En cuisine

Dimanches de boulange

CHRONIQUE / Je ne sais pas pour vous, mais de mon côté, j’ai toujours trouvé les dimanches plutôt moches. Peut-être à cause de l’horizon du lundi qui se rapproche, c’est comme si le dernier jour du week-end était dans mon esprit taillé sur mesure pour le répertoire triste de Michel Sardou. Avec ce que ça veut dire d’humeur un peu grise.

Et puis je me suis mise à la boulange. J’ai combattu le spleen, les mains dans la farine. Et comment dire? C’est comme si Sardou avait cédé la place à Dassin. Ça a changé la trame sonore de mes dimanches, qui sont devenus temps joyeux à répéter le geste millénaire de malaxer la pâte.  

Bon, là, j’écris tout ça, c’est beau, ça fait image, mais il faut que je confesse que depuis au moins quatre ans, neuf fois sur dix, je triche. Le pain qui sort de mon four est un autonome qui s’est débrouillé pour se métamorphoser en miche tout seul, ou presque.

Depuis au moins quatre ans, je suis une boulangère du dimanche paresseuse, je fais partie de ceux, toujours plus nombreux, qui font leur pain à la maison en adoptant la loi du moindre effort. J’ai fait mienne la méthode du pain sans pétrissage dont les recettes pleuvent sur le web. Et très franchement, j’adore.

Je pensais que ça sonnerait comme une hérésie aux oreilles d’un boulanger expérimenté comme Jean-Pierre Oddo, dont le pain au khorasan lui a permis de remporter l’un des grands prix au Concours artisan boulanger 2016.

Mais non. Niet.

« En fait, le pain sans pétrissage, je trouve ça assez génial. Je suis toujours étonné de voir la qualité des pains qui en résultent. Ils sont bons, avec une belle croûte, une mie tendre », résume le copropriétaire de la boulangerie Les Vraies richesses, qu’il exploite avec sa conjointe, Anne-Christine Bru, et qui a d’abord eu pignon sur rue à Stanstead avant de venir s’installer sur la rue King Ouest de Sherbrooke, il y a un an.

C’est que la méthode des fainéants a ses avantages et ses bienfaits : elle a le mérite de favoriser une longue fermentation. Et c’est justement cette longue fermentation que privilégie le maître boulanger.

« Parce que le pain dont la pâte a longuement fermenté est savoureux, il a pu absorber tout le bon goût des céréales, il se conserve mieux et s’avère plus digeste. La méthode sans pétrissage permet cette longue fermentation et sa facilité la rend accessible au plus grand nombre. »

Il faut juste planifier un peu et avoir la patience de laisser reposer la pâte des heures. Et des heures. Et des heures.

« Ce que je préconise, c’est de commencer la pâte la veille. On mélange la farine, le sel, l’eau tiède et la levure dans un bol, on fait des rabats toutes les heures pendant quatre ou cinq heures. Et puis on laisse reposer la pâte au frigo pendant la nuit, jusqu’à la cuisson, le lendemain, dans une cocotte. »
La pâte sera plus humide qu’une recette de pain standard, c’est normal.

« Il faut qu’elle soit bien hydratée, pour arriver à une belle mie assez soyeuse. Pour un kilo de farine, il faut environ 700 grammes d’eau. »

Et peu de levure. Cinq grammes suffisent.

« Du moment qu’on laisse le temps faire son travail, évidemment. Les glutens vont s’assembler tout seuls. »

Pour que la magie opère sans fausse note, il faut quand même mettre toutes les chances de son côté. 

D’abord en choisissant une bonne farine, ça va de soi. Biologique, si possible.

« Au minimum, il faut qu’elle soit non blanchie. Une farine tamisée va rendre la fermentation plus facile. 

Après, on peut aussi faire des mélanges. Ajouter un peu de farine d’épeautre, de kamut, de khorasan ou de seigle, par exemple. »
Utiliser peu de levure est un autre élément-clé, on l’a dit. On le répète.

