Il n'est jamais trop tard pour retourner aux études, que ce soit au Québec ou du côté ontarien.

Éducation

Des adultes sur les bancs d'école

Décrocher un emploi, perfectionner ses compétences, changer de carrière; les raisons d’effectuer un retour aux études sont nombreuses. Mais que faire si l’on ne détient pas de diplôme d’études secondaires?

AU QUÉBEC

Le SARCA

En Outaouais, les commissions scolaires de la région réunissent les services d’éducation aux adultes en un guichet unique : le Service d’accueil, de référence, de conseil et d’accompagnement (SARCA). 

Il s’agit de la première ressource avec laquelle communiquer, de la première démarche à entreprendre pour l’adulte qui désire effectuer un retour aux études, même s’il a fait des études hors Québec ou hors Canada. Parmi les services qui y sont offerts, mentionnons les suivants : rencontre avec un conseiller, avec ou sans rendez-vous, service d’orientation, analyse du dossier scolaire, test d’équivalence du niveau de scolarité, test de développement général, reconnaissance des acquis, aide à l’obtention de la carte d’apprenti dans un métier régi par la Commission de la construction du Québec.

Le SARCA dirigera l’adulte vers le centre de formation approprié pour l’obtention de son diplôme d’études secondaires (DES), une formation professionnelle de niveau secondaire (DEP) ou une formation collégiale. Selon le rapport annuel, le SARCA de la Commission scolaire des Portages-de-l’Outaouais a traité, à lui seul, plus de 2 600 demandes en 2016-2017. Les services sont offerts aux personnes âgées de 16 ans ou plus. 

Faire escale à l’Escale

En arrêt de maladie forcé après une forte dose de surmenage au travail, Johanie Boulé prend conscience que son travail la tue à petit feu. Du genre plutôt timide et renfermée, elle décide quand même de suivre sa passion et s’inscrit au Centre d’éducation des adultes des Draveurs, Édifice Escale.

Johanie Boulé

« L’école secondaire n’était pas faite pour moi », confie la jeune femme. « Au début, je n’étais pas sûre de mon choix. Mais rapidement, j’ai compris que la méthode d’enseignement ici est complètement différente : chaque prof a sa manière et on apprend chacun à notre rythme. J’ai pu obtenir mon DES, ça m’ouvre la porte du Cégep et de l’université. Je pensais que
ce n’était pas pour moi! »

Pour Johanie, c’est un nouveau départ. « J’ai appris à me connaître, j’ai développé de nouveaux acquis, j’ai une carrière qui me rend heureuse. À l’Escale, le service de soutien est vraiment là pour toi. Même la directrice est fière de chaque élève! Quand j’ai terminé mon cours, elle m’a fait un gros câlin. C’est comme une grande famille », dit celle qui veut maintenant œuvrer auprès des enfants en difficulté.  

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EN ONTARIO

L’adulte qui désire améliorer certaines compétences ou suivre des cours qui le prépareront à des études collégiales peut s’inscrire gratuitement à la Formation de base de l’Ontario (FBO), au collège d’arts appliqués et de technologie La Cité. Sylvie Thivierge, conseillère en formation, en explique le fonctionnement : « Premièrement, on évalue les compétences de l’adulte. Puis, on lui propose un programme sur mesure, selon ses besoins. Ensuite, l’étudiant va à son propre rythme, à temps plein ou à temps partiel, de jour ou de soir. L’apprentissage est individualisé. Il n’y a pas de cours magistraux, mais un professeur est toujours en classe pour répondre aux questions. »

Mme Thivierge reconnaît que les obstacles sont nombreux pour l’adulte qui effectue un retour aux études. Déjà que le fait de se retrouver sur les bancs d’école exige une certaine adaptation, la situation familiale peut changer, tout comme la situation financière. La motivation, l’encadrement et le soutien de l’entourage jouent aussi un rôle, et les responsabilités extérieures limitent parfois le temps que l’on peut consacrer à ses études. Par contre, Mme Thivierge souligne que beaucoup réussissent à franchir ces obstacles et que le résultat en vaut vraiment la peine. « Lorsqu’un ancien étudiant amorce des études collégiales ou décroche un meilleur emploi, c’est vraiment notre plus grande satisfaction », déclare-t-elle.

