Bières

Voyage brassicole en Belgique (2e partie)

CHRONIQUE / Profitant d’un voyage en Belgique, accompagné de 35 passionnés de bières, je vous invite à découvrir ce pays de la bière, berceau de la culture brassicole qu’on trouve à chaque coin de rue. Ma chronique vous est proposée en deux parties, récit de notre voyage.

Flandre occidentale
Dans le village d’Oudenaarde, on retrouve la brasserie Liefmans. Au fil du temps, elle a été une actrice importante de la culture contemporaine. On y brassait une bière acidulée qui a fait la réputation de la brasserie. Aujourd’hui, seules les installations de fermentation sont encore en activité – on veut garder la flore et le terroir — mais les installations de brassage se visitent et offrent un superbe témoignage du passé.

Vins

La renaissance du Muscadet

CHRONIQUE / L’époque où le muscadet servait de faire-valoir aux huîtres est révolue. Si vous croyez encore qu’il est un petit blanc simplet, une importante mise à jour s’impose. Le muscadet s’est raffiné et s’est complexifié, s’élevant au statut de vin de gastronomie et de vin de garde.

À l’image de la fille timide d’un film d’ados des années 90 qui arrive un beau matin à l’école complètement métamorphosée, le muscadet, qui a fait profil bas pendant longtemps, effectue aujourd’hui un retour en force — et pas qu’un peu. Pendant qu’on s’en préoccupait plus ou moins, les vignerons du muscadet s’affairaient à restructurer leur vignoble et à délimiter leurs appellations en crus communaux. Sur les dix prévus, trois sont reconnus depuis 2011, à savoir Gorges, Le Pallet et Clisson, et quatre nouveaux devraient être officialisés pour la récolte 2018. J’ai eu la chance de les déguster en compagnie des représentants de l’appellation en avril dernier : Goulaine, Château-Thébaud, Monnières Saint-Fiacre et Mouzillon Tillières.

Verdict? Certains font une comparaison avec le chablis. Si on est définitivement dans le même registre qualitatif, personnellement, je trouve que ça ne ressemble à rien d’autre. Et ce n’est pas sans raison. Ces vins sont le résultat d’une séquence de particularités uniques au terroir du muscadet.

D’abord, la position en elle-même : situé à l’extrême ouest de la Vallée de la Loire, le pays de Nantes profite de l’influence de l’Atlantique et se décline en une grande diversité de sols d’une impressionnante qualité (granite, schiste, gabbro et gneiss).

Le cépage : le melon B, véritable richesse de la région, est pratiquement exclusif à cette région du monde.

L’élevage sur lies : qui est ici poussé à des sommets parfois vertigineux.

Cette proximité avec l’océan confère aux vins un caractère distinct, à la fois salin, minéral et iodé. Selon le cru, s’ajouteront également des notes de fruits blancs compotés, de noix, de fruits confits et de fumée. Au pays nantais, comme en Champagne, tous les crus du muscadet reposent sur leurs lies pour gagner en complexité. Au terme de la fermentation, les levures inactives (les lies) se déposent au fond de la cuve, puis nourrissent le vin. Elles apportent richesse, complexité, gras et potentiel de vieillissement. Et, puisque leurs vertus semblent infinies, elles emprisonnent au passage d’importantes quantités de dioxyde de carbone, un élément essentiel qui donnera au vin cette fraîcheur et ce perlant (léger pétillant), si caractéristiques du muscadet. Si certains vignerons s’en tiennent aux élevages sur lies minimums requis, entre 17 et 36 mois selon le cru, d’autres cherchant de très fortes maturités vont jusqu’à 52, voire 120 mois sur certaines cuvées!

C’est qu’il n’existe pas un, mais plusieurs muscadets. Trois niveaux qualitatifs précisément. En tête, les crus communaux, précédemment nommés et relativement nouveaux. Des vins de garde pouvant vieillir jusqu’à 10, 20, 30 ans et même plus. Pendant qu’on laisse vieillir ceux-là, on pourra se régaler de l’une ou l’autre des appellations régionales du muscadet, — muscadet sèvre et maine, muscadet côtes de grandlieu et muscadet coteaux de la loire — élevées au minimum six mois sur lies et à déguster dans leurs cinq premières années de vie. Tandis que pour un plaisir accessible et immédiat, on se tournera vers la jeunesse et la fraîcheur d’un muscadet générique.