« À la boulangerie, nous, on travaille beaucoup avec le levain, mais à la maison, la levure sèche peut donner de très bons résultats. On n’a pas besoin d’en mettre beaucoup parce que le procédé de fermentation va mobiliser les bonnes bactéries présentes dans le grain de la farine. »

Lorsque la pâte a longuement reposé, on peut passer à l’étape suivante et penser cuisson. Personnellement, j’enrobe sommairement mon boulon de pâte en le glissant dans un autre bol. Je laisse ensuite reposer le tout en recouvrant d’un linge à vaisselle propre, pendant une heure ou deux, à température pièce. Et puis je cuis, dans une cocotte en fonte préchauffée au four, à 425 degrés. À couvert pendant les 30 ou 40 premières minutes. Puis à découvert pour une quinzaine de minutes, le temps de dorer la croûte.

« La cocotte, c’est probablement ce qui donne les meilleurs résultats parce que, en boulangerie, nos fours nous permettent d’injecter de la vapeur en cours de cuisson. À la maison, on n’a pas ce système, mais la cuisson en cocotte permet de générer de la vapeur.

Et on n’en a pas parlé encore, mais outre le bonheur de déguster un pain tout frais tout chaud qu’on a fait soi-même, il y a l’odeur. L’incomparable parfum de la miche qui cuit au four suffit à mettre K.O. n’importe quel spleen du dimanche.

Un petit air de Joe Dassin avec ça?

Pain voyageur et savoir-faire partagé

Julie Grenier est celle qui a implanté l’original concept du Pain voyageur en Estrie, il y a plusieurs années, après avoir appris les premiers ferments du métier en Bretagne auprès d’un boulanger qui utilisait un levain centenaire. De retour au Québec, elle a travaillé en boulangerie avant de lancer la sienne, mobile, et de se promener avec celle-ci dans différents événements estivaux.

Alimentation

Une technologie pour contrer le gaspillage alimentaire

La prochaine fois que vous irez à l’épicerie, vous remarquerez peut-être, en parcourant le rayon des viandes et charcuteries, un logo bleu sur certains emballages : une goutte d’eau contenant des flèches, avec la mention HPP fraîcheur prolongée.

HPP, c’est pour «hydro procédé de protection». Cela signifie que ces produits ont subi un «traitement» afin d’en prolonger la durée de vie. Charles Lavigne, le directeur scientifique du Centre de développement bioalimentaire du Québec (CDBQ), qui planche sur ce procédé depuis plusieurs années, explique de quoi il en retourne.

Maison

Une grande leçon de simplicité

L’expression «beau livre» n’est pas exagérée avec Michel Dallaire, de l’idée à l’objet. Ce volume correspond à la mission de celui qu’on appelle le «maître du design québécois» : proposer des objets fonctionnels et séduisants.

Noire et blanche, sa couverture rigide est minimaliste. La bouteille d’eau de javel avec cannelures qu’il a créée pour Lavo en 1996 est représentée avec un schéma aux lignes incrustées dans le carton. Un bandeau dépliable en facilite la compréhension. Michel Dallaire a fait économiser en résine 120 000 $ par année à Lavo, grâce à ces cannelures.

Maison

La plus grande colocation du monde

LONDRES — L’immeuble compte 10 étages et ressemble à un hôtel. Il abrite en fait à Londres la plus grande colocation du monde, selon son promoteur, offrant petites chambres, mais services partagés haut de gamme à de jeunes adultes. Un projet qui se veut une réponse à la crise urbaine du logement.

Ouvert au printemps 2016 le long d’une voie de circulation du nord-ouest de la capitale britannique, enclavé à une dizaine de minutes à pied de deux stations de métro, le bâtiment Old Oak est un pionnier de l’habitat partagé à si grande échelle, même si le co-living a déjà des adeptes, aux États-Unis notamment.

«Vous avez une belle chambre spacieuse avec une grande fenêtre qui fait entrer beaucoup de lumière», décrit Ed Thomas, chargé de gérer les lieux par le promoteur privé The Collective, en montrant à l’AFP la pièce qui fait 12 m2.

Alimentation

Bientôt à Bologne, un Disneyland pour gastronomes

BOLOGNE — Un immense parc à thème destiné à célébrer la culture gastronomique italienne, de la ferme jusqu’à l’assiette, ouvre la semaine prochaine près de Bologne avec l’ambition d’attirer six millions de visiteurs par an.