On peut s’inscrire à la FBO à tout moment durant l’année. Ce programme d’Emploi Ontario est financé par le gouvernement de l’Ontario et s’adresse aux résidents de l’Ontario.

Le Carrefour (Ottawa)

L’école pour adultes Le Carrefour s’adresse autant à l’adulte qui désire obtenir son diplôme d’études secondaires de l’Ontario qu’à celui qui veut suivre des cours préalables à des études universitaires ou encore aller chercher les compétences ou l’expérience pratique qui lui manque pour obtenir un certain emploi. Nouveaux arrivants, jeunes adultes, professionnels en milieu de carrière, retraités; tous y trouvent leur compte. 

Cours individualisés en salle de classe avec le soutien d’un professeur, cours en ligne, cours hybrides (partie en ligne et partie en classe), éducation en formule coopérative, parcours professionnel, cours de langue seconde, études à temps plein ou à temps partiel, de jour, de soir ou de fin de semaine; les possibilités semblent infinies. Ainsi, pour s’y démêler, Christian-Charle Bouchard, surintendant de l’éducation au sein du Conseil des écoles publiques de l’Est de l’Ontario, invite avant tout les personnes intéressées à communiquer avec l’établissement sans hésiter. « Peu importe le besoin ou le format, nous vous aiderons à atteindre votre but », explique-t-il. « Quelle que soit votre situation, nous vous tracerons un itinéraire adapté qui vous permettra de réaliser votre objectif. » D’ailleurs, l’an dernier, pas moins de 88 % des gens qui se sont informés auprès de l’école Le Carrefour s’y sont inscrits.

En outre, pour répondre à la demande croissante dans la région, Le Carrefour offre également des cours de langue seconde à de nombreux emplacements à Ottawa pour les personnes de tout âge qui désirent apprendre une langue pour des raisons professionnelles ou par pur intérêt. L’inscription est ouverte toute l’année. Seuls les résidents de l’Ontario sont admissibles.

Profil d’un récent diplômé

Othniel Tiendrebeogo est originaire du Burkina Faso. Lorsqu’il est arrivé au Canada en 2015, il avait la ferme intention de poursuivre son éducation secondaire. Il s’est donc présenté à une école de la région d’Ottawa, où on lui a plutôt recommandé de s’adresser à l’école pour adultes Le Carrefour. C’est ce qu’il a fait, et il y a découvert tout un monde de possibilités.

Othniel Tiendrebeogo

Même si la transition vers des cours non magistraux n’a pas été facile au début et qu’il lui a notamment fallu s’adapter à l’utilisation d’outils électroniques, peu répandue dans les écoles de son pays d’origine, M. Tiendrebeogo ne regrette nullement son choix. « L’éducation est
bien meilleure au Canada », explique-t-il. « Je me suis vite fait beaucoup d’amis. J’ai eu des professeurs en or, que je remercie encore, d’ailleurs. »

Aujourd’hui âgé de 21 ans et armé de son diplôme d’études secondaires de l’Ontario, Othniel Tiendrebeogo envisage des études universitaires dans l’espoir de faire carrière en programmation informatique. Un seul cours préalable le sépare de son objectif, et il pense le suivre à l’école Le Carrefour.

M. Tiendrebeogo recommande sans hésiter l’école Le Carrefour : « L’établissement offre un vaste choix d’options adaptées à chacun et est vraiment conçu pour faciliter les choses. Tu suis seulement les cours dont tu as besoin. Tu avances à ton propre rythme. » 

Il a également grandement apprécié l’aspect humain et le fait de pouvoir bénéficier des services d’un conseiller : « J’y ai rencontré des gens vraiment aimables qui m’ont aidé, accompagné et soutenu », décrit-il. « Les étudiants sont toujours prêts à s’entraider. L’ambiance est vraiment super. »