Bado, 35 ans et 9019 caricatures plus tard

Une bonne partie des collègues que côtoie chaque jour Bado n'étaient même pas nés lorsque le caricaturiste a donné ses premiers coups de crayon pour LeDroit. Numérotant chacun de ses dessins, Guy Badeaux a atteint le compte de 9019 jeudi, alors qu'il soulignait son 35e anniversaire d'embauche au quotidien.
Diplômé en arts plastiques du Cégep du Vieux-Montréal, Guy Badeaux a déposé ses pénates dans la région d'Ottawa-Gatineau en 1981, après avoir passé avec succès un test d'embauche au cours duquel il devait réaliser, en une heure, trois dessins sur autant de sujets.
Il avait auparavant collaboré à différents journaux, dont The Gazette et Le Devoir.
<p>La première caricature de Bado au <em>Droit</em></p>
Son tout premier dessin au Droit aura été un autoportrait. «J'ai écrit: "Excusez-moi de vous avoir fait attendre, je pratiquais ma signature"», explique le caricaturiste.
Son nom d'artiste a été choisi alors qu'il était toujours sur les bancs du cégep, pour une raison bien simple. «Il fallait signer nos travaux et Badeaux, je trouvais ça trop long», dit-il.
Depuis 35 ans, jamais il n'a souffert du syndrome de la page blanche. Il avoue qu'il est tout de même difficile de trouver une bonne idée de caricature sur une base quotidienne. Le processus de création diffère d'un jour à l'autre, précise Bado. «Je regarde les nouvelles le soir. Des fois, je trouve le gag le soir, des fois je le trouve dans la nuit, des fois je le trouve le matin.» «D'autres fois, l'idée peut même surgir aux toilettes ou sous la douche», lance-t-il en souriant.
Au sein d'une communauté de caricaturistes qui ne compte qu'une vingtaine de membres dans les quotidiens du pays, Bado a su faire sa marque.
Il a notamment reçu le Prix d'excellence du Concours de dessin éditorial de l'Association des correspondants des Nations Unies en 2009, et celui pour la meilleure caricature dans un quotidien au Concours canadien de journalisme, en 1991.
Provocation et controverses
La provocation étant inévitablement associée à la caricature, Bado a déjà soulevé des controverses. Un René Lévesque crucifié, la cigarette à la bouche, fait partie du lot. 
«C'était le Samedi saint, alors que le Parti québécois attendait un sondage favorable, donc j'ai fait René Lévesque sur une croix qui disait: "Encore un jour et je suis censé ressusciter!"»
D'autres caricatures ont carrément été refusées par la haute direction du journal. Comme lorsqu'il a été annoncé que le pape Jean-Paul II allait visiter Ottawa en 1984, et que Bado l'a dessiné avec «un chapeau d'Indien et une ceinture fléchée», avec du ruban de hockey sur la crosse épiscopale. Ça n'a pas passé dans le bureau de l'éditeur.
<p>Le nom Bado a été choisi alors qu'il était toujours sur les bancs d'école. «Il fallait signer nos travaux et Badeaux, je trouvais ça trop long», lance le caricaturiste.</p>
Au fil des ans, la technologie est venue changer le travail du dessinateur. Au lieu d'être créés avec des hachures, les volumes peuvent notamment être ajustés à l'ordinateur. 
Sans oublier que les caricaturistes d'un peu partout dans le monde peuvent partager leurs oeuvres entre eux beaucoup plus facilement depuis l'avènement d'Internet.
Et bien qu'il ait dernièrement réduit sa présence dans le journal à trois jours par semaine, Bado souhaite bien poursuivre son aventure au Droit avec un objectif bien précis en tête, celui d'atteindre les 10 000 caricatures.