Qualifié de Disneyland pour gastronomes, Fico-Eataly World a été imaginé par Oscar Farinetti, l’entrepreneur italien à l’origine de Eataly, la chaîne italienne de magasins alimentaires haut de gamme qui a conquis les papilles depuis la péninsule jusqu’à New York, Dubaï et la Chine.

S’étendant sur 10 hectares, le parc, qui se veut à la fois centre de conférences et attraction touristique, sera géré par un partenariat entre Eataly et le groupe de distribution italien Coop.

Il a été aussi financé par un consortium d’investisseurs privés et de collectivités locales autour de Bologne, une ville célèbre pour sa cuisine, mais souvent délaissée par les touristes.

Fico, le nom du parc, est l’acronyme de Fabbrica Italiana Contadina (usine italienne paysanne). C’est aussi le nom italien de la figue et un terme familier pour dire «cool».

Ce double sens est aussi en accord avec la vision de M. Farinetti d’un parc qui permettra aux visiteurs de participer à des ateliers sur des sujets allant de la photographie alimentaire à la fabrication des glaces, en passant par les bases de la chasse à la truffe.

Un cinquième du parc, installé dans l’ancien marché aux primeurs de Bologne, est en plein air avec la présentation de 200 animaux et 2000 espèces de plantes.

Six millions de visiteurs?

«L’éducation est fondamentale dans le projet. Mais il s’agit aussi de s’amuser, de manger, de faire des courses», explique M. Farinetti à l’AFP avant l’ouverture au public le 15 novembre.

Le parc veut aussi célébrer le savoir-faire fermier et culinaire qui se cache derrière de nombreux produits gastronomiques italiens, et la biodiversité d’un pays qui s’étend des îles méditerranéennes en face de l’Afrique jusqu’aux sommets enneigés des Alpes.

Cette diversité s’exprime dans plus de 40 restaurants et autant d’expositions didactiques de producteurs de spécialités allant d’une rare espèce de boeuf à des bonbons au réglisse.

Alimentation

Le vin, vieux de 8000 ans

WASHINGTON — Les origines de la viticulture remontent à plus de 8000 ans, soit près de 10 siècles plus tôt qu’estimé auparavant, ont révélé des résidus retrouvés dans des poteries néolithiques mises au jour en Géorgie, dans le sud du Caucase.

Les plus anciens indices chimiques de la production de vin dataient jusqu’alors de 5400 à 5000 ans avant l’ère chrétienne dans les montagnes de Zagros en Iran, ont précisé les scientifiques, dont la découverte est publiée lundi dans les Comptes-rendus de l’académie américaine des sciences (PNAS).

Leurs fouilles se sont concentrées sur deux sites riches en poteries du début du néolithique datant de 8100 à 6600 ans, Gadachrili Gora et Shulaveris Gora, situés à une cinquantaine de kilomètres de Tbilissi.

L’analyse de résidus retrouvés dans huit jarres vieilles de plusieurs millénaires a révélé la présence d’acide tartrique, signature chimique du raisin et du vin. Trois autres acides — malique, succinique et citrique, liés à la viticulture — ont également été détectés.

«Cela suggère que la Géorgie est sans doute au coeur du berceau de la domestication de la vigne et de la viticulture», a résumé auprès de l’AFP Patrice This, directeur de recherche à l’Institut national français de recherche agronomique (INRA).

Les vignes eurasiennes, qui produisent aujourd’hui 99,9% du vin dans le monde, sont originaires du Caucase, a-t-il précisé.

Plus de 10 000 variétés

«Nous pensons être en présence de vestiges de la plus ancienne domestication de vignes sauvages en Eurasie dans le seul but de produire du vin», a expliqué Stephen Batiuk, du Centre d’archéologie de l’université de Toronto.

«La version domestiquée du raisin pour la production de vin de table compte aujourd’hui plus de 10 000 variétés dans le monde», a-t-il précisé, dont plus de 500 pour la seule Géorgie.

Selon les scientifiques, cela laisse penser que les vignes ont fait l’objet de nombreux croisements pour créer différents cépages depuis très longtemps dans cette région d’Eurasie.

