La vue de l’observatoire me rappelle pourquoi je m’extasie toujours dans le parc national du Mont-Mégantic. Ci-dessus, une vue à partir du sentier menant au mont Saint-Joseph, lors d’une randonnée précédente.

Découvrir l’arrière-pays enneigé

CHRONIQUE / Après avoir joué dans plusieurs recoins du parc national du Mont-Mégantic, j’avais envie d’essayer leur tout dernier sentier, mais non le moindre : la Traversée, qui relie le parc d’un bout à l’autre, du secteur de Franceville à celui de l’Observatoire.

Quelque 13,8 km dans « l’arrière-pays » sur une piste de 455 mètres de dénivelé où, visiblement, peu de personnes sont passées avant nous. Des skieurs et des raquetteurs, nous dit-on au parc, de sorte que nous ne sommes quand même pas les toutes premières à ouvrir le sentier après la bordée de 60 cm. D’ailleurs, si vous ne voulez pas être celui ou celle qui ouvre la piste, mieux vaut téléphoner avant pour s’informer si elle a été tracée.

Dernier dimanche de janvier : le soleil brille et la vue de l’observatoire perché me rappelle pourquoi je m’extasie toujours dans ce parc situé à une heure de Sherbrooke. Daniel, un employé du parc, nous emmène gentiment (à la demande de La Tribune) de Franceville à Notre-Dame-des-Bois, d’où nous partirons pour revenir au point B, là où j’ai laissé la voiture.

La récompense à notre arrivée au refuge du Col-des-Trois-Sommets, trois kilomètres après le départ : une vue sur les cimes de Franceville.

Pour faire la traversée, il faut soit prendre deux voitures pour les garer d’un bout à l’autre du parc, soit dormir en refuge. Le nouveau refuge du Ruisseau-de-la-montagne accueille régulièrement des randonneurs qui font la traversée en deux jours. 

L’autre possibilité : faire l’aller-retour, mais vaut mieux se lever (vraiment) de bonne heure... et être en excellente forme. 

« L’été dernier, un randonneur hyper expérimenté est venu pour faire l’aller-retour. Il s’est fait surprendre par la difficulté du parcours, une usure aux genoux et il est arrivé à l’autre accueil à 15 h. Il n’avait plus l’énergie de faire demi-tour pour retourner à sa voiture. Je l’ai ramené en voiture », raconte Marie-Georges Bélanger, responsable du service à la clientèle au parc.

Un service de navette électrique viendra « probablement un jour », ce qui permettrait aussi de transporter les campeurs de Franceville vers l’ASTROLab. À suivre!

On nous a suggéré de partir du secteur de Notre-Dame-des-Bois, et de là, d’emprunter un tronçon du sentier qui mène à l’Observatoire, pour ensuite bifurquer vers le refuge du Col-des-Trois-Sommets. Sage proposition, puisque les trois km de sentier nous menant vers le refuge montent graduellement; le reste du trajet se fait en descente et sur du plat. La vue sur les cimes de Franceville nous offre du même coup une petite récompense... même si, visiblement, nous allons perdre le soleil. Un geai gris, curieux, vient se poser sur la galerie pendant que nous dînons. Petite pause au refuge avant d’entreprendre la descente qui se fait dans la neige presque folle. Un panneau nous rappelle, avant de nous lancer dans l’arrière-pays, que nous sommes responsables de notre propre sécurité. 

Les raquettes sont de mise : le parc a reçu environ 60 cm de neige lors de la fameuse tempête du 20 janvier dernier, et les fortes pluies qui sont tombées le mardi suivant n’ont visiblement pas affecté les conditions de neige. Avec nos raquettes et nos bâtons qui s’enfoncent, difficile de croire qu’il est tombé beaucoup de pluie quelques jours auparavant. Tout en essayant de garder le même rythme de descente qu’habituellement, j’essaie de me rappeler la dernière fois où j’ai vraiment eu besoin de raquettes. C’était en 2016, au parc des Grands-Jardins, dans Charlevoix.

Pendant les quelque six km qui suivent et qui nous mènent vers le prochain refuge, mon amie et moi sommes complètement seules. Pendant tout ce trajet, il n’y a pas d’indications des km qui restent à parcourir. Au diable la notion du temps.

C’est ce qui fait le charme de cette traversée : la paix, la sainte paix. Là, il n’y a que des arbres aux allures de fantômes; plus loin, le son du ruisseau, combiné aux mouvements de nos raquettes, est tout ce que nous entendons. Évidemment, nous viendrons troubler cette parfaite quiétude, papotage de « vieilles amies » oblige. La traversée nous aura finalement pris cinq heures. Une autre randonnée à mettre au rang des bons moments partagés.

Sur le sentier de la Traversée, le son du ruisseau, combiné aux mouvements de nos raquettes, est tout ce que nous entendons.

Envie de séjourner dans le parc?

Celui-ci compte plusieurs modèles d’hébergement, des refuges aux EXP jusqu’aux trois nouveaux chalets Echo.

Tant qu’à y aller, ça vaut la peine de traverser dans le secteur de Franceville. Oui, on veut tous voir l’Observatoire, oui, le sentier du mont Saint-Joseph est magnifique, mais le sentier des Cimes de Franceville ne donne pas non plus sa place. Il compte plusieurs points de vue, et ce serait dommage de ne pas le parcourir.

Des idées de sortie 

Vous commencez à penser à la relâche? Le parc national du Mont-Mégantic offrira une journée de la famille, le jeudi 7 mars. Glissade, observation du Soleil si le ciel est dégagé, soirée en raquettes aux flambeaux sont quelques-unes des possibilités.

Les citoyens de Lac-Mégantic pourront en apprendre davantage sur la Réserve de ciel étoilé du parc (RICEMM), le vendredi 8 février. Les artisans de la réserve iront à la rencontre de la population à la polyvalente Montignac à compter de 19 h 30. 

L’auditoire pourra notamment visionner le film Rythmes cosmiques et observer le ciel aux télescopes si la météo le permet.