Isabelle Pion
Une marche dans le sentier des Appalaches, dans la réserve de Matane.
Une marche dans le sentier des Appalaches, dans la réserve de Matane.

Courir en montagne pour décrocher

CHRONIQUE / Ils sillonnent le Québec pour chanter, tourner ou partir à l’aventure. Cet été, découvrez les passions et les endroits coups de cœur des personnalités d’ici dans la chronique Sortie prendre l’air, qui continuera néanmoins de vous alimenter en suggestions et de braquer son projecteur sur le monde du plein air. Cette semaine, un entretien avec François Tremblay, qui personnifie Arthur L’Aventurier depuis plus de 20 ans.

On sait qu’Arthur L’Aventurier connaît le Québec comme le fond de sa poche. Qu’il a arpenté les parcs nationaux aux quatre coins de la province. Ce qu’on sait peut-être un peu moins, c’est que François Tremblay est un adepte de course en sentiers. C’est comme ça qu’il a souligné ses 50 ans : en courant 50 km.

« La course en sentier, communément appelé en trail, ça fait plusieurs années que je pratique ça. C’est mon sport de prédilection. J’ai fait l’an passé 50 km en trail pour souligner mes 50 ans de vie. J’en fais un autre au début septembre, une course qui s’appelle la Chute du Diable - je me croise les doigts pour que ça fonctionne; ce n’est pas annulé encore. Je me suis aussi inscrit à une course de 50 km parce que ma fête est à la fin septembre : mon but est de faire deux 50 km dans ma cinquantième année. »

« Ce que j’aime, c’est l’immersion en nature. J’ai toujours couru dans le bois. Quand j’étais adolescent à Sherbrooke, j’allais au Collège du Mont-Sainte-Anne et je courais dans les sentiers du mont Bellevue. On était une gang, on faisait du cross-country. Je courais dans les sentiers et on faisait des compétitions entre les collèges. J’aimais beaucoup ça. On y allait le midi, on courait dans la bouette, on revenait, on suspendait notre linge dans le garage de l’école parce qu’on était pensionnaires à la semaine. Le lendemain, on le remettait... et souvent il tenait tout seul », lance-t-il en riant. 

L’artiste aussi adepte de vélo de montagne a perdu cette passion de vue... jusqu’à il y a une dizaine d’années. Le résident de Québec s’est remis à courir sur le sentier linéaire de la rivière Saint-Charles.

Sa première course officielle? La XTrail d’Orford, réalisée il y a quatre ans, lui a donné la piqûre pour de bon. Il en a fait au moins une dizaine depuis.

« J’en ai fait plusieurs depuis ce temps-là : le trail Harricana, la mythique course de la Vallée-Bras-du-Nord... » énumère-t-il entre autres. 

Cette immersion totale lui permet de décrocher. 

« Ce matin, je me suis levé et à 6 h, j’étais dans le bois, je suis parti courir avec le soleil qui se lève. C’est la liberté totale. »

Ses passions ne se limitent pas à la course en sentier : le bois l’appelle. La nature, point, qui semble être inscrite dans la génétique des Tremblay. 

« J’aime beaucoup la pêche aussi. Je vais rejoindre mon frère à Manic-5. Mon père a un vieux chalet là-bas. On découle du père. Il est encore en pleine forme, il a 95 ans et il habite à Windsor (NDLR : où il a grandi). C’est lui qui nous a transmis ça. On a passé notre jeunesse dans le bois. Il avait son chalet à Stoke. On a un chalet familial dans la famille de ma conjointe, dans la région de Portneuf. L’été, on passe pas mal toutes nos vacances au chalet avec les enfants, sur le bord du lac. » 

Cet amour de la nature n’a pas sauté de génération. Ses deux grandes filles sont sportives et actives, et c’est à son aînée, experte en canot, qu’il demande des conseils sur ce sujet. « En famille, on leur a appris à bouger et à être en action. Ça se passe pas mal dehors. »

En tournée depuis 24 ans à travers le Québec, il a développé une connaissance fine du territoire. 

« Quand je vais à Baie-Comeau, il y a une forêt derrière la salle de spectacle, il y a une super trail là, c’est le club de ski de fond. Quand je vais à Havre-Saint-Pierre, je sais où aller courir. Je parle aux techniciens de la salle de spectacle, ils commencent à me connaître. Sitôt arrivé, je n’ai pas mis mon stock dans la loge que j’ai mes runnings et je reviens plein de bouette. C’est un classique. Ce que j’aime, c’est de décrocher de la réalité, d’aller dans la nature qui est ce monde parallèle-là où il n’y a personne. »

Lors du trail Harricana : 28 km de courses en sentiers.

Ses coups de cœur

La région de Portneuf et la Vallée Bras-du-Nord. « Pour moi, c’est une région de plein air extraordinaire. Il y a le sentier national qui traverse le Canada et il y a des bouts de ce sentier qui passent là. Je les connais pas mal tous. Je pars à l’aventure. Ma blonde m’a exigé de m’acheter un radar satellite parce que je partais et je ne revenais pas. Je me perds un peu. Il n’y a pas de cellulaire. » 

Le sentier du mont Chapman, à Stoke en Estrie : « Les sentiers du mont Chapman. C’est un beau coin. C’est là que mon père avait son chalet. Les montagnes, on les avait juste devant nous. Je suis allé là en masse. »

Dans la région de Québec : « Je vais souvent courir à la station touristique de Duchesnay. Je vais beaucoup à Lac-Beauport, au nord de Québec. Ça s’appelle Le Saisonnier. Il y a des trails incroyables, de 5, 10, 20, 50 km. C’est un petit joyau méconnu des gens en général, les gens de la région le connaissent pas mal ça. Il y a conjointement du vélo de montagne et de la course à pied en trail. »

Ses parcs nationaux de prédilection : « L’été passé, j’ai eu une révélation. J’ai fait 50 émissions des Trésors d’Arthur dans les parcs nationaux, en plus des tournages de films. Les parcs nationaux, je les avais tous faits. Il y en a que je n’avais pas visité, en Abitibi-Témiscamingue. Opémican, c’est une forêt de pins immenses, dignes des arbres de la Colombie-Britannique. C’est vraiment particulier, de toute beauté. Et le parc d’Aiguebelle, j’ai vraiment capoté. Je suis allé courir avec mes caméramans, ça s’appelait le sentier des aventuriers... »