Les crus du muscadet font certes un mariage durable avec une douzaine d’huîtres, mais ils sont surtout de grands vins de gastronomie. De par leurs origines et leurs minéralité, ils possèdent des affinités naturelles avec les langoustines, les coquillages, les bols poke aux fruits de mer, les poissons grillés et les cuisses de grenouilles. Dans un autre registre, leur forte acidité permet également des accords heureux avec le fromage de chèvre. Enfin, leur complexité et leur finesse seront mises en valeur par une température de service autour de 12 °C.

Voici trois vins pour vous refaire une tête (et le palais!) sur le muscadet 2.0!

La chroniqueuse était l’invitée d’InterLoire.

Le Bourlingueur

Haïti, d’amour et de racines

CHRONIQUE / Ses racines haïtiennes n’ont pas tardé à reconnaître la terre de son héritage paternel. À Port-au-Prince, Nicolas Demers-Labrousse se sent à la maison. Il s’est enraciné. Il embrasse la langue et la musique créoles sans renier son attachement pour le Québec, où il a grandi. Ayiti, c’est son pays et sa fierté.

La coïncidence. Né d’un père haïtien et d’une mère québécoise, il a grandi à Sherbrooke. Par amour pour son Ayiti chérie, il représente l’agence Zoom sur Haïti pour accompagner les touristes, dont moi, qui s’aventurent dans le pays.

Les oreilles m’ont frisé. Sherbrooke. « Je connais un Labrousse à Sherbrooke », que je dis. « C’est mon père », qu’il répond. On se connaissait presque déjà.

D’un trait, Nicolas peut expliquer la cuisine locale, enseigner quelques mots de créole, ou raconter comment batteries et génératrices permettent de contrecarrer les fréquentes coupures d’électricité.

Lire aussi : Il faut qu'on parle d'Haïti

Fort d’un bac et d’une maîtrise en relations internationales, le jeune homme de 33 ans bosse pour Avocats sans frontières à Port-au-Prince. Il a parcouru de fond en comble le pays que son père, président de la faculté de médecine d’Haïti, a dû quitter pendant le régime des Duvalier.

« À Sherbrooke, la communauté haïtienne est tissée serrée. Il y avait des rassemblements fréquents pour Noël, les anniversaires, ou pour des matchs de soccer. Dès qu’on savait qu’un Haïtien arrivait à Sherbrooke, on l’intégrait », raconte Nicolas.

Petit, il volait vers les Antilles pour visiter des membres de la famille. Plus grand, il y retournait par lui-même. « Ici, je me sentais bien. J’ai découvert des coins cachés dans l’arrière-pays. En découvrant les provinces, je voyais une culture bien différente de celle de Port-au-Prince. J’ai découvert des possibilités de randonnée, des rivières... Haïti, c’est la chaleur de vivre, la fraternité et un style d’humour bien particulier. Quand je suis au Québec, l’impact que je peux avoir n’est jamais aussi grand que quand je suis en Haïti. »

Maison

La renaissance du terrazzo

Son motif moucheté quitte le sol, grimpe aux murs et s’imprime sur les textiles. Le terrazzo, cet assemblage de pierre, de marbre coloré et de ciment, perd son aura kitsch et s’épivarde depuis quelque temps.

Utilisé depuis des siècles, il a connu un regain de gloire dans les années 20 durant la période Art déco, puis dans les années 80 avec le mouvement Memphis d’Ettore Sottsass. 

Sur le blogue du site d’inspiration québécois lapiece.ca, la designer Valérie De L’Étoile mentionne le terrazzo parmi les «anciennes tendances» qui se renouvellent en 2018. Certes, il rappelle pour plusieurs les planchers de l’école primaire. Mais très solide et facile à laver, la designer y voit un matériau idéal pour les maisons, dans les cuisines et les salles de bain.

Vie de famille

Les déboires de la fée des dents

CHRONIQUE / Ce qui est sûr, c’est que si je change de métier un jour, je ne serai pas fée des dents...