La combinaison des données archéologiques, chimiques, botaniques, climatiques et de datation montre que la variété de vigne Vitis vinifera était abondante autour des deux sites d’excavation en Géorgie.

Au néolithique, le climat y était assez proche de celui des régions viticoles d’aujourd’hui en Italie et dans le sud de la France.

La plupart des cépages classiques appartiennent à cette espèce comme le cabernet sauvignon, le chardonnay, le syrah, le merlot, la grenache, le mourvèdre ou le riesling.

Ingéniosité humaine

«Notre étude suggère que la viticulture était le principal élément du mode de vie néolithique, qui a vu la naissance de l’agriculture, à se répandre dans le Caucase» et au-delà vers le sud en Irak, en Syrie et en Turquie, a pointé le professeur Batiuk.

«La poterie, idéale pour fabriquer, servir et conserver des boissons fermentées, a été inventée à cette période avec aussi de nombreuses avancées dans la technologie, la cuisine et l’art», a-t-il précisé.

Environnement

Les sites naturels du Patrimoine mondial deux fois plus menacés qu’il y a 3 ans

BONN — Blanchiment des coraux, fonte des glaciers, incendies... Le changement climatique menace un quart des sites naturels du Patrimoine mondial, soit presque deux fois plus qu’il y a trois ans, s’est alarmée lundi l’IUCN.

Sur les 241 sites naturels classés au Patrimoine mondial de l’UNESCO, 62 sont désormais «menacés par le changement climatique» contre 35 en 2014 (sur 228), date du précédent «Horizon du patrimoine mondial» réalisé par l’Union internationale pour la conservation de la nature (IUCN).

«L’augmentation et la vitesse à laquelle nous avons vu cette tendance évoluer en seulement trois ans nous a choqués. Et le rapport prévient que le nombre va probablement augmenter», a déclaré la directrice générale de l’IUCN, Inger Andersen, alors que le rapport estime que le réchauffement fait peser un «risque potentiel» sur 55 autres sites.

C’est un «message clair aux délégués réunis ici à Bonn [pour la 23e Conférence de l’ONU sur le climat]: le changement climatique agit vite et n’épargne pas les trésors de notre planète», a-t-elle ajouté, réclamant une «implication urgente et ambitieuse» pour mettre en oeuvre l’Accord de Paris.

Les délégués climat réunis à Bonn jusqu’à vendredi négocient notamment les règles d’application de cet accord qui vise à garder le réchauffement planétaire sous 2 °C, voire 1,5 °C.

Grande barrière australienne, région côtière du Belize, atoll d’Aldabra aux Seychelles: les récifs coralliens affectés par l’augmentation de la température de la mer qui les fait blanchir sont parmi les écosystèmes les plus en danger, selon l’IUCN.

Tout comme les glaciers, dont la fonte touche notamment le parc national du Kilimandjaro en Tanzanie ou la région de Jungfrau-Aletsch dans les Alpes suisses.

Le changement climatique a également un impact sur les zones humides, les basses terres de deltas ou encore certains écosystèmes vulnérables aux incendies.

Sexologie

Ah! Les fameux sites de rencontre!

CHRONIQUE / «Bonjour Myriam, ça m’est arrivé. C’était supposément fini avec mon chum. Durant cette séparation, il a eu recours aux sites de rencontre. Finalement, après la volonté de nous redonner une seconde chance, je me rends compte qu’il magasine encore sur ces sites en cachette ! Qu’en penses-tu ?»

Ah ! les fameux sites de rencontre ! Ce monde virtuel où bien des choses se passent à l’insu de plusieurs. Qu’est-ce que je pense de cette situation ? La femme s’abstiendra de répondre, histoire de faire taire ses valeurs, mais la sexologue vous dira par contre que tout est relatif ! Précisons…

Commençons chère amie par définir ce que signifiait d’abord pour votre couple cette dite séparation. Puisqu’il y a possibilité de double problématique dans la situation décrite, je me dois de tout analyser. Bon ! S’agissait-il d’une rupture définitive, du divorce en bonne et due forme, d’une cessation « finale-bâton » du couple ou plutôt d’une simple pause, d’une période de recul, de réflexion, d’analyse de votre vie à deux ?

