À Gatineau comme à Hawaï

Déjà bien connue des kayakistes, la rivière des Outaouais a quelques joyaux discrets qui font le bonheur d'un petit groupe d'adeptes de plein air inattendu dans le paysage régional: les surfeurs.
Grand, svelte, coiffé d'une longue crinière blonde et joyeusement nonchalant, Marc-André Séguin a tout de l'image d'un surfeur.
La première fois qu'il a posé les pieds sur une planche, c'était il y a environ un an, alors qu'il était en voyage en Virginie avec ses parents. Pour s'amuser, le skieur aguerri a loué de l'équipement et s'est lancé dans l'océan. «Je suis tombé en amour!» se souvient le Gatinois rencontré par LeDroit pendant une séance matinale de surf. 
Comme c'est le cas dans tout coup de foudre, Marc-André s'est voué corps et âme à sa nouvelle passion.
Avec sa combinaison isothermique et sa planche flambant neuve, l'étudiant s'est lancé chaque semaine à la découverte des bons endroits entre Ottawa et Gatineau. C'est ainsi qu'il a joint le club sélect des surfeurs de la région; la page Facebook de l'Ottawa River Surfing Association compte seulement 68 de mordus de la planche, dont certains braves qui s'aventurent dans les vagues en plein hiver.
C'est pour faire mousser la popularité de ce sport mal connu que Marc-André et trois de ses amis ont lancé le compte Instagram Swell & Poivre, il y a trois semaines à peine. «On a décidé de faire ça pour sensibiliser les gens à ce sport-là dans la région, parce que ce n'est vraiment pas populaire. Il y a un potentiel de développement dans ça, explique son acolyte, Julien Hudon. C'est plus accessible qu'on le pense. C'est pas parce que moi j'en fais que les autres ne peuvent pas en faire, et puis c'est dans la région!»
Bien que la rivière des Outaouais n'offre pas le calibre de vagues des plages d'Hawaï, le blogue City of Ottawa Whitewater y recense huit «terrains de jeu» pour s'adonner au surf de rivière.
Vendredi matin, Marc André et Julien ont pris d'assaut l'un des endroits les plus populaires, la «Sewer Wave» - littéralement la «vague des égouts», en raison de la bouche qui s'ouvre à quelques mètres des rapides. Il s'agissait de l'une des dernières journées pour s'attaquer à cette vague, plus facile à aborder à l'hiver et tôt au printemps, car la fonte des neiges et le niveau en hausse de la rivière donnent alors du fil à retordre aux surfeurs pour trouver leur point d'équilibre entre les courants contraires.
Bonne nouvelle pour eux: d'autres sites dans les environs de l'île Bates présenteront bientôt des conditions propices au surf.