feuilles pourpres. Le cultivar très populaire de cerisier de Virginie, ‘Schubert’, qui est exactement de la même couleur que votre arbre et qui est planté un peu partout dans la région, produit facilement des semences fertiles. Certains de ses «bébés» ont la même coloration que la plante mère. Sans doute que votre belle-sœur a trouvé un petit cerisier pourpre près de son arbre à perruque (qui, lui, ne se reproduit pas sous notre climat) et a présumé que c’était un bébé de ce dernier. Le cerisier de Virginie pourpre est un véritable arbre de taille moyenne et aura le port d’un arbre, alors que l’arbre à perruque, malgré son nom, est plutôt arbustif, prenant une forme arrondie inégale avec le temps. Donc, non, votre jeune arbre ne ressemblera jamais à un arbre à perruque. Il n’y a que la couleur du feuillage qui est similaire.

Cerisier de Virginie (Prunus virginiana), appelé aussi cerisier à grappes, à feuilles pourpres

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Des questions svp!

Vous pouvez nous joindre par courriel à courrierjardinierparesseux@yahoo.com
Par courrier à Le jardinier paresseux, Le Soleil, C.P. 1547, succ. Terminus, Québec (Québec)  G1K 7J6

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CALENDRIER HORTICOLE

> Excursion aux champignons

Le samedi 10 août, à 10h30, partez en excursion à la recherche de champignons en compagnie de Benoît Fortin et de Michel Roux, tous deux membres du Cercle des mycologues amateurs de Québec, au Domaine Joly-de Lotbinière. Activité remise au lendemain en cas de pluie.

Info : 418 926-2462 ou domainejoly.com.

> Planifier son jardin de plantes grasses

Jean-Denis Brisson donnera une conférence portant sur la planification d’un jardin de plantes grasses en pleine terre aussi bien qu’à l’intérieur. L’activité sera offerte par la Société éducative Roger-Van den Hende le dimanche 11 août, à 10h, à la jardinerie Floralies Jouvence (2020, avenue Jules-Verne, Québec).

Info : societeeducativeRVDH@gmail.com ou 581 922-1034.

> Fabriquer son kokedama

Le Jardin floral de La Pocatière offre un atelier de 90 minutes sur le kokedama avec Bruno Jacob. Le kokedama est une boule végétale formée d’argile et couverte de mousse dans laquelle on cultive une plante. Les participants fabriqueront leur propre kokedama à partir d’un choix de plantes offertes. L’atelier aura lieu le samedi 10 août, à 14h, au 230, route 230, à La Pocatière.

Coût : 20 $.  Info : 418 856-1110, poste 1147, ou jardinfloraldelapocatiere.com.

> Concert au jardin

Le dimanche 11 août, à 11h, il y aura au Domaine Joly-de Lotbinière un concert intitulé Dans un jardin romantique : une escapade musicale avec Marcel Rousseau, clarinette, et Christiane Tardif, piano. Œuvres d’esprit romantique des XIXe, XXe et XXIe siècles. Des musiques expressives, tantôt de tradition européenne, tantôt d’inspiration sud-américaine, avec une finale bien québécoise. 

Tarification spéciale. Réservation obligatoire. domainejoly.com  ou 418 926-2462.

Pour toute activité horticole, écrivez-nous à courrierjardinierparesseux@yahoo.com.

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ENTRETIEN HORTICOLE

À faire cette semaine

Appliquez du paillis après avoir désherbé pour empêcher la germination de mauvaises herbes et pour maintenir une bonne humidité.
Arrosez votre potager le matin : le sol sera plus frais et l’eau aura moins tendance à s’évaporer.
Si vous trouvez une plante en pot aux feuilles fanées, plongez ses racines dans un seau d’eau pendant une heure pour l’aider à reprendre.
Essayez de ne pas mouiller le feuillage quand vous arrosez, car cela crée un milieu propice aux maladies.