Le parent joue un rôle crucial auprès de l'enfant pour faciliter les changements et les transitions de vie.

Psychologie

Changements: votre enfant est-il prêt?

À l’ère où tout va rapidement et où les changements relèvent du quotidien, on pourrait croire que la capacité d’adaptation aux transitions devrait être plus facile qu’il y a quelques décennies. Il y a lieu de se questionner pour savoir si les enfants sont bien préparés et ce que l’on peut faire comme parent pour accompagner notre enfant dans ces périodes de transition.

Bien sûr, le changement est inévitable, il fait partie de la vie. Qu’il s’agisse du passage du début de la garderie ou de l’école, le début de l’adolescence ou de transitions non normatives telles que la séparation des parents, un déménagement ou la mort d’un proche, les changements suscitent des défis pour tous les enfants peu importe leur âge. Ils occasionnent chez-eux du stress et une perte de repères qui se manifestent de différentes façons, mais principalement observables à travers leur comportement. 

Face à un changement ou face à une transition dans le cours de la vie de notre enfant, il est nécessaire, en tant que parent, de rester à l’affût de tout indice qui nous montre que l’enfant est en mode réaction et qu’il vit une période de stress. 

Est-ce normal ?

L’insomnie, les terreurs nocturnes, la perte d’appétit, la perte d’intérêt pour des activités normalement agréables aux yeux de l’enfant, l’irritabilité, les sautes d’humeur et l’hypersensibilité sont des exemples de réactions communes à des changements ou transitions de vie. Ces manifestations sont normales et permettent à l’enfant de transiger avec le stress lié au changement et lui permet de s’y ajuster. 

Les comportements de réaction au stress liés aux changements devraient typiquement être présents pour une durée variant de quelques semaines à quelques mois. Si ceux-ci dépassent une durée de six mois, il y a lieu de s’inquiéter et d’aller chercher l’aide d’un professionnel pour appuyer l’enfant dans cette période de vie, car selon une étude de l’Université Harvard publiée en mai 2018, les effets à long terme du stress sont néfastes et entrainent des changements hormonaux, des problèmes de santé psychologiques et physiologiques.

Afin de faciliter les changements et les transitions de vie, le parent joue un rôle crucial auprès de l’enfant.

La communication reste le meilleur moyen de minimiser les réactions au changement. Il ne faut jamais cacher l’information à l’enfant ni le mettre devant les faits accomplis, car cela augmente le niveau de stress et mine la confiance entre le parent et son enfant. 

Il faut plutôt préconiser des méthodes de communication qui permettent à l’enfant de s’ajuster, progressivement et à son rythme, aux changements qui se préparent. 

Impliquer son enfant

Les enfants apprennent par la répétition et par l’exposition fréquente aux mêmes stimuli. Avant l’âge de 8 ans, les enfants n’ont pas la notion du temps ni de l’espace, il faut donc privilégier les pictogrammes et les images pour que l’enfant puisse se représenter visuellement ce qui se prépare.

Vous déménagez ? Montrez des images de la nouvelle maison à l’enfant, faites-lui visiter la maison et sa chambre, laissez-le choisir les décorations ou la couleur de sa chambre, parlez-en positivement. L’enfant commence la garderie, l’école primaire ou secondaire ? Allez visiter la garderie ou l’école avant la rentrée scolaire, demandez au personnel éducateur ou enseignant si vous pouvez prendre leur photo afin de la montrer à votre enfant, demandez à votre enfant de vous accompagner lors de l’achat du matériel requis, dressez avec votre enfant l’horaire de la journée à l’aide de pictogrammes pour les plus jeunes ou à l’aide d’un calendrier pour les plus vieux. 

L’implication de l’enfant et le discours positif du parent sont des facteurs de protection importants pour diminuer et même contrer le stress lié aux changements. 

Dans des situations plus délicates comme une séparation, la mort d’un proche ou l’arrivée d’un(e) nouveau (nouvelle) conjoint(e), ces stratégies sont aussi efficaces, mais peuvent nécessiter plus
de temps.

Richard J. Davidson, un professeur de psychologie et de psychiatrie à l’Université du Wisconsin et fondateur du : « Center for healthy minds » affirme dans une étude publiée en 2003 qu’une approche positive et la disponibilité émotive de l’adulte peut promouvoir chez l’enfant davantage de résilience et de maturité émotive.

De l’aide

Peu importe le changement ou la transition de vie, il faut adopter une approche sensible et empathique en faisant preuve de patience à l’égard de l’enfant. Il faut se rappeler que le changement n’est pas facile pour tous.


« Mais puisque les enfants n’ont pas des modes de communication aussi développés que ceux des adultes, il faut les appuyer, les écouter, leur permettre d’exprimer leurs peurs, leurs inquiétudes, leurs préoccupations et surtout, il ne faut pas perdre de vue qu’ils ont besoin de se sentir aimés et de savoir que nous sommes là pour eux. »
Julie Benoit

Il ne faut jamais hésiter à faire appel à un psychologue, psychoéducateur, au médecin de famille, à un travail-leur social ou à des organismes communautaires dans le cas où de l’appui additionnel serait nécessaire.

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L’implication de l’enfant et le discours positif du parent sont des facteurs de protection importants pour diminuer et même contrer le stress lié aux changements.

EN UN CLIN D'OEIL

  • Les changements dans la vie sont inévitables
  • Il est normal de constater des réactions de stress à un changement majeur pendant quelques mois
  • Soyez attentif(ve) aux signaux de vos enfants
  • Facilitez la communication: impliquez l’enfant, restez sensible et empathique, consultez un professionnel au besoin.

Source : Institut de recherche en santé du Canada, l’Institut canadien d’information sur la santé et l’Association canadienne pour la santé mentale.