Le chef Jean Soulard montre à Xavier, 9 ans, la technique pour couper une échalote française (sans se couper!)

Apprendre à cuisiner comme un chef!

En ce mercredi matin de la semaine de relâche, une dizaine de jeunes âgés de 9 à 13 ans prennent d’assaut la cuisine flambant neuve de l’Institut sur la nutrition et les aliments fonctionnels (INAF) de l’Université Laval. Le chef Jean Soulard les y attend à bras ouverts afin de leur livrer certains de ses trucs en cuisine.

L’auteure de ces lignes a convié son neveu comme cobaye pour ce premier camp Aliment’Terre offert pendant la relâche. Xavier, 9 ans, se prête à l’activité avec joie — lui qui adore cuisiner.

Chaque jeune est accompagné d’un parent ou d’un proche pour cet atelier d’une demi-journée où sera concocté un repas trois services grâce aux directives et judicieux conseils du chef Soulard.

Celui qui a été à la barre des cuisines du Château Frontenac durant une vingtaine d’années a l’habitude de cuisiner avec les enfants et les préados; cela fait déjà cinq ans qu’il prend part au camp d’été offert à l’INAF (voir autre texte). 

La différence entre donner un cours aux enfants et aux adultes? «Les enfants, ce sont de vraies éponges. Il y en a qui reviennent qui se rappellent encore ce que je leur ai montré il y a deux ans!» s’émerveille le chef. «Ils sont chanceux, leur goût est encore à développer, il n’a pas été dénaturé» par certaines habitudes acquises à l’âge adulte. Quant aux «grands», «on sent qu’ils sont là davantage pour le côté festif, pour passer un bon moment et se changer les idées», indique M. Soulard, se remémorant des ateliers culinaires qu’il a déjà offerts.

Des jeunes chefs à l’œuvre!

La matinée commence par une brève présentation du menu que chaque duo parent-enfant devra concocter : sushis de concombre fraîcheur en entrée, saumon en «écailles» de courgette et tomates concassées comme plat principal et papillote de fruits au dessert. Frais, santé, et facile à refaire par la suite… encore plus lorsqu’on a les bonnes techniques!

Le groupe écoute les explications du chef — on aurait pu entendre une mouche voler tellement petits et grands étaient attentifs! — et observe comment hacher finement des légumes (sans se couper les doigts) et peler les tomates après les avoir fait tremper une minute dans l’eau bouillante.

«L’important quand on cuisine, c’est de goûter! On trouve le dosage qui correspond à nos goûts : plus de poivre ou de sel, moins de citron… on ajoute une herbe qu’on aime» et le tour est joué pour faire la vinaigrette parfaite qui accompagnera l’entrée.

Fier d’assister Jean Soulard dans sa démonstration, Xavier ne manque pas d’ajouter quelques commentaires qui font bien rire le groupe. Les autres trépignent de s’y mettre à leur tour. Une remarque avant de les laisser aller à leur poste de travail : «Si c’est bon c’est grâce à vous, si c’est pas bon c’est grâce… à moi!» blague le chef, confiant que chacun saura bien se débrouiller.

Les filets de saumon en «écailles» de courgettes, prêts à mettre au four.

Cuisine de chef

La cuisine où se déroule l’atelier, inaugurée au printemps 2018, pourrait rivaliser avec celle des Chefs! ou d’autres émissions de cuisine qu’on voit à la télé. «Les fours [au gaz] sont très puissants, même plus que ceux que j’avais au Château!» confie M. Soulard. On remarquera en effet cette puissance lorsque notre concassé de tomates commencera à brûler dans la poêle (ouf, on l’a réchappé!) 

Des espaces de travail pour tous, entièrement équipés, sont disposés sous des puits de lumière qui créent une atmosphère oh combien plus agréable que des néons!

Parmi les apprentis d’un jour, certains n’en sont pas à leur premier camp avec Jean Soulard. C’est le cas notamment de Louis, 11 ans, qui avait déjà pris part à un camp d’été avec le chef et qui en compte pas moins de sept en tout dans son bagage! Le jeune homme aimerait suivre les traces de son père, qui a d’abord été chef avant de faire carrière comme ingénieur. «À deux ans, je voulais déjà cuisiner. J’avais une petite pizza en plastique et je l’ai mise dans le vrai four… que ma mère a allumé», raconte Louis au Soleil. On imagine l’odeur…

Quant à Delphine, 13 ans, elle revenait aussi après avoir fait le camp estival il y a deux ans, mais cette fois avec ses parents et sa sœur Ophélie, 11 ans. «J’ai beaucoup aimé faire les sushis de concombre, j’aimerais les essayer avec du fromage de chèvre à l’intérieur au lieu du fromage à la crème, comme l’a proposé M. Soulard», indique la grande jeune fille. 

Mikaëlla, 10 ans, était de son côté bien heureuse de cuisiner du poisson — fait rare pour celle dont les parents sont tous les deux allergiques. Elle partage le plaisir de popoter avec sa mère Kim et sont toutes les deux des «fans finies» de l’émission Cuisine futée, parents pressés et des livres de recettes du duo.

Petite victoire pour l’auteure de ces lignes lorsque, attablée avec le groupe pour déguster le repas, elle a vu Xavier manger tout son saumon — lui qui, d’habitude, ne daigne pas trop y goûter… «Ne le dis pas à ma mère!» prie-t-il. Comme quoi, quand on le cuisine soi-même, on apprécie davantage ce qu’on se met sous la dent!

Les chefs d’un jour et leurs parents ont cuisiné avec sérieux... et dans la bonne humeur!

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DES CAMPS D'ÉTÉ POUR «TOMBER EN AMOUR AVEC L'ALIMENTATION»

Offerts par l’Institut sur la nutrition et les aliments fonctionnels (INAF) de l’Université Laval, les camps de jour estivaux Aliment’Terre et Jeunes Foodies visent à ce que «les jeunes tombent en amour avec l’alimentation», indique la professeure en nutrition Simone Lemieux.

Celle qui est la «marraine» du camp Aliment’Terre, proposé depuis 2014, signale que les jeunes de 10 à 12 ans qui y prennent part font bien plus que de la cuisine. «Ils vont aussi au jardin, ils explorent la chimie des aliments en laboratoire, le tout dans un contexte ludique», explique Mme Lemieux. Des étudiants au bac en nutrition ou en sciences et technologie des aliments accompagnent les jeunes, un avantage selon la professeure puisqu’ils partagent leurs connaissances. Et pour clore la semaine en beauté, les enfants convient leurs parents à un goûter qu’ils auront eux-mêmes préparé.

L’INAF offre aussi, depuis 2016, le camp Jeunes Foodies qui s’adresse aux ados de 13 à 15 ans. Ils y apprennent les bases de la cuisine avec le chef Jean Soulard — qui collabore aussi au camp Aliment’Terre — et préparent un véritable banquet pour leurs convives le vendredi. Invités spéciaux et ateliers complémentaires sont aussi au programme. 

Les camps de cinq jours sont offerts à trois reprises durant l’été — en juillet pour Jeunes Foodies et en août pour Aliment’Terre — et chaque groupe compte 24 places. 

Quant au camp d’une demi-journée proposé durant la relâche aux jeunes 9 à 13 ans (accompagnés d’un adulte), tout indique qu’il serait de retour l’an prochain puisque la première édition a été un succès.

Pour tous les détails sur les camps d’été : ulaval.ca/aliment-terre