Le mont Agung a commencé à gronder en septembre, ce qui a eu des répercussions négatives sur la lucrative industrie du tourisme à Bali ainsi que pour les habitants, affectant des organisateurs de mariages et des centres de plongée sous-marine en passant par des agriculteurs.

Bali: un volcan brise des rêves de mariage

JAKARTA — Tiarna Thompson avait tout préparé pour son mariage de rêve sur l’île paradisiaque de Bali, mais cette Australienne était loin d’imaginer que son rêve serait brisé par un volcan qui s’est mis à cracher des colonnes de cendres.

Conséquence : son vol vers l’île la plus touristique d’Indonésie, très prisée pour les cérémonies nuptiales et lunes de miel, a été annulé. Du coup, la future mariée a dû changer rapidement ses plans et choisi la Thaïlande pour sa cérémonie.

«C’est drôle de voir comment un volcan peut bouleverser nos projets et nos vies simplement comme ça», raconte Tiarna à l’AFP depuis l’Australie, elle qui se serait mariée cette semaine à Bali si le mont Agung n’avait pas fait des siennes.

Culminant à un peu plus de 3000 mètres, le volcan s’est réveillé récemment et a commencé à cracher d’épaisses colonnes de cendres dans l’atmosphère, dangereuses pour les avions. Elles ont provoqué la fermeture de l’aéroport de l’île pendant trois jours en début de semaine et font craindre une éruption majeure pour la première fois depuis plus d’un demi-siècle.

«Il avait 50 ans pour faire ça, mais il attendu le jour de notre mariage», plaisante la jeune femme en référence à la dernière éruption du volcan en 1963, qui avait fait plus de 1600 morts.

Le mont Agung a commencé à gronder en septembre, ce qui a eu des répercussions négatives sur la lucrative industrie du tourisme à Bali ainsi que pour les habitants, affectant des organisateurs de mariages et des centres de plongée sous-marine en passant par des agriculteurs contraints de vendre leur cheptel à prix réduit.

Le manque à gagner pourrait coûter à Bali jusqu’à 9 trillions de roupies (près de 850 millions $CAN) si la situation du volcan se prolonge jusqu’à la fin de l’année, selon ministre du Tourisme, Arief Yahya.

«Énorme effet» sur le tourisme

Bali attire chaque année des millions de touristes à la recherche de plages paradisiaques et d’autres attractions sur la seule île essentiellement hindoue en Indonésie, pays musulman le plus peuplé au monde.

L’activité du volcan a un «énorme effet» sur l’industrie touristique, estime Ni Komang Astiti, employé au centre de plongée Dune Atlantis, dans le sud-est de l’île.

«Nous avons eu beaucoup d’annulations de gens qui ne pouvaient pas venir à Bali en avion», dit cet homme en référence à la fermeture de l’aéroport international de Denpasar de lundi à mercredi.

Il a rouvert mercredi en fin de journée, mais la plupart des touristes s’en vont, et d’autres n’arrivent pas.

«Si d’habitude nous avons 20 clients par jour, maintenant ils ne sont que deux. Nous sommes inquiets. Que devons-nous faire si nous n’avons pas de clients? Nous dépendons de l’industrie du tourisme», explique M. Astiti.

Un autre volcan, le mont Sinabung, sur l’île de Sumatra, s’est réveillé en 2010 après plus de quatre siècles de sommeil et est devenu très actif, le niveau d’alerte maximale étant maintenu depuis 2013. Outre l’industrie du tourisme, les conséquences se ressentent aussi pour les habitants de Bali. Des dizaines de milliers d’entre eux ont été contraints de fuir vers des centres d’évacuation. De nombreux Balinais se plaignent de ne pas pouvoir travailler et certains retournent en douce dans la zone interdite pour nourrir leurs précieux animaux, qui sont souvent leur seule source de revenus.