Dans ce premier cas, votre chéri devenu désormais « ex » se voit libre de tout ! Adios amigos, grand bien lui fasse de rencontrer où il veut avec ou sans votre bénédiction ! Tout comme vous, d’ailleurs. Passons à autre chose. 

Mieux vaut prévenir

S’il en est autrement, en revanche, voilà où tout devient relatif. Pour reprendre les dires de mon amie Marie-Pier, la notaire, « rien de mieux que de prévoir avant coups » ! Ce qui implique, sexologiquement parlant, des règles précises définissant préalablement ce qui est acceptable ou non pour vous pendant la mise en veilleuse de la vie conjugale. Certains respecteront une entente maintenant l’exclusivité, si tel était le cas, alors que d’autres en profiteront pour vivre une récréation côté rencontre, libertinage, sexe. Les sites de rencontre ne deviennent alors que de simples outils pour en venir aux fins.

De ce fait, si absence d’accord il y avait entre vous deux, madame, officiellement que l’inscription à divers sites puisse vous avoir blessé quoique malencontreusement. Ce qui semble horrible pour l’un peut paraître fort convenable pour l’autre, d’où l’importance de jaser un tant soit peu avant !

Secundo. Le meilleur des mondes arrive maintenant ! Alléluia, vous voici raccommodés ! Partir sur des bases nouvelles pour offrir ce second souffle que votre couple nécessitait probablement. Un beau bonheur jusqu’à ce que la découverte se fasse. Oui, je me dois de déduire qu’encore cette fameuse exclusivité fasse partie intégrante de votre « prise 2 » puisque cachette vous m’avez mentionnée. 

Réaction variable

Votre réaction peut varier selon, bien entendu, les sites utilisés et forcément selon votre tolérance face aux rencontres 2.0. Oui, je constate souvent une hiérarchie-maison du degré de gravité des sites utilisés par l’autre en catimini en fonction du « produit » offert. Je vois aussi de ceux qui n’apportent pas le même intérêt au fait que les rencontres puissent se passer seulement et uniquement à travers un écran versus la concrétisation d’un rendez-vous dans la vraie vie. C’est selon ! Et pour vous ? 

Comment interpréter cette consommation furtive de votre chum ? Je ne le sais pas parce qu’il me manque des données ! Ceci dit, je pourrais facilement imaginer la vague d’émotions pouvant vous traverser ; colère, peine, sentiment de « bouche-trou », trahison, déception, découragement, agressivité, alouette…

Et si, pour éclaircir tout cela, la solution ne gravitait pas autour de la communication ? D’abord pour nommer votre découverte, ensuite pour étaler votre ressenti et finalement pour refixer vos limites. Comme quoi rien ne pourrait être plus clair ! Allez, bonne soirée…

Chronique

C'est facile? Tant mieux

CHRONIQUE / Je déjeunais en famille au resto quand j'ai entendu le «ding» d'un texto. J'ai regardé sur mon téléphone — rien. Ah, je me suis dit, ça ne devait pas être le mien.

Deux minutes plus tard, le même bruit résonne dans mon oreille. Toujours rien. Je commençais à me trouver un peu ridicule, et j'ai mis mon iPhone sur «vibre».

Puis, j'entends encore le «ding» deux autres fois tout près, et je repère les coupables : un homme et une femme assis à deux tables distinctes, avec le même téléphone à la pomme et le même bruit de texto que moi. J'ai failli me lever : pouvez-vous modifier vos réglages?

Mais je me suis calmé les nerfs, et j'ai mangé mon assiette brunch comme si de rien n'était, reprenant la discussion avec mon père jusqu'à ce qu'il ne reste que les quartiers d'oranges dans mon assiette. 

En y repensant plus tard dans la journée, je me suis dit qu'il était peut-être temps que je change le son de mes «SMS». Il y a une quarantaine d'autres options sur le iPhone, dont des sons tragiquement sous-exploités comme «forêt de Sherwood», «printemps» ou «menuet». Pourquoi s'en priver?

Un mois plus tard, me voilà avec un nouveau téléphone, le vieux est mort exténué. Et moi, Sherlock, j'ai remarqué une foule d'autres sons pour les appels, les messages vocaux, les courriels, les publications Facebook, les alertes de calendrier, les rappels! Et vous savez ce que j'ai fait de toutes ces possibilités? E-rien.

