Philippe Wouters gardera des souvenirs marquants du Boonville Beer Festival de 2014.

Un an ! Joyeux anniversaire !

Voilà maintenant un an que je m’amuse à écrire une chronique hebdomadaire sur le monde de la bière, sur les accords bières et mets et sur cette culture qui me passionne depuis des décennies. Un an à vous proposer mes suggestions et à vous inviter à surprendre vos papilles. Il s’en est passé des choses depuis ce 8 avril 2017. Et si on fêtait ça, une bière à la main ? Voici quatre bières qui me rappellent de très bons souvenirs de cette culture bière si riche et rassembleuse. Petite chronique un peu plus intime...

La Fin du Monde 
La première fois que j’ai découvert La Fin du Monde, j’étais serveur dans un bar, dans les années 90, boulevard Saint-Michel, à Paris. Un jeune représentant d’une brasserie québécoise avait alors proposé à mon patron de vendre, pour la journée de la Fête de la musique, de la nouvelle bière québécoise. Qui dit bière, dit Philippe ! On m’appelle donc pour tester le produit. À l’époque, je ne connaissais ni le Québec ni la brasserie et encore moins La Fin du Monde. Ça a été le coup de foudre ! Une bière riche et bien équilibrée qui me rappelait les meilleures triples de Belgique, mais offrant un corps légèrement plus riche et sucré. On en a vendu quelques-unes ! Et j’ai rencontré le fameux porte-parole de la brasserie la même soirée. Merci Robert !

Flacatoune
En 2001, quelques mois après avoir posé mes valises de néo-Québécois, j’arpentais les rues de Baie-Saint-Paul et découvrais, de galerie d’art en galerie d’art, l’art contemporain très populaire à Charlevoix. La culture, ça donne soif ! Me voilà donc devant une palette de dégustation de bières artisanales créées par un jeune brasseur français, en stage au Québec, à la microbrasserie Charlevoix. Je dégustais tranquillement mes bières et m’amusais à en parler autour de moi. Tout d’un coup, le jeune brasseur, devenu partenaire de la microbrasserie, s’est installé devant moi et m’a parlé de ses bières et de la culture bière au Québec. Une conversation si enrichissante qu’elle a changé ma vie ! C’est là que je me suis convaincu et que j’ai foncé tête première dans ce métier qui me passionne. Chaque gorgée de Flacatoune me rappelle cette discussion spontanée, mais ô combien déterminante. Merci Nicolas !

Péché Mortel
Le porte-étendard de la brasserie Dieu du Ciel ! depuis des années. À l’époque où cette bière n’était disponible qu’au pub, on venait de partout en Amérique du Nord pour la boire en fût. Dieu du Ciel ! s’est d’ailleurs taillé une solide réputation chez nos voisins du sud grâce à cette bière distribuée seulement en très petite quantité. En 2014, je suis invité au Boonville Beer Festival. Un rendez-vous des brasseurs et acteurs de la culture bière sur la côte ouest-américaine, au nord de San Francisco. Toute l’industrie s’y retrouve une fois par année pour fêter et organiser un petit festival à but non lucratif. Une occasion parfaite pour rencontrer du monde et se retrouver. Nous voilà invités à un « bottle sharing » qui consiste à apporter quelques bières et à en faire profiter d’autres convives. J’avais, dans mes valises, deux Péché Mortel affinées en fût de bourbon. Le sésame de l’amateur d’impérial stout au café. Inutile de vous dire que j’ai pu goûter à la presque totalité du Top 20 des meilleures bières des États-Unis ! Une soirée « geek » comme rarement vécue. Merci Stéphane !

Kirke
La première soirée des brasseurs, organisée à Shawinigan, s’est terminée avec une poutine familiale partagée par 30 brasseurs et acteurs du monde la bière dans un magnifique domaine de chasse du siècle dernier. On avait faim ! La décision avait été prise que j’allais cuisiner un banquet gaulois pour les brasseurs, dans deux magnifiques feux de foyer. On y cuirait volailles, viandes et saucisses. Un an plus tard, nous voilà, mon équipe et moi, en train de s’activer devant deux magnifiques foyers en pierre, assoiffés et fortement déshydratés. J’ai fait la connaissance de la Kirke du Corsaire, cette bitter anglaise légère en alcool et toute en simplicité de saveurs et de goût. Un classique quand il fait très chaud et que je ne désire pas de bières houblonnées. Merci Martin !

Santé et partez à la rencontre des artisans. La bière, c’est avant tout un prétexte au partage !