Pour ou contre

Pour ou contre le vaccin?

Avec le retour en classe, les organismes de santé publique au pays et ailleurs rappellent l’importance de la vaccination dans la lutte aux maladies infectieuses. Cependant depuis plusieurs années, on assiste à un débat de société concernant la nécessité de vacciner systématiquement les enfants et les nourrissons. Bien que la majorité des professionnels de la santé s’entendent pour dire que la couverture vaccinale est essentielle à la santé publique, certains se méfient et remettent en question la pertinence d’une telle pratique.

Ceux qui sont en faveur

Au Canada, la majorité des professionnels de la santé conseillent fortement que les enfants soient vaccinés et suivent le calendrier établi par les diverses régions administratives. Seules deux provinces obligent les enfants à être vaccinés pour faire leur entrée à la garderie ou à l’école : l’Ontario et le Nouveau-Brunswick.

Bien que l’immunisation soit obligatoire à Ottawa, il y a deux types d’exemptions qui peuvent être présentées par les parents pour permettre à leurs enfants de s’y soustraire : une déclaration médicale, ou une objection de conscience ou de croyance religieuse. Les parents qui désirent se servir de cette option doivent assister à une séance d’information au bureau de santé publique d’Ottawa et ensuite dûment remplir le formulaire à cet effet. 

Au Québec, la vaccination n’est pas obligatoire pour fréquenter un service de garde ou une école. Toutefois, un enfant peut être exclu du milieu scolaire s’il y a une éclosion de maladie contre laquelle il n’est pas immunisé. 

Depuis 2015, le bureau d’Ottawa fait une surveillance annuelle de tous les élèves qui fréquentent un établissement. Le taux de vaccination a donc augmenté et est supérieur à la moyenne provinciale. France Vene est agente de projet infirmier avec l’Unité d’immunisation de Santé publique Ottawa : « Même si l’application de la loi sur l’immunisation des élèves monopolise plusieurs ressources, c’est une bonne
façon de réduire les coûts de santé », affirme-t-elle.

Réduire les coûts de santé

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et Santé Canada abondent dans le même sens que Mme Vene. Selon l’OMS, une meilleure couverture de vaccination mondiale éviterait le décès de 1,5 million de personnes tous les ans.

Et selon l’Agence de la santé publique du Canada, il y a près de 25 maladies qui peuvent être évitées grâce à la vaccination, telles que les oreillons, le choléra et la rubéole, pour ne nommer que celles-ci. 

L’autre côté de la médaille

Le mouvement anti-vaccin, mieux connu sous le thème de « résistance à la vaccination » dans le domaine médical, est présent partout dans le monde. Au Canada, le groupe Vaccine Choice Canada est un organisme à but non lucratif qui a été créé pour répondre à l’inquiétude grandissante de certains parents face aux programmes de vaccination, dont celui obligatoire en Ontario. L’organisme se décrit comme un « groupe de ressources et d’information publique engagé à protéger la santé des enfants contre les risques connus des vaccins utilisés au Canada et ceux qui seront développés dans l’avenir en informant les parents des composants des vaccins, de leurs risques et de leurs effets
à long terme potentiels ».

Les raisons les plus communes pour lesquelles des parents refusent ou retardent l'immunisation de leurs enfants :

  • Les vaccins peuvent provoquer des maladies graves ;  
    • Les effets secondaires sont sous-estimés, nombreux et mal connus ;
    • L’aluminium contenu dans certains vaccins est nocif ;
    • L’industrie pharmaceutique a créé le « besoin » pour s’enrichir ;
    • Les nourrissons sont trop faibles pour subir la multi-vaccination qu’on leur impose.

L’organisme, qui a des membres partout au Canada, publie un bulletin d’une trentaine de pages, deux fois par année, pour informer ses membres des mises à jour et des nouvelles récentes nationales et internationales quant à la recherche sur les vaccins.  

Selon le Gouvernement du Canada, les résultats de récents sondages menés au pays « révèlent qu’une proportion significative de Canadiens a une idée négative de la vaccination. Ainsi, près d’un tiers des Canadiens estiment que les parents devraient avoir la possibilité de refuser la vaccination, quelque 20 % sont d’avis que les vaccins sont directement liés à l’autisme et un nombre important de Canadiens ne sont pas convaincus des bienfaits de l’immunité collective. »*

Une piqûre de trop?

Professeure à l’Université Concordia, Geneviève Rail est coauteure d’une étude toute fraîche et très sévère envers le vaccin devant prévenir le virus du papillome humain (VVPH) administré aux adolescentes et jeunes adultes. Publié en août dans le Canadian Journal of Public Health (version finale disponible à link.springer.com), l’étude condamne ainsi le vaccin et la campagne de sensibilisation qui l’entoure :