Finalement, je suis comme mes voisins de déjeuner. Je refuse de prendre cinq minutes de ma vie pour choisir des sons sur mon cellulaire. Et des recherches montrent qu'une grande proportion de consommateurs font comme moi. Ils choisissent l'option la plus facile, celle que le fabricant a sélectionnée pour eux.  

***

Ç'a l'air banal comme ça, mais cet exemple des sonneries illustre notre puissant penchant pour la facilité. On a beau avoir des tonnes d'options devant nous, on choisit souvent de ne pas choisir.

Alors, imaginez si vous souhaitez changer quelque chose dans votre vie ou dans celle des autres. De grâce, ne rendez pas les choses compliquées. 

Vous souhaitiez ingérer davantage de verdure, remuer votre carcasse plus souvent, roupiller au moins sept heures par nuit ou cesser de procrastiner sur Facebook? La facilité est votre alliée.

Vous voudriez que vos clients craquent pour votre nouveau logiciel, que vos enfants rangent leurs assiettes dans le lave-vaisselle, que les citoyens de votre ville compostent davantage? Rendez-leur la tâche la plus aisée possible. 

Ce n'est pas une question de paresse (en fait, oui, c'est ça), mais de compétition entre nos deux esprits: le rationnel et l'émotionnel.

Le premier veut aller courir, le deuxième ambitionne de faire la patate sur le divan. Le premier aimerait se coucher à 22h, le deuxième veut continuer Game of Thrones. Le premier souhaite manger végé, le deuxième se commande un Big Mac. Le premier a la ferme intention de redonner les pelures à la nature, le deuxième les a mélangées avec les ordures...  

Déjà que c'est dur de résister aux envies de l'esprit émotionnel, il faut donner un coup de main à l'esprit rationnel. Et pour ça, la facilité est votre alliée (voyez, j'ai réécris la même chose).

Concrètement, il y a un moyen très efficace d'y arriver. Et c'est de contrôler votre environnement pour faciliter le comportement que vous voulez adopter.

Mettons que vous vous inscrivez au gym. Il y en a un avec de l'équipement sophistiqué et des entraîneurs diplômés, mais c'est loin de chez vous, faut prendre l'auto et le stationnement est compliqué. L'autre gym possède de vieilles machines, diffuse du boom-boom à tue-tête et les entraîneurs sont plus musclés que qualifiés, mais c'est à deux pas de votre boulot. 

Où est-ce que vous vous abonnez? Si vous ne voulez pas abandonner après trois semaines, le deuxième est la meilleure option. Parce que vous avez le temps de vous rendre dans le vestiaire avant que votre volonté change d'idée. 

Même principe avec la bouffe. Pour être sûr de ne pas manger de cochonneries le soir, il y a un truc très simple: n'en achetez pas. Plus facile de résister à l'appel du sac de chips quand il végète au dépanneur que quand il vous souffle «mange-moi, mange-moi» par la fente de l'armoire.

Et le compost? Il y a quelques années, j'ai essayé le lombricompostage et je pense que mes vers de terre ont souffert de malnutrition. Même si je trouvais ça génial comme moyen de récupérer les matières organiques, c'était bien trop compliqué pour moi, et j'ai lâché.

Maintenant, j'ai une petit contenant à compost près de la poubelle. S'il n'était pas aussi proche, je suis pas mal sûr que mes épluchures se retrouveraient plus souvent dans la boîte à ordures. 

D'ailleurs, c'est sans doute pour ça que le bac brun a autant de succès dans les villes qui l'ont adopté. C'est facile à comprendre, à utiliser et s'intègre très bien à la routine des vidanges. 

Je vous parlais de la démocratie paresseuse la semaine dernière. Pour diminuer l'ignorance politique, peut-être qu'une des voies les plus prometteuses serait justement de rendre les choses plus faciles aux électeurs?

Je pense au succès de la boussole électorale de Radio-Canada, par exemple, un moyen à la fois simple et recherché de savoir où on loge politiquement.

Bon, j'arrête. Mais souvenez-vous: la facilité est votre alliée. Je vous l'avais peut-être déjà dit?

