Aérer son intérieur

Le printemps s’installe, et avec lui l’envie d’ouvrir toutes grandes les fenêtres. Ça tombe bien, c’est ce qu’il faut faire.

Plusieurs contaminants peuvent se trouver dans l’air intérieur de notre habitation. Leur présence peut être associée tant aux habitudes de vie des occupants, aux composants du bâtiment lui-même et à son entretien, qu’à la présence d’animaux. Assurer une ventilation adéquate revêt une grande importance pour garantir une bonne qualité de l’air intérieur.

Dans un document portant spécifiquement sur «la qualité de l’air dans votre habitation», l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) recense les contaminants potentiels auxquels nous pouvons être exposés dans nos résidences, ainsi que les moyens pour en diminuer les effets. 

Si certains conseils semblent aller de soi — par exemple fumer à l’extérieur de la maison, entreposer les produits chimiques dans un endroit bien aéré, utiliser des produits de nettoyage écologiques émettant moins de substances chimiques — d’autres nous rappellent un fait trop souvent oublié pendant les longs mois d’hiver: l’importance d’introduire de l’air frais de l’extérieur.

Assurer une ventilation adéquate de la résidence revêt une grande importance pour garantir une bonne qualité de l’air intérieur.

Bien sûr, comme d’autres contaminants se trouvent aussi au-dehors (pollen, gaz d’échappement des véhicules, particules fines), on choisira d’ouvrir les fenêtres lorsque l’air extérieur est de bonne qualité, et de les fermer durant la saison pollinique, lors de pics de pollution atmosphérique et lors des heures où le trafic est intense sur les routes à proximité. 

Si la ventilation naturelle de sa résidence par l’ouverture et la fermeture des fenêtres est à la portée de tous, la ventilation mécanique s’avère également un excellent moyen d’améliorer la qualité de l’air intérieur. Les systèmes de ventilation mécanique centralisés permettent d’évacuer l’air vicié et d’introduire de l’air frais qui sera distribué dans les pièces habitables de la maison. Dans certains cas, ils permettent aussi de mieux contrôler l’humidité relative à l’intérieur. «S’ils sont correctement installés, utilisés et entretenus, ces systèmes de ventilation peuvent contribuer à vous offrir un air de qualité presque en tout temps», signale l’INSPQ dans son document.

Aérer son intérieur est donc bénéfique, et ce, peu importe le moment de l’année. Signalons toutefois que certains contaminants nécessiteront davantage d’interventions pour en venir à bout, que ce soit la présence de moisissures, de radon ou d’amiante. Quant à la présence d’acariens ou d’allergènes, on peut contrôler les désagréments en nettoyant fréquemment les surfaces et les tissus.

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QU'EN EST-IL DE LA COVID-19?

L’Institut national de santé publique a fait paraître le 30 mars dernier un document faisant état de questions et réponses les plus à jour en ce qui a trait à l’air intérieur et la ventilation en lien avec la COVID-19. On y indique d’entrée de jeu que «l’air intérieur n’est pas considéré comme un vecteur par lequel le virus se propage dans l’environnement, où il serait par ailleurs rapidement désactivé par assèchement». 

L’INSPQ ajoute que, de manière générale, peu d’études récentes ont permis de montrer une association significative entre la propagation ou la transmission des virus et la ventilation des bâtiments résidentiels.

Si une personne est infectée par la COVID-19, l'INSPQ recommande qu'elle réside dans une seule pièce du logement et que cette pièce soit aérée par la ventilation ou par l'ouverture fréquente des fenêtres.

Il est donc important d’appliquer une bonne ventilation des bâtiments occupés, peu importe le type de logement ou d’habitation, et spécialement si une ou des personnes infectées par la COVID-19 y résident. «Il est recommandé que toute personne infectée réside dans une seule pièce du logement et que celle-ci soit ventilée en continu par le système de ventilation ou par l’ouverture fréquente des fenêtres», indique l’INSPQ. Dans ce second cas, la démarche consiste à ouvrir les fenêtres au moins trois fois par jour pour au moins 15 minutes à chaque fois, ajoute l’organisme en citant plusieurs sources. De façon complémentaire, on recommande de ventiler la pièce de façon séparée du reste du logement en gardant la porte de la pièce fermée.

S’il faut s’assurer que les systèmes de ventilation soient propres et bien entretenus, rien n’indique qu’il faille les désinfecter après le passage d’une personne atteinte de la COVID-19. «La conservation du pouvoir infectieux de l’agent viral à travers les conduits des systèmes de ventilation et de conditionnement de l’air intérieur semble improbable et par conséquent, l’application de mesures de désinfection de ces conduits en milieux résidentiels ne s’avère pas nécessaire», signale l’INSPQ.

Source: COVID-19 : Air intérieur et ventilation, questions-réponses, INSPQ, 30 mars 2020

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LES PRINCIPAUX CONTAMINANTS DE L'AIR INTÉRIEUR ET LEURS SOURCES

  • Acariens, allergènes et moisissures: Poussières, animaux, plantes, humidité excessive, dégât ou infiltration d’eau
  • Monoxyde de carbone: tout appareil (poêle, génératrice, barbecue, outils, etc.) fonctionnant au combustible (essence, propane,gaz naturel, bois, etc.)
  • Formaldéhyde et autres composés organiques volatils (COV): peintures, vernis, colles, ameublements neufs, panneaux d’agglomérés ou synthétiques, assainisseurs d’air et parfums, produits nettoyants
  • Fumée de tabac: tabagisme à l’intérieur
  • Radon: produit de dégradation de l’uranium présent naturellement dans le sol (peut être présent dans l’eau souterraine)
  • Amiante: produits et matériaux contenant de l’amiante dans les bâtiments construits de 1930 à 1990

    Source: La qualité de l’air intérieur de votre habitation, Institut national de santé publique du Québec, mai 2017

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QUOI FAIRE AU PRINTEMPS?

Dans son aide-mémoire saisonnier pour l’entretien de la maison au printemps, CAA-Québec recommande notamment les points suivants :

› Ajustez et lubrifiez les mécanismes de fonctionnement des portes et fenêtres (et n’oubliez pas ceux de votre porte de garage).
Nettoyez à fond votre humidificateur portatif ou central.
Nettoyez les moindres recoins de l’échangeur d’air et, si nécessaire, remplacez son filtre.
Dégagez les charpies accumulées dans le conduit d’évacuation de la sécheuse et dans la bouche d’évacuation extérieure.
› Rétablissez le sens de rotation des ventilateurs de plafond afin que les pales poussent l’air directement vers le bas.
Tout appareil de chauffage central à combustion (bois, mazout ou gaz) devrait être entretenu et nettoyé après la période de chauffage.

Source: CAA-Québec