Déjà, la première fois, je n’avais pas été très habile. C’était ma première fois à moi, mais la deuxième dent. J’avais donc déjà une partie du travail de fait, je n’avais pas à me demander combien valait une dent!

Le p'tit Mag

Le Sommet du G7

Si tu écoutes ou lis parfois les nouvelles, tu as dû entendre parler du Sommet du G7. Cette formule ne désigne pas une stratégie au Bingo, mais une rencontre entre les dirigeants de sept pays qui influencent la destinée de la planète.

Chaque pays du «groupe des sept» préside et accueille le sommet à tour de rôle. En 2018, c’est au tour du Canada. La rencontre aura lieu au Manoir Richelieu, à La Malbaie, dans la région de Charlevoix, les 8 et 9 juin.

Horticulture

Les Exceptionnelles 2018

Les Exceptionnelles sont un programme de sélection québécoise qui fait appel au public et à un comité d’experts pour cibler les meilleures nouvelles fleurs annuelles. Les gagnantes du concours 2018 Les Exceptionnelles se sont toutes montrées — que voulez-vous que je dise de plus? — exceptionnelles dans les jardins d’essais l’été dernier. Et maintenant, elles sont offertes dans les meilleures jardineries du Québec.

Alstroemère Rock ‘n’ Roll® (Alstroemeria ‘AlsDun01’)

C’est le coup de cœur du public et l’on comprend facilement pourquoi! D’abord, la plante présente de multiples tiges dressées aux feuilles lancéolées jaune crème à blanc, bordées et parfois rayées de vert foncé : comme un hosta dressé, quoi! Mais c’est loin d’être tout, car en juillet, la plante se coiffe de saisissantes fleurs rouge orangé de 5 à 6 cm de diamètre à gorge jaune et rayée de petites lignes noires : les colibris deviendront dingues! Dimensions : 45 à 60cm de hauteur et 30 à 50cm de largeur.

Sa culture est facile : il lui faut le plein soleil ou la mi-ombre et un sol riche et plutôt humide. Il se cultive en pleine terre et en pot. À la fin de la saison, on peut récupérer la plante en la rentrant dans la maison ou un garage un peu chauffé, car il pousse à partir de tubercules (comme de petits bulbes) que vous traiterez comme des racines de dahlia.

Sexologie

Feu vert au sexe pendant la grossesse!


COURRIER DES LECTEURS

Bonjour Myriam,
Je suis enceinte de quelques semaines. Pourrais-tu me dire s’il est vrai que le sperme d’un homme peut provoquer une fausse couche durant le premier trimestre de grossesse ? Je suis embêtée. J’ai eu plusieurs versions et je t’avoue que je ne sais pas trop quoi en penser.
Honnêtement, j’ai toujours eu une vie sexuelle active avec mon conjoint. Et, depuis ma grossesse, ce sont des craintes comme celles-ci qui me poussent à  revirer mon homme de bord, à son grand malheur !
Je suis certaine que je ne suis pas la seule à me le demander. J’ai entendu dire tellement de trucs. Merci !

CHRONIQUE SEXO / Première grossesse, premier trimestre, première expérience ; un amalgame d’appréhensions pour bien des mères en devenir. Qu’adviendra-t-il de ce minuscule petit être déjà si important dans la tête et encore plus dans le coeur ?

Je me revois il y a de ça quasi 14 ans, entichée à la puissance mille à mon embryon nommé tendrement « crevette ».

Je me faisais le devoir d’à peine l’aimer avant les 12 semaines fatidiques, histoire de ne pas trop pleurer si jamais « j’étais juste due pour le perdre », comme me le rationalisait mon bon vieux gynécologue montréalais. 

Du premier au dernier jour

Nombreuses sont celles qui déploient des stratégies plus abracadabrantes les unes que les autres et qui adoptent des précautions multiples pour éloigner toute éventuelle interruption involontaire de grossesse. 

Envie ou pas, le sexe en prend souvent pour son rhume, principalement au premier stade de la grossesse, mais, aussi, pour quelques-unes, jusqu’au jour fatidique de l’accouchement. Erreur ! 

