Bière

Paris, une petite mousse à la fois

CHRONIQUE / Invité par le salon Planète Bière qui se tenait les 7 et 8 avril à Paris, j’y ai présenté des conférences sur les tendances de la bière en Amérique du Nord devant un public français composé de consommateurs et de professionnels. Connaissant très bien la capitale pour y avoir séjourné de nombreuses années, j’en ai profité pour me mettre à jour sur les nouveaux établissements qui offrent une belle carte de bières et visiter amis et gens du métier qu’il me fait plaisir de revoir à chaque visite.

Paris n’est pas la première ville que l’on nomme lorsqu’il s’agit de parler de bières de microbrasserie et de renouveau depuis ces trente dernières années. Pourtant, avec son incroyable offre gastronomique, on aurait pu s’attendre à une proposition plus étoffée de bières artisanales accompagnant les meilleures tables.

Paris est au vin ! La France est au vin ! Avec seulement 33 litres de bière consommés par habitant, par année, la France n’est pas la plus grande buveuse de bière. Mais c’est sans compter l’esprit libre et fonceur de plusieurs artisans, que ceux-ci soient derrière le bar ou derrière la cuve, qui révolutionnent, tout doucement, l’approche de la consommation bière en France en se battant contre le plus grand lobbying : les habitudes de consommation.

Bières

Une levure du nord séduit nos brasseurs

CHRONIQUE / À l’affût de nouveautés et de tendances, les brasseurs du Québec commencent à adopter une nouvelle levure « ancienne » : la Kveik. Héritage d’une tradition ancestrale norvégienne, devenue aujourd’hui un ingrédient tendance dans de nombreuses bières en Amérique du Nord.

Un peu de contexte

En Norvège, la tradition brassicole semble s’être figée dans le temps dans différents villages où plusieurs brasseurs amateurs continuent de brasser une bière ancienne aromatisée aux baies de genévrier et fermentée à l’aide d’une levure ultrapuissante aux propriétés très aromatiques. 

Comment le monde contemporain a découvert cette levure ? Grâce aux travaux de recherche de différents spécialistes de la culture bière dans le monde. 

Au Québec, c’est Martin Thibault des Coureurs des Boires et chroniqueur au journal Bières et Plaisirs qui fut le premier à en parler. L’intérêt des laboratoires, fournisseurs de levures, à isoler la Kveik et la proposer dans leur catalogue a fait le reste.

Utilisation contemporaine

Développant des notes d’agrumes et de phénols, plus ou moins présents en fonction de la température de fermentation, la levure est, aujourd’hui, la parfaite complice des bières très aromatiques. Ayant accès à la levure, plusieurs brasseurs l’utilisent dans des recettes contemporaines. On s’éloigne donc des recettes de bières fermières de la Norvège et on se concentre uniquement sur les propriétés aromatiques et organoleptiques de la levure, au grand dam de la culture brassicole du nord de l’Europe. C’est la dure loi de l’appropriation culturelle.

Kveik IPA

L’appellation Kveik IPA semble déjà faire l’unanimité auprès de la communauté de brassage. Une IPA aromatique fermentée avec la levure Kveik. Un sous-style IPA de plus dans la grande famille des bières houblonnées. 

Le Mag

La raclette

CHRONIQUE / Savez-vous pourquoi j’ai envie de vous parler de raclette ? Parce que j’ai été invité dernièrement à en partager une avec des amis et que c’est le repas parfait pour la découverte des accords bières et mets. Elle demande peu de préparation et permet aux convives de partager fromages, charcuteries, condiments et bières. Voici mon guide d’une raclette réussie, chute de neige comprise.

Il existe deux types de raclettes dans notre monde contemporain. D’une part, la raclette du Valais: fromage suisse du canton homonyme protégé par une appellation, que l’on fait fondre sur sa meule et que l’on racle dans l’assiette. On l’accompagne de pommes de terre, de légumes marinés et de charcuteries comme la viande de grison, par exemple. Je m’attarderai plutôt à l’autre type : la raclette que l’on cuisine sur des appareils composés de petits ramequins et d’une plaque de cuisson. Les fromages, charcuteries et condiments peuvent alors être nombreux.

Bière

2019 sera la suite de 2018

CHRONIQUE / En ce début d’année, comme tout bon chroniqueur, je me dois de vous proposer mes prédictions pour 2019. L’exercice me plaît, mais j’aime faire différent. Tout d’abord, j’ai déjà gagné celle de mon titre accrocheur, 2019 suit bien l’année 2018.

À défaut de vous offrir les cinq bières à boire cette année, les cinq brasseries à visiter ou les cinq tendances à suivre, je vous ai plutôt préparé cinq dossiers à surveiller. J’aime parler du marché en appuyant mes propos sur des enjeux qui peuvent se mesurer — ou pas — tout au long de l’année. Le marché de la bière est en pleine effervescence — désolé, ma résolution de ne plus utiliser ce jeu de mot plus qu’épuisé sera pour 2020 —, de nouveaux styles sont créés presque tous les mois, judicieux mélange d’histoire, d’innovation et parfois d’audace. Je vous invite donc à regarder dans ma boule de cristal.