Bière

Bedondaine & Bedons Ronds

CHRONIQUE / La première fois que j’ai posé les pieds dans une brasserie, carnet à la main, pour exercer mon métier de chroniqueur, c’était chez Bedondaine et Bedons Ronds. Il existe donc, en toute subjectivité, une relation personnelle avec ce sympathique broue-pub de Chambly.

Je me souviens de ma première rencontre avec le maître des lieux, Nicolas Bourgault. Je me suis installé sur la terrasse, j’ai commandé quelques bières et j’ai attendu que Nicolas fasse son entrée. Je n’avais aucune idée de comment animer une entrevue, identifier les informations à garder ou tout simplement prendre des notes. J’étais un peu perdu, mais fier de vivre ma passion. 

Nicolas assis devant moi, l’instinct a pris le dessus. Je n’ai jamais ouvert mon carnet. On a parlé de ses bières et de son incroyable collection, mais surtout de lui. Ma ligne éditoriale était née : l’artisan derrière le produit. Une entrevue qui s’est transformée en rencontre pour terminer en amitié­. Un magnifique souvenir.

Visiter le Bedondaine et Bedons Ronds, c’est se retrouver dans le salon de Nicolas, à admirer sa collection d’artefacts sur la bière et siroter une de ses créations. Ici, la bière est servie au bar et uniquement au bar. Aucune de ses recettes ne se vend ailleurs. Si tu veux boire du Bedondaine­, va au Bedondaine, aime répéter­ le maître des lieux. 

Une collection à présenter

Collectionneur reconnu dans le milieu, Nicolas possède des milliers d’artefacts qu’il aime présenter à sa clientèle. À l’ouverture, le Bedondaine avait déjà une impressionnante collection de bouteilles, publicités anciennes, panneaux et autres plateaux de service à la vue des clients. Depuis qu’il a agrandi son local, la collection a plus que doublé. « J’en avais encore dans quelques boîtes à l’entrepôt », nous répond-il avec le sourire. 

Tout amateur de bières du Québec se doit d’aller y faire un tour. Vous boirez fort probablement votre bière debout, à admirer les centaines de bouteilles partout dans les vitrines et vous rappeler vos premières gorgées. Je m’amuse à ce petit jeu chaque fois, la collection évolue autant que mes découvertes brassicoles.

Une des plus belles sélections de whiskys

Depuis quelques années, le Bedondaine propose une des plus intéressantes sélections de whiskys dans la grande région de Montréal. Proposées par de véritables passionnés, les quelque 200 bouteilles sont choisies par l’équipe et servies à une clientèle de plus en plus intéressée. La brasserie ne désire pas en avoir plus, elle préfère offrir une rotation de produits, incluant des nouveautés et des millésimes, plutôt que de courir à la chasse aux bouteilles. C’est une question d’espace également.

Tous les mois, des ateliers de perfectionnement et de découvertes des whiskys sont offerts par des membres du personnel ou par Jean-Francois Pilon, chroniqueur whisky reconnu au Québec. L’éducation de la clientèle est un élément important pour le propriétaire des lieux.

Une des plus petites brasseries au Québec

La salle de brassage, attenante au bar, vous émerveillera par sa simplicité, mais surtout sa taille. Vous avez devant vous l’une des salles de brassage les plus petites du Québec. Le menu vous convaincra que l’idée n’est pas si folle que ça, puisqu’il présente plus de 15 bières en fût. Le brassage se fait réellement à la main, ou plutôt au fourquet.

Aucun agent de conservation, pas de sucre ajouté ou de colorant. Les bières sont brassées avec des ingrédients naturels dans une cuve de brassage de moins de 300 litres. Un travail colossal pour entretenir une si grande variété sur les différentes lignes de fûts.

Côté bière, Nicolas « Bedondaine » Bourgault est reconnu pour offrir des bières rondes et faiblement gazéifiées, laissant place aux sucres résiduels et aux arômes plus fruités. Je me souviens encore de mes premières­ gorgées.

Et pourquoi « Bedondaine et Bedons­ Ronds » ? Vous l’aurez compris, Bedondaine est le surnom du maître des lieux. Pour « Bedons Ronds », je vous invite à le découvrir en visitant la brasserie.