Pour remettre les pendules à l’heure, je me permets de vous dire ce qu’il en est. Ni le sexe, ni les pénis, ni le sperme, ni les doigts ; rien, comme dans rien pantoute, ne provoque ladite fausse couche. 

En fait, pour être plus claire encore, je vous confirme que la sexualité, quelles que soient vos préférences, se voit autorisée du premier au dernier jour de la grossesse, mis à part si vous avez une contre-indication médicale. Par ceci, j’implique un médecin, un vrai de vrai, qui vous indique de vous abstenir de contacts sexuels pour des fins médicales. Final bâton ! 

Le pourquoi du comment ? 

Pour toute grossesse dite sans risque, l’utérus, où se loge petit bébé d’amour, est en réalité une véritable forteresse cadenassée à double tour, jusqu’à l’apparition du travail lié à l’accouchement. Le col utérin étant inaccessible, la possibilité d’une perturbation utérine est écartée. 

De ce fait, aucune forme de pénétration n’entrera en contact avec les produits de conception. Ni vu ni connu de votre bébé, qui nage dans une mer d’eau. Faites l’amour comme au dernier jour, si vous le voulez ! Au diable les risques de fossettes chez ce dernier ! Toutes les croyances populaires ne sont que le fruit d’une imagination ô combien fertile ! 

En avez-vous envie ? 

La voici la réelle question une fois la peur dissipée. Il est très envisageable pour certaines de voir la grossesse, et ses inconvénients, comme un possible turn-off ! Une véritable montagne russe que l’épopée hormonale qu’engendre la grossesse ! Oui, il y a des femmes qui passent par toute la gamme de la libido !

Du premier au troisième trimestre, la future maman navigue entre les nausées, la fatigue, la lune de miel sexuelle, la bedaine de plus en plus grosse, les troubles de vessie, les varices... alouette ! 

Il est donc normal qu’il soit difficile de s’y retrouver sexuellement parlant, peut-être au grand dam du futur papa qui tente de suivre les tendances ! 

Bref, sexe et grossesse font officiellement bon ménage, à condition, bien entendu, d’être d’humeur pour ça ! Bon neuf mois ! 

En cuisine

Des plates-bandes à croquer

CHRONIQUE / Il fut un temps où afficher un gazon vert et ras comme celui d’un terrain de golf faisait la fierté des heureux propriétaires de maison. Si pivoines et autres belles à pétales poussaient dans la plate-bande, c’était encore mieux. Mais surtout, pas de pissenlits sur l’impeccable tapis d’herbe.

Ce temps-là n’est pas encore tout à fait révolu. Mais il cède du terrain à une autre façon de voir et de penser l’aménagement paysager.

« On constate que la vague de jardins strictement ornementaux s’essouffle un peu. Il y a un certain retour à la terre, un intérêt grandissant des gens pour faire pousser chez eux des plantes comestibles qui ne feront pas qu’embellir leur environnement, mais qui pourront aussi être dégustées », note l’agropaysagiste Alexandre Dagenais. Dans le quotidien de sa pratique, celui-ci remarque que l’aménagement comestible rejoint tout particulièrement les jeunes propriétaires d’une première maison.

« Tant qu’à entretenir un terrain, ils se disent qu’il vaut mieux y faire pousser des choses utiles. »

Une vision que l’Estrien cultive, lui, depuis longtemps.

« J’ai une formation en aménagement paysager « classique », mais dès le départ, je trouvais que ce n’était pas tellement logique de ne faire que de l’aménagement ornemental. En m’intéressant aux plantes comestibles, j’ai découvert la permaculture, qui permet de créer des écosystèmes vivaces, résilients et productifs dans le respect de ce grand principe de base : prendre soin de l’humain et de la terre en partageant les surplus. »

L’aménagement comestible est de fil en aiguille devenu son fer de lance autant que le fil conducteur de sa pratique.

