«Les chameaux sont très affectueux et on ne se lasse pas de les admirer. Visiter une ferme de chameaux est un incontournable!» indique Shirley Prévost.

Dattes, sable et aventures à Dubaï pour Shirley Prévost

Ils viennent du Québec, mais sont partis vivre aux quatre coins du monde. Pour le travail, par amour, pour aller voir ailleurs si l’herbe est plus verte. Le Mag vous les présente et vous décrit leur quotidien. Tranches de vie.

NOM: Shirley Prévost

ÂGE: 40 ans

PROFESSION: «J’ai quitté mon emploi d’opticienne d’ordonnances pour suivre mon mari dans son nouveau défi professionnel aux Émirats arabes unis, où il travaille pour la compagnie aérienne locale, Emirates. Je suis donc maman à la maison.»

Trajectoire

«En couple depuis plus de 20 ans et parents de trois jeunes enfants, notre vie familiale classique, stable et prévisible dans les Laurentides nous comblait. Personne n’aurait pu imaginer un scénario différent. Je ne suis pas une grande voyageuse, mais je suis de nature positive et ouverte aux nouvelles expériences. C’est sans doute ce qui nous a décidés à envisager cette opportunité de carrière pour mon conjoint, aux Émirats arabes unis.»

«La plus haute tour au monde, Burj Khalifa, offre un spectacle de lumière exceptionnel chaque soir. En voyant la tour, je ne peux m’empêcher de la prendre en photo, encore et encore.»

Raison

«J’ai toujours admiré les familles qui partent sur un voilier faire le tour du monde. Jamais je n’aurais osé. Mais nous avons eu l’occasion de mettre un grain de folie dans notre vie bien rangée. La ville de Dubaï et la culture arabe nous étaient inconnues. Plus on se renseignait, plus le désir d’expatriation grandissait. C’était l’aventure, mais sous forme encadrée. Ça me plaisait. On a joué le tout pour le tout, vendu notre maison de campagne et, en 2017, on l’a fait!»

«2 janvier 2017: le camion de déménagement arrive. Dans ce camion se trouvent tous nos biens matériels pour reconstruire notre chez-soi. Nous habitons la maison de droite.»

Le plus dur à apprivoiser…

«La température en mai, en juin et en septembre peut facilement grimper à plus de 45 degrés dans le désert. On fuit Dubaï en juillet et en août pour se rafraîchir et s’oxygéner au Québec.

«La plage Kite Beach avec vue sur le Burj al-Arabe, l’hôtel en forme de voilier parmi les plus luxueux au monde. À seulement 30 minutes de la maison!»
«Le désert, c’est aussi le plus grand carré de sable qu’un enfant peut rêver d’avoir. Mon fils Teigan en pleine action!»

Un autre grand défi est de laisser tomber les préjugés. Je n’ai aucun malaise avec les hommes habillés en tuniques blanches ou les femmes en abaya noire, chevelure couverte. Mais j’ai plus de mal lorsque certaines femmes ont la tête complètement recouverte, sans qu’on puisse voir leur regard, ou quand des femmes plus âgées portent le masque devant le nez et la bouche.

La conduite automobile est aussi difficile. Les gens roulent vite sur les autoroutes à six voies et ils n’ont pas appris à conduire avec les mêmes règles.»

Aujourd’hui, je vis comme une Dubaïote parce que...

«Je respecte les mœurs locales et je me couvre les épaules et les genoux dans les lieux publics. Les femmes ne sont pas obligées de porter l’abaya noire. Je n’ai eu qu’à la porter une fois pour visiter la Grande Mosquée d’Abu Dhabi. Lors du ramadan, le mois du jeûne pour les musulmans, je respecte la loi et je m’abstiens de boire ou de manger en public, sous peine d’avoir une contravention, c’est très sérieux.»

«Malgré un chemisier à manches longues et des pantalons, les femmes sont invitées à se couvrir la tête et le corps avec une abaya à la Grande Mosquée d’Abu Dhabi. C’est la seule fois où j’ai dû revêtir la tenue traditionnelle.»
«À la Dubai Woman Run 2018, j’ai côtoyé des coureuses indiennes qui ont fait le trajet en sari traditionnel et des femmes arabes en souliers de courses et abaya.»

Je mange...

«Beaucoup de dattes! Fraîches ou intégrées aux desserts. Je cuisine beaucoup et nous mangeons pratiquement la même chose qu’au Québec. Les grandes épiceries ont des sections pour non-musulmans où l’on trouve une belle variété de produits, même du bacon à saveur d’érable! Bien qu’il y ait du lait de vache, j’incorpore à notre alimentation le lait de chamelle, réputé pour avoir d’excellentes vertus nutritives. À saveur de vanille, dattes, chocolat ou fraise, on ne sent pas la différence.»

«L’épicerie regorge de différentes variétés de dattes.»

J’habite...

«Dans un grand ensemble résidentiel, The Villa, à 20 minutes du centre-ville de Dubaï. Comme 80 % des gens qui vivent à Dubaï sont des expatriés, mes voisins sont originaires de l’Angleterre, de la Grèce, du Pakistan, des États-Unis, de l’Autriche... Ma maison de 3800 pieds carrés a cinq chambres et six salles de bain. Un contraste avec notre maison roulotte au Québec en saison estivale.»

Je m’ennuie...

«Le dimanche matin, j’ai souvent un pincement au cœur en consultant mon fil d’actualité Facebook. Au Québec, mes amis se regroupent le samedi soir... Tandis que moi je prépare les lunchs pour l’école. La semaine se déroule du dimanche au jeudi. Le vendredi est une journée de prières pour les musulmans.»

Je reste branchée au Québec en...

«Je ne peux pas m’imaginer vivre ici sans médias sociaux. Avec les courriels, Skype et Facebook, il n’y a pratiquement plus de distance. Quelques jours après notre arrivée à Dubaï, j’ai ouvert une page Facebook dédiée à notre aventure, Shirley : oser la Vie a Dubai. C’est ma façon de faire participer mes amis et ma famille.»

Un bon coup de ma ville d’adoption que je rapporterais au Québec...

«La fierté nationale. Les drapeaux des Émirats arabes unis sont partout dans la ville. Les expatriés sont aussi fortement invités à célébrer leur pays d’origine. Je n’ai jamais été autant ProCanadienne et Québécoise que depuis que j’habite ici! Et je n’ai que des bons mots pour l’école privée que mes enfants fréquentent, une véritable continuité de la maison avec un feu roulant d’activités. C’est formidable de voir mes enfants s’épanouir dans une deuxième langue (anglais) et même en apprivoiser une troisième (arabe).»

«Thématique International Day à l’école des enfants, où plus de 40 nationalités sont représentées. On se regroupe entre Canadiens et on tente d’offrir aux enfants un aperçu de ce qu’est le Canada. Le gâteau unifolié à saveur de sirop d’érable a été un immense succès.»

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