« Quand on pense paysagement comestible, on voit tout de suite le potager avec les plants de tomates et les concombres. C’est évidemment agréable de cultiver un jardin, mais on peut aller un pas plus loin et compléter son aménagement en misant sur la plantation de vivaces qui nécessitent peu d’entretien et qui vont durer dans le temps. »

Le petit plus? Ce n’est pas plus compliqué de cultiver un aménagement comestible qu’un arrangement ornemental. Au contraire.

« En fait, si on mise sur des vivaces adaptées à notre terrain et si on s’assure de la qualité du sol avant de les planter, l’entretien qu’on aura à faire sera minimum. »

Puisque le long week-end de la fête des Patriotes est souvent le moment de l’année où l’on visite serres et pépinières pour enfin mettre les mains dans la terre, quelques suggestions d’Alexandre Dagenais pour ajouter du comestible à notre environnement.

1. Penser aux arbres fruitiers

« Ce sont de beaux arbres qui sont non seulement magnifiques pendant la période de floraison, mais qui débordent aussi de fruits plus tard en saison. Je pense aux cerisiers, par exemple », dit Alexandre Dagenais, qui évoque aussi le traditionnel pommier, incontournable de notre paysage québécois.

« Ce qui est bien, avec les pommiers, c’est qu’il y en a de toutes les tailles, de toutes les variétés, pour tous les goûts et les besoins. Certaines pommes seront bonnes à croquer, d’autres seront parfaites pour les tartes et les compotes. Dans tous les cas, on gagne à choisir un arbre résistant à la tavelure. »  

La culture des kiwis est aussi tout à fait possible au Québec : « Les gens sont souvent étonnés d’apprendre qu’ils peuvent faire pousser des kiwis ici. C’est une variété différente de ceux qu’on connaît davantage, qui donne un fruit imberbe et plus petit, de la grosseur d’un raisin vert. »

Parmi les arbres qui sont faciles à faire pousser et auxquels on ne pense pas d’emblée, Alexandre Dagenais cite le poirier asiatique, « particulièrement résistant et généreux en fruits ».

À plus petite échelle, les fraises, framboises, bleuets et tutti quanti sont de grands favoris, mais au chapitre des petits fruits, on peut aussi sortir de l’habituel en plantant amélanchiers ou camérisiers, par exemple. « On n’y pense pas toujours, parce qu’on ne trouve pas ces fruits-là en supermarché, mais ils sont très faciles à cultiver. Sinon, j’aime particulièrement le fraisier alpin, qui pousse sans faire de stolons et qui produit tout l’été, jusqu’aux premières gelées. »

Autre coup de cœur : l’arbre-mûrier, dont le feuillage, traditionnellement, servait à nourrir les vers à soie.

« C’est un arbre qui a de belles qualités ornementales, mais qui produit également beaucoup de fruits. »

On a un coin d’ombre? Groseilles, gadelles et cassis y pousseront bien.

« Pour les espaces à remplir sur le terrain, j’aime bien utiliser les arbustes de cerises de terre. Ils ont une belle ampleur et leurs fruits sont bien aimés. »

2. Oser les fleurs comestibles

Capucines, pensées et hémérocalles qui colorent la plate-bande peuvent aussi servir à enjoliver l’assiette.

« Les gens ne savent pas que leur parterre comprend probablement déjà des plantes comestibles. »

Souverains des coins d’ombres, « les hostas, par exemple, se dégustent au printemps », précise Alexandre.

Vraiment?

« Tout à fait. La jeune pousse printanière, qui ressemble à un cigare sorti de terre, est bonne à manger, précise-t-il. Et du côté des hémérocalles, il n’y a pas que la fleur qui est délicieuse, le feuillage l’est aussi, particulièrement au printemps, parce qu’il est tendre et moins fibreux que plus tard en saison. »

3. Varier les fines herbes


Elles prennent peu d’espace, mais ajoutent un maximum de saveurs à nos plats : les fines herbes sont un must sur le terrain.

Estragon, sauge, origan, ciboulette, basilic, sarriette, thym et origan ont souvent la cote, mais elles ont des cousines méconnues qu’on gagne à découvrir.  

La verge d’or odorante, par exemple, qui est une herbe vivace au goût d’estragon anisé. Très peu connue au Québec, elle trouve pourtant facilement sa place dans un aménagement paysager, assure Alexandre Dagenais, qui a multiplié les démarches pour en offrir à sa clientèle : « J’ai beaucoup cherché pour en dénicher. Lorsque j’ai vu une entreprise américaine qui vendait des plants, j’en ai commandé en quantité. C’est une herbe vraiment intéressante au goût. Et si on pense alimentation locale, c’est l’une des premières fines herbes qui ne vient pas de la région méditerranéenne ».

La chartreuse est une autre belle trouvaille.

« On l’appelle aussi menthe coq, elle est assez parfumée, à mi-chemin entre le romarin et la menthe. »

Le persil japonais, « au goût est plus doux que le persil frisé, se déguste bien en salade ».

Un conseil tout simple : les fines herbes qui ont tendance à devenir envahissantes (allo, menthes variées et origan!) gagnent à être plantées en pots.

4. Intégrer des plantes potagères annuelles

Au jardin comme tel, les tomates, carottes, laitues, concombres, haricots et pois mange-tout trouvent aisément leur place.

« On peut y aller avec ce qu’on connaît, mais c’est intéressant d’essayer différentes variétés qu’on ne trouve pas nécessairement en supermarchés. Je pense aux tomates, par exemple, qui se déclinent en divers formats et couleurs. Certaines mûrissent très lentement et se conservent longtemps, comme la variété mystery keeper. »  

Il faut avoir l’espace pour, ou alors miser sur la culture en barils, mais la pomme de terre peut aussi être un bel ajout au jardin.

« Là encore, il existe plusieurs variétés. Dans tout ça, peu importe ce qu’on cultive chez soi, le fait de faire un jardin nous amène souvent à changer nos standards et prendre un peu de recul sur la perfection de nos récoltes. La tomate de l’épicerie et celle du jardin n’auront sans doute pas le même aspect. Peut-être que celle qu’on aura cueillie sur le plant aura des petits défauts. Mais au goût, aucun doute sur celle qui aura votre préférence. »

Plein air

Parfaire l’art du surf à pagaie

TROIS-RIVIÈRES — C’est l’un des attraits qui rendent le surf à pagaie si populaire. La simplicité qui fait que pratiquement n’importe qui peut se lancer sur l’eau, une pagaie à la main, debout sur sa planche. Rapidement, un débutant maîtrise les déplacements et s’amuse avec une certaine confiance. Sauf qu’il suffit d’en faire le moindrement pour constater que le « stand up paddle » (SUP) est un art plus complexe qu’il n’en paraît…

Un constat que fait au quotidien la formatrice et propriétaire de Station Flots, Marie-Jeanne Lévesque. Si la jeune femme se réjouit de l’intérêt grandissant pour le surf à pagaie chez Monsieur et Madame Tout-le-monde, elle fait remarquer comment l’apprentissage de quelques techniques plus avancées ajoute grandement au plaisir de pratiquer le sport.

Nous étions donc récemment sous la supervision de Marie-Jeanne, du côté de Trois-Rivières au Club Multivoile 4 saisons. L’un des terrains de jeu de l’instructrice de métier basée sur la Rive-Sud de Montréal, adepte de surf à pagaie depuis une douzaine d’années, soit bien avant que la popularité du sport explose dans la province.

Bien habillés pour aller à l’eau en cette belle journée printanière, nous avions à notre disposition l’imposant lac Saint-Pierre, ce vaste élargissement du fleuve Saint-Laurent. Sans vent ni vague, le plan d’eau était quasiment trop docile à première vue. Il était parfait cependant pour cette clinique de SUP qui menait à la certification habiletés avancées — eau calme de Pagaie Canada.

Deuxième niveau en SUP sur les huit offerts par l’organisation qui structure les sports de pagaie au pays, il est aussi celui qui sert de porte d’entrée vers ceux dédiés à la rivière, au surf et à la longue randonnée. Un passage obligé qui fait prendre conscience de la diversité dans la pratique du SUP.

Sécurité, équipements, précautions d’usage avant de prendre le large, techniques de propulsion, techniques de virages, jeux de pieds, aperçu des appuis… le programme nous fait rapidement réaliser tout ce qu’il y a à savoir. Et à maîtriser!